Chapitre 20 1er octobre 2015 Tours

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Deux semaines s’étaient écoulées depuis que Joana avait enfin appris ce qui était arrivé à sa meilleure amie. Julie ne se rendait à l’université que pour les cours obligatoires et laissait de côté tout ce qui n’avait pas d’intérêt, pour se terrer un peu plus dans son appartement.

L’automne était arrivé. Les arbres commençaient doucement à se dénuder le long des boulevards, les pulls avaient remplacé les débardeurs et la nuit tombait de plus en plus tôt. Ce matin-là, cependant, une chaleur de fin d’été se faisait ressentir si bien qu’il était inenvisageable pour Joana de rester cloitrée chez elle à réviser pour son prochain examen. Si c’était la dernière belle journée avant le long hiver qui l’attendait, elle comptait bien en profiter et sûrement pas seule.

Elle était en direction de la rue des halles, où habitait Julie, quand elle aperçut Nono sortir de la boulangerie :

— Bah alors, on achète son pain de bonne heure monsieur le restaurateur !

— Tiens ! Coucou Jojo ! Tu es bien matinale, t’es tombée du lit ou quoi ? se moquait le grand tatoué.

— Ah ! ah ! ah ! D’une part, je te ferai remarquer que les vacances sont finies depuis bien longtemps maintenant et d’autre part je t’ai déjà dit cinquante mille fois que je détestais ce surnom débile ! déclara-t-elle en essayant de lui frapper l’épaule.

— Arrête, tu vas te faire mal la naine, il te manque quelques centimètres pour réussir à m’atteindre !

Piquée au vif, elle s’avança et lui attrapa vigoureusement les testicules devant la file indienne qui attendait devant la boulangerie :

— Alors tu fais moins le malin maintenant, grand con ! ria-t-elle

Nono réussit à se dégager de l’emprise de Joana non sans mal en chancelant d’un pied sur l’autre.

— Toujours aussi susceptible… grimaça-t-il.

— Ça te fait pas de mal, remarque ! Ça fait combien de temps qu’une nana t’a pas touché les couilles ?

— T’es vraiment une saloperie, toi ! T’inquiète pas pour moi, va ! Bon, c’était sympa de te voir, mais je dois bouger au resto, tu diras bonjour à ta copine Julie si un jour tu la vois ! Pour ma part, aucune nouvelle…

— Je vais chez elle justement, je vais lui botter le cul. On va se caler en bord de Loire du côté de l’île Simon cet aprèm. Si jamais tu as le temps, passe, on sera sur ce qui reste de sable au niveau de la plage, je suis sûre qu’elle sera trop contente de te voir. Je pense qu’elle a des choses à te dire.

Surpris et intrigué par cette semi-révélation, Nono répondit par la positive puis tourna les talons et s’en alla.

Avachie dans son lit, Julie comptait bien faire une bonne grasse matinée et passer cette journée à ne rien faire. Son planning du premier semestre avait eu la bonne idée de la laisser sans cours magistraux obligatoires. Soudain, sa sonnette d’entrée retentit non pas une fois, mais cinq fois d’affilée. Elle n’eut même pas le temps de se lever qu’une nouvelle salve retentit. Il n’en fallait pas plus à Julie pour être d’une humeur de chien. Elle se leva d’un pas déterminé vers celui ou celle qui avait fait l’erreur de la déranger à cette heure-ci et comptait bien lui faire regretter son acharnement. En ouvrant la porte, folle de rage, elle tomba nez à nez avec un sac rempli de croissants et de pains au chocolat.

Cachée derrière, Joana, d’un geste plein de vie, montra son visage radieux en parfaite contradiction avec celui de son amie :

— Tadaa ! Ne me remercie pas ma poule, je vois à ta tête que tu es ravie de me voir. Tu me laisses entrer ?

N’attendant pas sa réponse, elle s’engouffra dans le studio à grandes enjambées et posa les viennoiseries sur la table, laissant planer dans la petite pièce une odeur sucrée et envoûtante.

