Chapitre 15 2 mai 2015 Hostel du Paradis blanc - Koh Phi Phi

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Accoudée au bar de l’hostel face à la plage, Julie s’était levée plus tôt que les autres. Malgré le léger mal de tête lié à la fête d’hier, elle en avait profité pour faire un tour sur la plage et admirer les paysages. Tandis qu’elle sirotait son jus d’ananas fraîchement pressé, Julie faisait le point sur son aventure dans son carnet de voyage, écrivant au fil des pages ses débuts dans la capitale, ses rencontres, Chiang Mai et tout ce qu’elle avait visité. Il lui restait encore un peu plus d’une semaine à profiter de ce pays magique, dorénavant les visites effrénées laisseront place aux activités aquatiques, randonnées et surtout au calme de la plage.

Elle rangea son carnet et prit celui de Marcel. Depuis sa rencontre avec la vieille folle, elle n’avait pas seulement comme objectif de profiter du soleil et des eaux chaudes de la mer d’Andaman, mais également de comprendre ce qu’elle lui avait dit. Son grand-père était en effet venu visiter cette île, comme le décrivaient ses notes et ses croquis cependant, rien ne laissait présager qu’il s’était passé quelque chose d’important le concernant ici.

Comment vais-je réussir à trouver quelqu’un qui puisse se souvenir de mon grand-père ici ? se disait-elle. Le voyage de ce dernier datant de 60 ans, il lui faudrait compter uniquement sur la chance pour obtenir des réponses, ou peut-être sur l’aide d’un bel inconnu. Plongée dans ses pensées, elle ne vit pas Roberto, qui avait pris place à côté d’elle :

— Déjà debout ? Je ne te pensais pas si matinale vu l’état dans lequel tu étais hier ?

Julie sursauta.

— Ça t’arrive souvent de t’incruster sans faire de bruit en faisant peur aux gens ? répliqua cette dernière en refermant son carnet.

— Je me suis simplement posé à côté de toi, si je t’ai fait peur, je tiens à te présenter mes excuses.

— Ah, enfin des excuses ! Il était temps depuis hier, fit-elle remarquer, d’un rictus moqueur.

— Je me suis montré rustre, c’est vrai. Pour ma défense, je ne m’attendais pas à me faire engueuler de la sorte et pour être honnête, j’ai été pris de court quand je t’ai regardé.

— Tu as été pris de court ? répéta Julie, comme si elle ne comprenait pas où il en voulait venir.

— Désolé, ce n’est pas dans mes habitudes de dire ce genre de choses à quelqu’un que je ne connais pas, mais je t’ai trouvé aussi belle qu’effrayante à vrai dire, alors… j’ai préféré fuir la situation plutôt que d’affronter tes yeux bleus.

Il était à peine 9 h et Julie ne s’attendait pas à un tel compliment dès le matin, si bien qu’elle se mit à rougir telle une adolescente, en faisant semblant de ne pas apprécier le compliment :

— Et ça t’arrive souvent de venir parler à des inconnues si tôt le matin ?

Roberto avait remarqué le malaise provoqué par ses flatteries et se mit à bégayer :

— Non… en fait euh… Je devais emmener des touristes de l’hostel faire de la plongée ce matin au large de Maya Bay, mais aucun ne s’est montré alors, je suis venu voir par moi-même. Mais à part toi, personne ne semble être réveillé.

— Ah, désolée de te décevoir alors ! sourit-elle

Julie avait réussi assez aisément à perturber le beau brun qui au premier abord semblait si sûr de lui.

— Je te charrie, c’est bon ! dit-elle en plaisantant. Par contre, je pense en effet que ton groupe de plongée ne s’est pas réveillé, dommage pour eux, il paraît que les eaux dans le coin font partie des spots de plongée les plus prisés de la planète. Enfin, c’est ce que j’ai lu dans mon bouquin.

— Tu es bien renseignée ! La faune et la flore sous-marine autour de Koh Phi Phi sont exceptionnelles.

Roberto se leva de sa chaise et se mit à réfléchir tout haut :

— Tant pis pour eux, ils ont payé et ne sont pas venus alors j’ai ma matinée de libre. Et toi, quoi de prévu ce matin ? demanda-t-il, en ayant retrouvé de la confiance.

