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Après avoir passé une nuit agitée, Jael se réveilla le matin suivant avec les yeux cernés et boursouflés. Il se força à prendre un repas sommaire et reprit sa route.

La journée avait été ponctuée de nouvelles découvertes, il voyait désormais des monolithes blancs régulièrement, il avait même repéré quelques-uns avec d'autres couleurs, mais toujours le même style, il finit par avoir une idée assez précise sur les zones où il y avait le plus de chances de les voir.

Essayer de les toucher n'avait pourtant plus jamais donné de résultat, les stèles restaient obstinément muettes à ses tentatives. Il commençait même à croire qu'il avait rêvé cette nuit-là.

Les ruines devenaient aussi plus denses et rapprochées, les bâtiments plus grands, imposants. Comme pour lui signifier sa petitesse et son insignifiance. Il avança inlassablement à travers les ruines labyrinthiques. Sa carte ne décrivait que les grandes lignes, il devait se baser sur son instinct, et sur beaucoup de repérages pour s'orienter.

Une autre tâche occupait son esprit pendant ce temps, son combat avec le ver géant a clairement prouvé qu’il n’était pas en sécurité avec son seul poignard, il devait trouver des armes plus efficaces. La solution la plus évidente était l’arme de poing toujours stockée dans son sac. La tournant et retournant entre ses mains une énième fois, Jael observait l’arme, compacte et anguleuse ; elle mêlait métal sombre et conduits translucides, le canon était court, le centre bombé. Il devina sans difficulté que cet endroit devait servir à alimenter l'énergie de l’arme, mais hormis cela, il ne voyait pas de moyen pour l’activer, elle restait complètement muette et insensible à sa détresse.

Le marcheur s’arrêta net, il venait d’entrer dans un cul-de-sac entouré de débris particulièrement élevés. Au fond de cette impasse, un monolithe rouge, la quatrième variation de couleur que Jael voit – il avait vu quelques stèles vertes, mais jamais il n’a pu les activer –, derrière l’artéfact cramoisi, un mur anormalement, lui faisant demander s’il n’y avait pas d’autres escaliers derrière.

La tentation était forte malgré l’appréhension, il avança, avant de s’arrêter net devant la stèle. Hormis la couleur, rien ne la différencie des autres. Lentement, il porta sa main pour la poser dessus. Tout au fond de lui, il y avait pourtant peu d’espoir, il avait fait ce test des dizaines de fois, mis à part la stèle bleue de Kador et la blanche récemment, aucune autre n’avait réagi.

Touchant la structure avec la paume, un frisson froid lui parcourut le corps, mais il garda le contact.

À première vue, rien ne se passa, mais une seconde plus tard, sa vue se brouilla, et les messages éphémères du système défilèrent comme un éclair dans son esprit.

[Message système]

Utilisateur inconnu

Clé administrateur détectée

Procédure d'urgence initiée

Tentative d’accès non autorisée

Enclenchement du dispositif de sécurité

Le message terminé, la douleur s’estompa doucement, et Jael fut laissé à lui-même, haletant et chancelant.

Qu’est-ce que j’ai fait ?

Au premier abord rien ne se passait, ce dernier message l’inquiétait, un dispositif de sécurité ne pouvait pas être une bonne chose pour lui.

Le cliquetis caractéristique d’une porte qui s’ouvrait attira son attention vers le mur du fond : la porte glissait lentement, donnant sur un espace complètement obscur. Jael se demanda ce qu'il allait trouver à l’intérieur cette fois.

La réponse ne tarda pas, cette fois sous la forme d’un hurlement puissant émanant de l’obscurité, suivi d’un grondement qui fit trembler la terre. Jael cria de surprise, et faillit tomber à la renverse.

Une forme sombre avança depuis la pénombre. Quand la lumière environnante éclaira enfin sa silhouette, Jael put enfin voir ce qui arrivait : Haute d’environ trois mètres, debout sur des pattes arrière puissantes, des griffes d’acier luisantes au bout de pattes avant aussi grandes que sa cuisse. C’était un ours des enfers.

L’ours avança. Jael, pétrifié par la peur, resta figé sur place, certains charognards se vantaient d’avoir rencontré un ours et d'en être sortis, mais il pouvait voir maintenant que c’étaient des fanfaronnades ? Personne ne pouvait échapper à cette horreur ? Pourtant, il faudrait bien, il refusait de mourir ici.