— Je t’explique le programme de la journée maintenant ou après avoir englouti tout ça ? demanda Joana, l’air rieur en regardant Julie fermer sa porte, cachant sa joie avec peine. Ne me dis pas que tu étais encore au lit et que je t’ai réveillée ?

— Vas-y mollo sur les blagues, c’est un conseil. Je suis encore très agacée de ton entrée en matière, là !

Julie regarda sa montre et éructa de plus belle :

— Hein 8 h ! Putain, mais depuis quand tu te lèves avant 10 h, toi ?

— Alors d’une, je te rappelle que je me lève plus tôt que toi en règle générale et de deux, qu’est-ce que vous avez tous à me faire des reproches sur l’heure de mon réveil ?

— Et quelle était l’heureuse personne à t’avoir fait la remarque ? s’enquit Julie en s’asseyant dans sa chaise après avoir baillé longuement.

— J’ai croisé Nono devant la boulangerie et il…

— Oh merde Nono, il doit me détester ! il a dû m’envoyer une demi-douzaine de messages auxquels je n’ai jamais répondu…

— Je pense qu’il l’a mauvaise en effet. Mais bon, tu vas pouvoir te rattraper, je lui ai dit de nous rejoindre à l’île Simon cet aprèm. Sans vouloir te spoiler, je lui ai aussi dit que tu aurais sûrement des choses à lui dire, vis-à-vis de ton voyage en Thaïlande.

Julie se prit la tête entre les mains puis alla faire deux thés, le regard dans le vide :

— Ouais, je lui dois quelques explications, c’est sûr. Il est toujours tellement gentil avec moi, toujours présent même quand j’agis en peau de vache ou que je fais la morte. Ça fait des mois que je cache tout ce que j’ai dans la tête aux gens que j’aime et il faut que ça cesse.

Julie apporta les thés sur la table et ajouta :

— Comment peux-tu autant supporter mon humeur, mes cachotteries, la distance que je mets entre nous… ?

— Tout simplement parce que tu me dois de l’argent, je te rappelle ! C’est uniquement pour ça. L’amitié ou l’amour que je pourrais te porter, n’a rien à voir là-dedans.

Julie se mit à pouffer de rire :

— Et selon toi, je te devrais combien ?

— Hum, laisse-moi réfléchir… ils sont à combien les cafés de la machine à la fac ? Ah oui, 1 euro ! Et ça fait combien, 1 euro multiplié par toutes les fois où madame n’a pas de monnaie, multiplié par trois ans… ? De quoi m’emmener faire un beau voyage, tu crois pas ?

— T’es incroyable !

— Ça, t’as pas besoin de me le dire ma poule ! Et je suis tellement incroyable, qu’aujourd’hui, on va profiter de ce putain de soleil avant qu’on soit dans le gris pendant les huit prochains mois !

La matinée avait été réservée au shopping, et ce n’est pas ce qui manquait dans les superbes rues commerçantes du vieux Tours. Julie reprenait vie en compagnie de sa meilleure amie. Il y avait dans ses yeux une lueur, que Joana n’avait plus admirée depuis bien longtemps. Julie semblait avoir encore changé suite à la conversation qu’elle avait eue avec ses compagnons de voyage, elle lui demanda alors :

— Depuis quinze jours et ce fameux coup de fil avec tes potes de Thaïlande, tu t’es remise en mode ermite et pourtant ce matin, je te trouve changée.

— Changée, je ne sais pas, mais déterminée ça par contre, c’est une certitude ! Je n’ai pas voulu que tu penses que je redevenais la Julie qui se morfond et qui reste enfermée chez elle. J’avais juste besoin de temps pour digérer cet appel qui m’a fait un peu de mal sur le coup, mais finalement beaucoup de bien. J’ai pris le temps de réfléchir à ce qu’ils m’avaient dit, à leurs interrogations, à leurs manques d’empathie, etc. Au final, il y a une partie de moi qui les comprend et une autre qui ne pourra jamais raisonner comme eux. La connexion que j’avais avec Roberto est toujours là et ne partira jamais ! J’ai pleuré sa disparition sans jamais croire à sa mort. Je sais qu’il est vivant, qu’importe la vidéo, qu’importe ce compte Instagram et qu’importe ce qu’ils pensent.

