05h16
Il ouvre le tiroir haut de sa commode, puis baisse son caleçon.
D’un geste vif, il en saisit un autre et l’enfile.
Puis dépose l’ancien dans le panier de linge sale à proximité.
Son pantalon en lin frotte avec douceur sur sa peau, son maillot en coton suit les mêmes gestes.
Sa tête se relève vers le portrait d’Émilie qu’il observe avec un sourire aux lèvres.
— Veille sur nous depuis l’endroit où tu es, maman, je te rendrai fière.
Son murmure adopte un ton triste, mais aussi joyeux.
Tout comme pour Mizuki la scène change sans que les sensations de Michel ne disparaissent.
Émilie est agenouillée près du lit et tient la main d’un jeune garçon qui respire difficilement.
Une larme coule sur sa joue, alors qu’il expire un dernier souffle.
Yumi est près du garçon et recouvre son visage d’un linge blanc.
Tout ceci est un souvenir.
Cependant comme le précédent il n’est ni à Mizuki, ni à Michel.
Il m’est impossible de le définir avec certitude pour le moment, mais ce garçon…
C’était sûrement le petit frère d’Émilie.
— Je suis désolée, c’est ma faute…
Elle à donner son prénom à son fils…
Ici, elle est encore jeune, douze, ou treize ans tout au plus.
— C’est… ma faute…
Elle replie son visage entre ses bras, ses larmes coulent.
Les minutes défilent sans qu’elle ne bouge.
— Ma… faute…
Il me semble me souvenir que deux ans plus tôt c’est sa mère qui est morte d’une maladie.
Toutefois tout est flou, les souvenirs me parviennent par bride.
Malgré ces larmes, elle finit par s’endormir…
Une couverture chaude se pose alors sur ses épaules.
— Elle ne se le pardonnera jamais.
La voix est triste, mais tempéré.
Celle de Yumi il me semble.
— Je sais…
C’est une voix sèche et un peu rauque, celle de Matthew, le père d’Émilie.
Me revoilà dans l’instant présent, Michel quitte la chambre.
Ses sensations s’effacent pour laisser mes perceptions se connecter aux sens de Yumi.

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