Frappant ses jambes de toutes ses forces pour les obliger à réagir, il bougea enfin, essaya de tourner les talons pour sortir de ce piège. Mais l’ours ne le laissa pas faire : un seul coup sur le sol avec ses pattes puissantes et il était déjà près de Jael, le renversant d'un geste. Il était maintenant penché sur lui.

Un flash douloureux passa dans son esprit.

[Message système]

Utilisateur inconnu

Élimination de la menace en cours

Il essaya de prendre son poignard, il avait peu de chances de faire des dégâts à cette bête, mais c’était sa seule chance. L’ours balaya l’arme de sa patte et l’envoya valdinguer au loin, puis se pencha sur Jael, comme un gourmet qui appréciait l'odeur d’un bon repas avant de l’entamer.

Une autre douleur fugace, un autre message.

[Message système]

Clé administrateur détectée

Intervention suspendue

L’ours se figea, sa gueule à quelques centimètres de la tête de Jael, l’air perdu, comme si d’un coup il ne savait plus quoi faire.

la douleur et la migraine revinrent encore

[Message système]

Utilisateur inconnu

Élimination de la menace en cours

La bête, comme si elle réagissait elle aussi à cette mystérieuse annonce, reprit son approche, son souffle fétide remplissait maintenant les narines du jeune homme étendu par terre, dévoilant ses crocs dans un grondement sourd.

[Message système]

Clé administrateur détectée

Autorisation accordée

Annulation de l’intervention.

Se figeant encore une fois, la bête hésita, comme refusant de laisser filer son repas, mais finit par se lever, libérant Jael de son emprise ; elle progressait pesamment, chaque pas faisant trembler le sol, en direction de sa planque.

L’ours entré, la porte se ferma lentement, et le silence revint.

Respirant enfin, Jael sentit la tension dans tout son corps se relâcher. Il était vivant.

****

Il avait besoin de rassembler ses idées, ce qui vient de passer n’était pas anodin, une terrible bête l’attaque, et le système l’a aidé. En tout cas, c’est ce qu’il pensait.

Mais pourquoi ? Pour l’attaque de l’ours, il peut comprendre, il a dû déclencher un dispositif de sécurité en activant le monolithe rouge, mais la suite des événements le laissait perplexe, quelle était cette clé administrateur ? et de quelle autorisation il s’agit ?

S’il voulait résumer, il avait, avec un quelconque moyen, été considéré par le système comme administrateur — Administrateur de quoi ? — et cela a fait annuler l’attaque.

Il fallait rassembler plus d’informations, même s’il n’aimait dépendre du système pour sa survie. Mais cela pourrait s’avérer utile pour la suite.

Il décida d’établir un campement le plus loin possible de ce maudit monolithe noir. Alors, après avoir ramassé son poignard, il repartit dans le dédale de métal et de pierres jusqu'à tomber sur une petite cachette entre les décombres, décidant que c’était une bonne planque pour la nuit.

Il pensait aussi à sa mission, et son visage se crispa à cette pensée, et une bouffée de colère l’envahit.

Maudit Soul, tu auras des comptes à rendre à mon retour, je te le promets.

Le jour suivant se leva, Jael reprit ses recherches, sa carte indiquait uniquement la zone approximative, et ce qu’il devait y chercher. Soul voulait qu’il trouve une structure d’une forme particulière, un dôme, de la taille d’un bâtiment d’un seul étage ; cette structure abritait apparemment une sorte de bibliothèque, il devait la fouiller et trouver un livre en particulier dont il avait la description. Trouver ce dôme lui semblait simple au départ, il avait passé des années à fouiller les ruines entourant Narv, il pensait les connaître sur le bout des doigts. Mais là, c'était une toute autre affaire, ces ruines étaient tout simplement immenses. Cela faisait des jours qu’il s'enfonçait, mais il n’en voyait toujours pas le bout.

— Qu’est-ce que je préparerai pour le dîner de ce soir ?

Heureusement, il n’avait pas de problème pour les provisions — pour l’instant — grâce aux réserves qu’il a récupérées en cours de route. Mais les recherches s'éternisent, et la lassitude s'invitait. Il avait besoin de voir d'autres humains et de leur parler, sa rencontre avec les trois récupérateurs à l’entrée des conduits semblait déjà remonter à une éternité. Même un monstre serait le bienvenu pour casser cette solitude pesante.