Le soleil, à son zénith, annonçait l’heure du repas pour les deux jeunes femmes qui allèrent s’installer en bord de Loire, à l’endroit indiqué à Nono quelques heures auparavant. L’île Simon était seulement à dix minutes à pied de la fac de lettres où elles étudiaient, en plein centre-ville. Après avoir déposé les serviettes sur le sable qui longeait le fleuve, Julie dressa le pique-nique et elles profitèrent de ces dernières heures sous le soleil chaud de ce début d’octobre.

Joana qui mangeait aussi rapidement qu’elle parlait, avait déjà fini son sandwich tandis que Julie en était à peine à la moitié. Les mains libres, elle s’alluma un joint, tira dessus et laissa retomber son petit corps en laissant un nuage de fumée énorme sortir de sa bouche pulpeuse.

— Si tu pouvais cracher ta merde plus loin ce serait cool, surtout pendant le repas sérieux !

— Depuis quand l’odeur de la beuh te dégoûte à ce point, madame casse-couille ?

— Depuis que j’ai ces putains de trous de mémoire qui m’empêchent de recoller les morceaux !

— Justement vu que t’en parles. Tu penses pas plutôt que c’est autre chose qui t’a provoqué cette perte de mémoire. Je ne me rappelle pas avoir déjà eu des trous noirs avec des joints, toi si ?

— Non effectivement, c’est malheureusement la seule fois que ça m’est arrivé. Mais ça ne veut pas dire pour autant que ce n’est pas possible.

— Mouais, je sais pas, je trouve ça bizarre. Dans ces soirées full Moon, il y a de la drogue en tout genre qui traine. Qui sait si tu n’as pas pris un truc sans le savoir. Ce serait peut-être ça qui t’a fait perdre une partie de ta soirée, tu crois pas ?

— Si, peut-être, je ne néglige aucune possibilité. Si seulement je pouvais me souvenir de ce qui s’est passé après notre dispute et pourquoi il est parti loin de moi… J’ai arrêté d’essayer de me rappeler, car plus j’essaie et plus ça me rend folle alors je t’annonce que j’ai décidé de me rendre sur place pour savoir exactement ce qu’il s’est passé.

Joana se releva d’un bon sur ses fesses et dévisagea Julie, le regard froid et résolu.

— Tu comptes y retourner ? Mais attends, quand ?

Sans avoir le temps de répondre, des bruissements dans les feuilles plus loin résonnèrent. Julie se retourna et vit Nono qui s’avançait vers elles.

— Merde ! Je me suis grillé, je voulais vous faire peur, sourit-il.

— Ouais bah, ne te reconverti pas en voleur alors, car tu n’es pas très discret ! se moqua Joana.

Julie s’était levée pour accueillir son ami en le regardant l’air penaud :

— Désolée de ne pas t’avoir répondu, tu dois terriblement m’en vouloir…

— Je t’en veux, mais je ne suis pas assez con pour refuser de te voir. Et puis, il paraît que t’as des choses à me dire. Je dois avouer que je trépigne d’impatience depuis ce matin de savoir de quoi il s’agit, du coup je suis venu plus tôt que prévu.

Nono s’installa à son tour, sortit un pack de bières de son sac et dit :

— Bon alors raconte-moi, je veux tout savoir !

Durant près d’une heure, Julie relata l’entièreté des évènements qui s’étaient déroulés de Bangkok à Koh Phi Phi. En appuyant bien entendu sur ses diverses rencontres et le drame qui avait eu lieu durant la Full Moon. Nono n’était pas idiot et avait compris depuis le début qu’un homme était à l’origine du mal être qui rongeait son amie depuis plusieurs mois, il tint d’ailleurs à clarifier les choses :

— Je te remercie de m’avoir tout dit et de me faire confiance en me livrant cette histoire. Je n’en reviens pas de tout ce qui a pu t’arriver durant ces 3 semaines. Outre la beauté de ce pays, ses paysages, sa culture et sa gastronomie, tu as fait des rencontres qui resteront gravées en toi à tout jamais. Et puis que dire de l’histoire de Marcel…, tu as de la famille en Thaïlande, c’est dingue ! Bref, ce que je veux te dire, c’est que je me doutais qu’un homme t’avait fait du mal et j’avais la haine envers cette personne depuis le jour où tu es rentrée. Je n’imaginais pas à quel point je m’étais trompé, je tiens à te présenter mes excuses Julie.