— J’avais prévu de me lancer dans une enquête à la Sherlock Holmes, mais, je ne sais pas trop par où commencer. Il faudrait que je trouve quelqu’un qui connaisse tout le monde par ici.

— Une enquête au lieu de profiter de la plage ? C’est la première fois qu’on me sort un truc de ce genre, tu n’es pas comme tout le monde toi !

— Disons qu’il y a des questions auxquelles j’aimerais des réponses. Mais ne t’en fais pas, entre deux enquêtes, j’irai me baigner, pour sûr.

— Je suis sur cette île depuis quelques années, que dirais-tu de prendre la place de mes clients et de me poser toutes les questions qui te passent par la tête ? Enfin, uniquement pour le bien de ton enquête, bien entendu ! ajouta Roberto, d’un sourire ravageur.

— Tu me proposes de partir faire de la plongée comme ça, sans me connaître ?

— Le bateau et le matériel sont prêts, tout est payé et ça nous permettra justement de faire connaissance.

— Je n’ai jamais plongé alors ce serait génial, mais cela me gêne de venir gratuitement.

— Et bien, dans ce cas, tu n’auras qu’à me payer un verre ce soir et on sera quitte, lui lança Roberto qui l’invita à le rejoindre en direction de la plage.

— Ce n’est pas vraiment équitable, mais j’accepte avec plaisir dans ce cas ! Laisse-moi juste envoyer un message à mes amis pour les prévenir. Faut-il que je prenne quelque chose ?

— À part le maillot de bain que tu portes, tu n’as besoin de rien d’autre, allons-y !

Hier encore, ils n’étaient que deux inconnus qui se criaient dessus et les voici maintenant s’acheminant vers le début de quelque chose qui ne pourra plus s’expliquer. À travers les rues de Tonsaï, Julie et Roberto se cherchaient du regard, se demandant, l’un et l’autre, quelles étaient cette chaleur et cette évidence qui envahissaient leur for intérieur. Sans s’être vraiment parlé, ils s’approchèrent du bateau à la tête d’oiseau qu’elle avait aperçu hier. Roberto l’aida à monter à bord, puis lui indiqua un endroit où s’asseoir, tandis qu’il prenait place à la barre. Le bateau ronronnait, les remous dans l’eau se faisaient de plus en plus forts puis ce fut le paysage qui se mit à bouger, laissant derrière eux ce paradis pour touristes. Julie acheva sa vidéo, rangea son téléphone dans son sac et vint s’installer non loin du capitaine :

— Que signifie ce dessin sur ton bateau ?

Roberto sourit.

— C’est un condor, plus précisément c’est le condor des Andes. C’est un des symboles de mon pays, il représente la liberté, quoi de plus naturel que d’associer ma vie ici à ce que représente cet oiseau majestueux, tu ne crois pas ?

Julie regarda autour d’elle, en écoutant la réponse de Roberto qui prenait tout son sens. Le bateau prit de la vitesse et ses cheveux volèrent au vent tandis qu’elle se cramponnait au bateau pour ne pas tomber à chaque secousse. La proposition de ce dernier de l’emmener faire sa toute première plongée la rendait folle d’excitation. Il n’y avait pas que les éléphants qu’elle rêvait d’admirer, les tortues faisaient elles aussi partie de ce fantasme qui prenait forme à mesure qu’ils se rapprochaient de Koh Phi Phi Ley, l’île qui avait vu jouer Leonardo Dicaprio, dans le film « La plage ».

Arrivant non loin de Maya Bay, plage mythique du film en question, plusieurs bateaux de plongée étaient déjà positionnés. Roberto fit signe aux autres capitaines qui affichaient pour certains un t-shirt à l’effigie du condor de la liberté.

— D’autres bateaux de ta compagnie ? s’enquit-elle.

— Oui et d’autres de la concurrence. Il y a plusieurs spots de plongée où apercevoir tout ce qui devrait t’émerveiller, mais là où je t’emmène, peu s’y aventure.

— Pourquoi ça ? Est-ce que c’est dangereux ?