— Je me demande d'où venaient les racontars sur l’infestation de monstres dans la zone 87.

Parler à voix haute, c’était la seule défense qu’il trouva contre la folie rampante vers son esprit.

Sa routine quotidienne était de marcher droit et d’errer dans les ruines sans direction précise, ayant abandonné depuis longtemps tout espoir de dessiner une carte. Il tombait souvent sur des monolithes, jusque-là il avait identifié quatre couleurs : les bleus, les blancs, les verts et les rouges. Il les testait systématiquement — sauf les rouges, qu’il évitait comme la peste — en espérant une réaction.

— Un jour, vous me parlerez.

Ce jour arriva plus vite qu’il n’aurait cru. C’était la matinée, il venait de démarrer sa recherche, quand il tomba sur un monolithe blanc, en tous points similaire à tous les autres. Il s’approcha avec le même espoir qui l’animait à chaque rencontre, dans sa quête de compagnie, même le système était devenu un partenaire envisageable. Posant sa main sur la structure froide, son œil devint instantanément brûlant, la migraine l’envahit, mais pour une fois, elle était la bienvenue. Car elle était annonciatrice d’une réponse.

Il ne fut pas déçu, devant ses yeux et dans son esprit défilaient les mots qu’il ne voyait pas réellement, mais dont il comprenait l’essence.

[Message système]

Utilisateur inconnu

Clé administrateur détectée

Procédure d'urgence initiée

Erreur

Accès autorisé

Le message fut immédiatement suivi par le son de l’ouverture d’une porte proche. Petit bémol, il ne voyait de porte nulle part. Il s’approcha de l’origine du son, il semblerait que la porte ait été condamnée sous les décombres.

— Gwahahahaha, tu penses m’échapper.

Il entreprit de déblayer les gravats avec ses mains nues, levant, poussant et jetant ; ses mains sont rapidement devenues ensanglantées, mais il refusa d’arrêter. Il aperçut enfin la lueur de la porte de loin, il poussa une poutrelle, souleva difficilement un bloc de pierre, et enfin il dégagea une voie lui permettant d’arriver jusqu’à la porte.

Atteignant les escaliers, il entreprit de descendre sans prêter attention à la porte qui se refermait derrière lui. Arrivant en bas. L’intérieur était en tout point similaire à celui déjà visité. Tout y était.

— Tu vas enfin me parler. Maudit –

Il ne termina pas sa phrase, car au milieu de ses divagations, il avait avancé et posé la main sur le disque noir, provoquant instantanément un choc qui le figea sur place.

Cette fois il était en hauteur, il avait l'impression de planer, d’être dans un corps qui n’est pas le mien. Faisant des tours au-dessus d'une immense ville, il voyait les immeubles, les routes, et de minuscules fourmis qui se déplaçaient assidûment comme vaquant à des occupations quelconques.

Il sentit son corps descendre, se rapprochant de la ville. Au départ tout était flou, fantomatique, mais à mesure qu’il se rapprochait, la vue devenait un peu plus nette : les fourmis se transformaient en humains, allant et venant sur des routes pavées, propres. Pas une ruine à l'horizon, pas un débris. Tout était immaculé.

Le vol le mena vers le toit d'une structure élevée, il pouvait voir tous les alentours, le corps qu'il avait emprunté semblait tourner la tête, un reflet sur une surface brillante lui renvoyait l'image d'un oiseau métallique, tête ronde et petits yeux rouges, c'était une image familière, il était dans le corps d'un voltigeur.

Tournant encore la tête, une chose attira son attention : un bâtiment en dôme pas très haut, entouré de deux immeubles géants tels des gardes du corps. Un pont métallique en hauteur reliant les deux, passant juste au-dessus du dôme.

La vision devint subitement floue, il essaya de s'accrocher pour ne pas la perdre, mais son environnement commença à tourner, tel aspiré par un tourbillon invisible. Jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Et il se réveilla.

***

Le visage collé sur le sol froid, un mince filet de sang coulait de son nez, la respiration rapide. Il se leva lentement pour s'asseoir, essuyant le sang de son visage avec sa manche. Réfléchissant à ce qui vient de se passer. Il était toujours désorienté, cette sensation de flotter dans les airs ne le quittait pas, brouillant ses sens.

