CARPE NOCTEM
Pour les uns, la nuit, c’est le danger. C’est l’angoissante et longue obscurité où l’on peut croiser des êtres peu recommandables, partisans de la bouteille, de la seringue et du couteau. Pour d’autres, c’est le meilleur moment de la journée. Tout dépend du lieu choisi pour s’en délecter : un segment de plage peu fréquenté, un quartier respectable, une forêt, un champ, le tout accompagné du voile opalin d’une pleine lune à peine ennuagée. Dans l’abysse éphémère, la multitude humaine réduit son activité tumultueuse et malodorante pour rendre à la nature toute sa beauté sensorielle. Et c’est dans cette beauté mystérieuse qu’apparaissent parfois des êtres divergents, des bêtes solitaires reprenant forme humaine à l’aube, ne serait-ce que pour tenir un emploi ou une vie de couple satisfaisante.

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