Chapitre I : Vorento

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Le ciel s’abaissait à hauteur de front, dévoilant ses sombres appâts au travers de ses brumes, tandis que ses nuages noirs fondaient dans leur langue céleste en amas obscurs sur la ville. Vorento leva le nez vers les cieux ; une goutte de pluie frappa sa première joue. Il attendit. Une autre heurta son front, descendit le long de son nez, funambule, s’arrêta à la crête de son menton, la pointe de sa barbiche… elle s’oublia sur le sol. Il frémit.

– Il n’est pas encore rentré.

La voix le dérangea ; la voix venait briser la contemplation de la foudre, le respect obligé de l’orage, les frémissements qui courraient déjà en ses membres transis. Il soupira :

– Apprends-moi quelque chose que je ne sais pas, Requin.

Ainsi nommé, l’assassin ôta son masque et vint aux côtés de son chef. Les catacombes, alors écrasées, assiégées par l’armée ténébreuse, parurent supplier leurs tombeaux ouverts de ne pas céder. La silhouette noire de Vorento se détacha du spectacle ; chacun de ses mouvements paraissait empreint d’une réflexion, peut-être, d’une perdition plus probablement. Il attendait ; son regard semblait plus toxique que l’orpiment, ses cheveux plus ébènes que l’orage qui se dessinait au-dessus de leur crâne. Une boucle d’oreille dorée teinta à son oreille gauche, comme pour inviter les grondements à poursuivre leur thrène, amusées. Vorento sourit – et quand il posa son œil sur le visage nu de son interlocuteur, le Requin frémit.

– Je lui ai laissé quartier libre jusqu’à demain soir. D’ici cette heure, seuls les préparatifs importent.

– Mais sans l’informateur, nous ne pourrons pas…

– Tout sera prêt pour son intervention : les caméras ?

– Je m’en occupe.

Son sourire s’élargit ; la foudre pourfendit la terre pour s’envoler jusqu’aux cieux.

– Alors ne reste qu’à vérifier le matériel… et nous assurer leur retour. Merald ? Surpris qu’il l’appelle par son nom véritable, le dénommé se dandina d’une jambe à l’autre. Le leader des assassins contempla une dernière fois les grésillements de l’orage, la mine songeuse, l’œil crépité, avant de rabattre sa capuche et retourner vers l’église. Prépare les corbeaux.

–  …bien, V.

Vorento sourit, sortit une pièce de sa poche, la jeta en l’air, la rattrapa, la fit voyager entre ses doigts. Ses pas étaient plus pernicieux que ceux des loups, son sourire d’autant plus carnassier – et avant de disparaitre avec les nuages noirs et la fureur de la foudre, il ajouta :

– Vous êtes tous conviés. Demain soir, nous frapperons. L’informateur sera là.

Puis, il regarda une dernière fois son interlocuteur, ses yeux ambrés seuls tranchant l’obscurité, avant que la nuit ne l’avale, et qu’il se glisse dans l’antre des morts.

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