L’expérience avait été intense, mais plus utile qu'il n’aurait imaginé, la vue du dôme ranima son enthousiasme. Dès la sortie de la salle souterraine, ignorant la porte qui claqua derrière les décombres, il entama d’escalader la plus haute pile de décombres à proximité. Il était sûr d’avoir déjà vu les deux bâtiments entourant sa destination.

Au loin, les vestiges de deux bâtiments désormais à moitié effondrés se distinguaient par la hauteur, et aux abords intérieurs des deux, comme sortant de leur entrailles, des restes de poutres tordues indiquant clairement l’ancienne présence d’un passage à ce niveau.

Prenant le temps de bien s'imprégner mentalement de la zone cible et de la distance qu’il devait parcourir, il ne descendit qu'une fois sûr d’avoir tout mémorisé.

L’objectif était à portée de main.

Dévalant la pile aussi vite qu’il pouvait, il entreprit de marcher prestement vers sa destination, le cœur battant. Une courte secousse des gravats alentour fit s'élever la poussière dans son champ de vision, mais il l’ignora — concentré sur son objectif — et continua sa route. Marchant dans le dédale de pierre, le son de ses bottes sur la chaussée résonnait en rythme avec les battements de son cœur, tel un chœur dont le tempo s'accélérait au fil du temps.

Au débouché d'une ruelle étroite, il se retrouva nez à nez avec le dôme tant recherché, il était enfin arrivé.

Le dôme ressemblait à celui de sa vision, hormis que les griffes du temps ont eu leur effet, une bonne partie du toit était effondrée, il n'y avait plus de porte. Plus impressionnant, la moitié arrière de la structure avait laissé place à un énorme trou.

— Le puits de l'enfer, murmura-t-il, sidéré.

Il avait tellement entendu d'histoires sur ce puits en traînant dans les tavernes de Narv, mais aucune ne rendait justice à ce qu’il voyait sous ses yeux : le puits s’étendait sur l’équivalent de plusieurs blocs de bâtiments, son intérieur était d’un noir aussi profond que les huiles coulant dans les veines des monstres mécaniques. Malgré la lumière ambiante, il était parfaitement incapable d’y voir.

La poussière autour de lui s’éleva encore une fois en réponse à une nouvelle secousse plus forte que la précédente, mais il l’ignora encore.

Jael s'approcha du dôme, la porte était fermée, mais son cadre tenait à peine, il suffit d’un coup de pied pour qu’elle bascule en arrière. Dévoilant l'intérieur du dôme, les murs étaient couverts d’étagères. Il s’approcha, émerveillé : toutes étaient pleines à craquer de livres, chacune en portrait plus qu’il n’en avait vu durant toute sa vie.

même le sol en était jonché, provenant d’armoires brisées qui n’avaient pas pu résister aux affres du temps.

S’arrêtant à la première étagère, il prit un bouquin au hasard, avec une révérence quasi religieuse. Mais à peine eut-il touché la couverture, que ce dernier s’effritait dans ses mains, tombant en poussière à ses pieds. Alarmé, il tenta d’en prendre un autre, avec plus de soin, mais le résultat fut de même : le second livre se transforma aussi en poussière devant ses yeux affolés.

Passant subitement de l’émerveillement au désespoir, il voyait son objectif s’éloigner définitivement, et si le livre qu’il cherchait avait subi le même sort ? Ou pire, s’il était au fond du puits de l’enfer ?

Toute cette quête, toute cette souffrance, n’auraient servi à rien.

Tentant de se calmer, il se mit à examiner les livres sans les toucher, essayant juste de dénicher celui qui ressemblait à l’objet de sa mission. Le livre qu’il devait trouver avait un symbole particulier, qu’il avait noté au coin de la carte pour ne pas l’oublier. Parcourant les étagères méthodiquement, Jael comparait ce qu’il voyait avec le signe dans ses notes.

Il finit par arriver dans une étagère un peu particulière, il n’y avait que deux livres posés dessus, comme exposés. Ils étaient, contrairement aux autres, scellés dans des vitrines transparentes. Sur le premier livre, le symbole sur la couverture correspondait à ce qu’il cherchait.

Ça doit être le bon.