Roberto eut comme seule réponse son superbe sourire. L’éclat de ses dents blanches contrastait avec la couleur mate de sa peau et le noir de ses yeux. Julie le trouvait aussi beau que mystérieux, aussi charismatique que charmant. Mais pour l’heure, sa non-réponse la laissa dans une certaine appréhension.

Le capitaine du Colombiana Diving remit les gaz et emmena Julie un peu plus au sud, à l’extrémité de l’île plus exactement. Avant de couper le moteur et de jeter l’ancre, il dit :

— Si en remontant tu me dis que ce n’était pas dingue, je change de métier !

— Je te rassure, ça l’est déjà !

Roberto, parti chercher l’équipement, s’assura que tout était en ordre avec les bouteilles d’oxygène et aida Julie avec sa combinaison. Il positionna la bouteille sur son dos et lui expliqua en détail la respiration à adopter quand elle aura le détendeur dans la bouche.

— Prête ?

— J’ai peur, mais je suis prête.

Se renversant en arrière, les voilà maintenant sous l’eau. Une légère panique envahit la jeune femme, qui devait se détendre et respirer calmement comme venait de lui expliquer Roberto. Celui-ci la regardait droit dans le masque, en lui faisant le signe du pouce levé pour lui indiquer qu’elle se débrouillait très bien. Elle lui répondit de la même manière après avoir appréhendé plutôt facilement la technique de respiration et se tenait prête à le suivre à travers cette aventure sous-marine tant attendue.

Dans cette eau qui avoisinait les trente degrés, une seule chose lui vint en tête, le silence régnait ici-bas. Ce calme qui régnait aussi bien en elle, qu’autour, en était assourdissant, seules les bulles s’échappant de son détendeur à chaque respiration, venaient troubler cette sérénité absolue.

Durant les premières minutes, Julie vit tout un tas de poissons et de coraux multicolores. Du bleu, du vert, du jaune, du rose, toutes les couleurs d’une palette de peinture étaient présentes, impressionnant de diversité. C’est au tour de Némo et de sa petite famille de se montrer à présent, à l’intérieur de l’anémone de mer qui leur offrait protection.

Roberto lui fit signe de plonger un peu plus bas, ce qui eut pour effet d’augmenter la pression dans ses tympans. La sensation désagréable passée, elle s’engouffra dans le rond d’un rocher et découvrit à sa plus grande stupeur des ailerons. Son sang ne fit qu’un tour, mais encore une fois, Roberto était présent pour la rassurer. Il lui expliquera plus tard que les requins à pointes noires qu’elle avait aperçus étaient totalement inoffensifs. Regardant ces derniers se faufiler à travers les rochers, elle se retourna pour admirer la surface et vit un banc de poissons nager à l’unisson dans une parfaite chorégraphie. Elle se mit à les rejoindre tout doucement et fit bientôt partie de la bande. Nager parmi eux lui semblait irréel et à sa plus grande surprise, quand elle essaya de toucher la queue de l’un deux, aucun ne s’enfuit, ils l’avaient adoptée.

La sensation de liberté dont parlait plus tôt Roberto prenait une fois de plus tout son sens. Il ne la perdit pas des yeux, bien au contraire, il la regardait s’amuser avec le banc de poissons et alla gentiment la rejoindre pour l’emmener vers le clou du spectacle. Julie suivait le capitaine docilement tout en bougeant sa tête à 360°, avant que son regard ne se figea et que son sourire illumina à lui tout seul, les profondeurs de l’océan. Plusieurs tortues venaient de faire leur apparition. Elle était folle de joie, faisant de grands gestes vers Roberto.

L’émerveillement était total, une dizaine de tortues de toutes tailles évoluaient là, devant eux. Certaines nageaient tandis que d’autres prenaient leur repas en toute quiétude. Elle n’osait plus bouger, se risquant uniquement à des respirations légères pour ne pas troubler ce spectacle saisissant. Roberto s’approcha de Julie et la prit par la main, pour l’emmener au plus près de l’une d’elles. Ensemble, ils caressèrent du bout des doigts la carapace tachetée, tout en se regardant droit dans les yeux. Ce moment était à la fois magique et terriblement romantique. Les battements de son cœur étaient si forts qu’elle pouvait les entendre tambouriner dans le creux de ses oreilles. Les devaient-elles seulement au spectacle auquel elle assistait depuis trente minutes ou à l’homme séduisant, qui lui tenait la main… un savant mélange des deux sans doute.

