À LA VIE, À LA MORT
La mort est mon métier. Elle m’a sauvé la vie, alors j’ai décidé d’être son homme de main, le « glaneur » de tout ce – ou ceux si l’on considère un tant soit peu la race humaine – qu’elle fauche. Cela représente au niveau mondial une moyenne de 2 ou 3 vies / seconde. Aucun serial killer ni aucun tueur de masse ne lui arrive au doigt de pied. Et moi, comme d’autres de ma sous-espèce, j’ai l’honneur de la servir. Selon mes calculs, j’ai passé les 5000 corps, tout âge et toute cause de décès confondue. Aussi étonnant que cela puisse paraître, je n’arrive pas à m’en lasser. Pire, j’en redemande. Possiblement parce que je n’ai jamais aussi bien supporté mes pairs que depuis mon arrivée au royaume de l’inox : silencieux, prévisibles, calmes et, cerise sur le gâteau, à ma merci.

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