Il avait réussi. Sans tarder, il tenta d’ouvrir la vitrine, mais elle était faite d’une matière solide, très dure ; la frapper des poings n’avait servi à rien. Finalement, il se résolut à utiliser la manière forte, prit un grand bloc de pierre et le balança sans vergogne sur le caisson.

Un soupir de soulagement parcourut sa poitrine quand la vitrine éclata en morceaux, laissant le livre à l’intérieur intact et accessible. Le voyage fut long et éprouvant, mais au final, il avait fini par trouver. Il se voyait déjà, retournant, triomphant à Narv, sous le regard abattu de Soul qui n’avait jamais cru en lui.

Il prit le livre pour le mettre dans son sac. Mais un regard vers la couverture l’attira, ce bouquin avait quelque chose de différent ; le prenant, il découvrit avec stupeur qu’en plus des symboles étranges que tous les autres portaient, celui-ci avait aussi des caractères connus, sa propre langue. Il tourna les pages furieusement, chaque ligne de symboles était suivie d’une ligne dans sa langue.

— Ces symboles sont eux-mêmes une langue, j'aurais dû m’en douter.

la couverture du livre ne contenant que trois symboles, dont l’équivalent écrit juste en dessous était L’ODYSSEE

Sans tarder, il fourra ce livre aussi dans son sac.

Une troisième secousse fit trembler le dôme à cet instant, cette fois beaucoup trop forte pour que son cerveau la mette de côté. Il sursauta d’effroi, sortant précipitamment du bâtiment pour voir ce qui se passait.

Le sol gronda encore plus fort, et des craquelures commencèrent à se former sous ses pieds. Sans réfléchir, il sauta de côté, évitant de justesse une grande explosion de poussière et de gravats. Sa vue fut obstruée par la poussière, le temps que celle-ci retombe, le grondement cessa.

Une fois la poussière retombée, ses yeux s’écarquillèrent avec horreur : devant se trouvait un ver géant, des écailles blanches et un corps cylindrique terminé par une bouche monstrueuse remplie de crocs acérés.

L’horreur se transforma en terreur quand il remarqua que certaines des écailles du monstre étaient cassées, déformées comme écrasées sous un poids énorme.

Le Ver fit onduler son corps géant, tout en gardant Jael en ligne de mire. Il commença à se mouvoir lentement, son poids lourd faisant trembler la terre à chaque mètre parcouru.

Jael fit un effort considérable pour ne pas rester figé, il prit ses jambes à son cou et se lança dans la direction opposée pour sauver sa vie. Petit bémol : dans la direction opposée, il y avait le puits de l’enfer, la gueule grande ouverte comme pour accueillir un repas qu’il sentait s’approcher.

Le pauvre homme ne trouvant aucune autre solution que d’entrer dans le Dôme pour espérer trouver une cachette.

Peine perdue, le ver se contenta de balancer la queue à travers les murs qui s’effritèrent pour créer une ouverture assez large pour faire passer la bête. Celle-ci avança doucement, Jael se positionna en face d’elle, talons sur le bord du gouffre, espérant peut-être qu’il fasse l’erreur de foncer sur lui. Il aurait eu dans ce cas une chance de l’esquiver et de l'envoyer nourrir les ténèbres derrière lui.

Mais la bête était maligne, elle l’observa calmement, comme pour jauger quelle stratégie adopter, elle fit onduler son corps massif pour avancer vers lui. Puis, tournant, elle balança un coup de queue par terre, ce qui fit trembler tout le bâtiment, et le fit basculer à presque en tomber en arrière.

Elle tentait de le faire tomber dans le gouffre, foutue bête intelligente.

Le sol continua de trembler, Jael essaya de contourner le monstre pour s’enfuir, mais ce dernier lui coupa la route, le ver n'essaya même pas de l’attaquer directement, il le narguait, comme pour se venger de sa précédente défaite.

Dans un mouvement désespéré, Jael courut directement vers le ver, qui, déconcerté, ne réagit pas à temps, et au dernier moment, il sauta de côté pour contourner le monstre. Ce dernier donna un grand coup par terre, coup qui fit trembler le sol encore plus que les fois précédentes. Les tremblements se transformèrent en fissures qui grandissaient à la vitesse de l’éclair, grandissant et s’écartant dans un grondement général.

Le sol céda.

Jael hurla.

Le monde disparut.

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