Il était malheureusement temps de remonter à la surface et de quitter ce monde magique dont elle avait tant rêvé. En se déshabillant l’un et l’autre, aucun mot ne sortit de leur bouche, comme si le calme qui régnait quelques minutes auparavant planait encore, puis, Julie prit la parole en regardant Roberto timidement :

— Merci infiniment, je n’oublierai jamais ce moment, c’était merveilleux, dit-elle, des étoiles dans les yeux.

— Le contraire m’aurait étonné ! C’était un réel plaisir pour moi aussi et il est rare de voir autant de tortues au même endroit, il faut croire qu’elles t’attendaient.

Roberto, tout sourire, remit les gaz en direction de Maya Bay, pendant que la conversation ne tournait qu’autour de ce qu’ils venaient de vivre. Le bateau stoppé, l’ancre jetée par-dessus bord, Roberto s’avança vers Julie qui l’attendait à l’arrière admirant la vue qui la laissait sans voix. Sa voix ne se fit pas plus entendre, lorsqu’elle tourna la tête et vit ce dernier, torse nu parfaitement dessiné, tenant un plateau rempli de fruits exotiques.

— La vue est à couper le souffle ! constata-t-elle, en lorgnant sur les abdos du capitaine.

Julie n’était pas spécialement attirée par les hommes musculeux. Roberto avait ce corps fin et musclé, bronzé à la perfection, un sourire d’ange et une gueule à tomber par terre. Ajouté à cela, l’accent d’Amérique du Sud, il n’en fallait pas plus à la belle blonde pour tomber sous son charme. Ce dernier lui répondit :

— Je te le confirme ! La vue est à couper le souffle, avait-il dit tout en la fixant droit dans les yeux.

Loin de lui l’envie de la draguer ouvertement, seul son cœur se livrait sans qu’il ne puisse rien contrôler. Il reprit ses esprits et vint s’asseoir à côté d’elle, face à la baie :

— Alors au fait, ce matin tu m’as dit que tu avais des questions qui restaient sans réponses, une enquête à mener, qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ?

Julie, qui avait l’habitude de prendre le temps nécessaire pour découvrir une personne avant de se livrer, ne ressentait aucune barrière et n’avait aucun frein face de Roberto. L’un et l’autre discutaient, comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Sans hésiter, elle raconta son histoire, sa vie de petite fille, écoutant et admirant son grand-père, son rêve de venir en Thaïlande et la préparation de celui-ci. Elle se livra même sur ce que lui avait dit la vieille folle, le soir où Julie et ses amis avaient été invités à dîner et à passer la nuit dans le village de la tribu des Akha. Sans la juger sur le caractère surnaturel de la chose, il lui dit simplement :

— J’aurais adoré connaître Marcel, un sacré aventurier ton grand-père !

— Dans sa jeunesse oui, puis il a rencontré ma grand-mère et très rapidement il est devenu père et grand-père. Il me parlait toujours de ses voyages avec une certaine nostalgie, mais sans regretter un seul instant la vie qu’il avait mené après cela. La Thaïlande, cependant, avait une signification encore plus importante pour lui. À chaque fois qu’il me parlait de ce pays, je sentais une zone d’ombre, comme s’il ne me disait pas tout. Tu peux me croire, j’ai essayé à maintes reprises de lui tirer les vers du nez, mais il m’assurait qu’il ne me cachait rien. Je sais maintenant que mon ressenti était justifié, je veux découvrir ce qu’il n’a pas pu me dire.

Roberto qui l’écoutait religieusement lui dit :

— Cela fait un peu plus de 4 ans que je me suis installé à Koh Phi Phi et la plupart des gens qui habitent ici, vivent soit du tourisme soit de la pêche, soit des deux. On pourrait peut-être aller au marché de poissons, un de mes amis pêcheurs devrait pouvoir nous aider.

*

— Hey James ! Como estas ? demanda Roberto dans sa langue natale à l’homme qui déposait soigneusement ses poissons sur son étal.

— Roberto mon ami ! Tant que le soleil brille, je suis heureux « man », répondit le pêcheur rasta. Je vois que tu es bien accompagné, tu ne me présentes pas ?

— Si, bien sûr, Julie, je te présente James, James, voici Julie.

Le pêcheur aux dreadlocks tendit sa main pleine d’écailles de poisson à Julie, qui ne savait pas vraiment comment refuser poliment de lui tendre la sienne. James se mit à rigoler :

— Je te charrie belle Julie ! Enchanté de te connaître, dit ce dernier en mettant sa main sur son cœur et en baissant la tête. Les amis de Roberto sont mes amis. Qu’est-ce qui vous amène, les amoureux ?

Julie et Roberto se regardèrent aussitôt ; autant gênés l’un que l’autre, ils se mirent à bafouiller à l’unisson

— On n’est pas… on vient juste de… on est amis c’est tout !

James s’amusa de la situation. Roberto recouvra son sang-froid et demanda à James s’il avait entendu parler d’une vieille femme qui aurait aux alentours de quatre-vingts ans et qui habiterait ici à Koh Phi Phi.

— Des vieilles femmes ici ? Ce n’est pas ce qui court les rues mon ami. Dis-m’en plus ?

Julie prit alors la parole :

— Y a-t-il des accents suivant les régions d’où viennent les Thaïs ? Est-ce qu’il en existe un en particulier pour ceux qui viennent de la province de Chiang Mai ?

James lui répondit par l’affirmative, mais ne voyait pas bien où elle voulait en venir, alors elle précisa :

— Connais-tu une femme qui aurait cet accent et qui habiterait ici ?

— J’en connaissais une oui ! Malheureusement, la seule personne qui avait cet accent sur l’île est décédée il y a de ça plusieurs années, je suis désolé pour toi, belle Julie.

Elle reçut la nouvelle tel un coup de poing en plein estomac, cependant James rajouta :

— Sa fille par contre vit toujours ici, c’est la propriétaire du Paradis blanc, l’auberge de jeunesse de l’autre côté de l’île.

Une flamme dans les yeux de Julie venait de s’allumer. Le mystère autour de Marcel allait peut-être s’éclaircir.

*

Après avoir pris le train, l’avion et le bateau, il ne s’attendait pas à autant voyager en si peu de jours. Il s’imaginait déjà vivre ici, toute sa vie, avec celle qu’il avait choisi, celle qui allait enfin rendre sa vie meilleure. Ça ne pouvait pas être l’œuvre du hasard si elle avait choisi d’aller dans ce pays en même temps que lui, c’était le destin. Maintenant qu’ils étaient réunis sur cette île paradisiaque, il ne laissera pas passer sa chance. Ce matin, il ne s’était pas levé aux aurores pour l’attendre et l’admirer, il pensait avoir le temps, mais elle était déjà partie de l’hostel, il ne l’avait trouvé nulle part. il avait donc décidé de partir à sa recherche, l’île n’étant pas si grande, il devrait rapidement retrouver sa trace. Marchant dans les rues de Tonsaï, il regarda partout, chaque recoin, chaque boutique, chaque restaurant, en vain. Naturellement poussé vers le port, il vit le marché aux poissons à quelques mètres et décida d’y faire un tour. Elle était là. Ses yeux s’écarquillèrent, sa respiration et les battements de son cœur prirent une vitesse folle.

— Que fait-elle avec lui ? Pourquoi semblent-ils si proches ?

— Je t’avais dit que ce n’était pas une bonne idée de la suivre, si tu continues tu vas tout foutre en l’air !

Sans écouter sa voix intérieure, il se mit à rugir et à serrer ses poings furieusement. Ses yeux meurtriers fixèrent Roberto qui regardait Julie avec une tendresse aux antipodes de son état actuel.

— Ne recommence pas par pitié, laisse-la tranquille !

Il se mit à parler seul, d’une voix caverneuse comme venue d’outre-tombe, cachée parmi la masse de touristes :

— Si je ne peux l’avoir, personne ne l’aura !

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