Incrédule et les larmes aux yeux en écoutant son ami se confier, elle ajouta :

— Toi, tu t’excuses ? Non, Nono, tu n’as pas à t’excuser, surtout pas. Je vous ai caché la vérité depuis tellement longtemps, je n’ai pas mérité le dixième de l’amitié que tu me portes. Je suis tellement désolée de vous avoir fait autant de mal.

— C’est du passé, murmura Nono en prenant Julie dans ses bras. J’aurais beaucoup aimé connaître Roberto, sache-le. Pour laisser en toi une marque aussi indélébile, ça devait être quelqu’un d’extraordinaire. Je suis profondément désolé de sa disparition.

Julie sécha ses larmes et Joana en retrait, fit de même. Puis elle continua le fil de son histoire :

— Après sa disparition, j’ai vite compris que mes potes, sur place, ne savaient pas quoi penser de mon histoire. Bien sûr, ils ont toujours été là pour moi et ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour indiquer tel ou tel élément à la police afin de retrouver Roberto. Cependant, je sentais qu’ils ne me croyaient pas ou avaient de sérieux doutes sur le fait que j’ai pu voir quelqu’un tomber de la falaise. Le fait que je ne me souvienne que très peu des évènements, joue en leur faveur, mais je sais ce que j’ai vu et je sais que c’est lui qui est tombé. On l’a poussé, c’est une certitude, mais il vit ! Ça aussi je le sais, et je ferai tout pour le retrouver. Quand on s’est appelés il y a quinze jours sur WhatsApp, aucun d’eux n’a semblé manifester une réelle peine de l’avoir perdu, ou peut-être seulement Max. Leurs seules inquiétudes concernaient ce compte Instagram et ce qui pourrait en découler.

— Je les comprends, il y a de quoi avoir peur ! s’exprima Nono avec véhémence. La photo de ton masque fissuré, les photos de vous cinq, la vidéo d’une personne qui tombe. Même si, selon toi, ce compte donne des réponses, il exprime clairement la peur et la menace. Dans quel but une personne bien intentionnée enverrait cela ? Si quelqu’un savait quelque chose et vous voulait du bien, il ne se cacherait pas derrière des publications sans répondre à vos messages, mais au contraire, il se manifesterait. Est-ce que Roberto avait des ennemis ? Est-ce que ses ennemis pourraient t’en vouloir à toi plus particulièrement ?

— Je n’ai jamais eu connaissance, officiellement, de problèmes qu’il aurait pu avoir avec quelqu’un, mais une personne en particulier a retenu mon attention depuis le jour où j’ai posé mes yeux sur lui. Je suis persuadée qu’il y a un lien entre cet homme tatoué et les avaries que Roberto a connues pendant quelques temps sur plusieurs de ses navires.

— Cette personne dont tu parles, c’est le type qui était présent lors de la soirée sur le bateau et sur qui tu es tombée quand tu partais aux toilettes, c’est ça ? demanda Joana.

— Exactement, et même si je le voulais, je ne pourrai jamais oublier son visage.

— Ne le prend surtout pas mal Julie, mais étant donné que je tiens à toi comme à personne d’autre, je me dois d’être honnête vis-à-vis de tout ce qu’on se dit depuis tout à l’heure. Tout cela m’inquiète beaucoup et j’ai l’impression que tu prends les choses un peu trop à la légère. Je comprends ton point de vue et ton ressenti concernant Roberto, mais je comprends aussi le point de vue de tes amis là-bas. Finalement, Roberto, tu ne le connaissais pas tant que ça, voire très mal si l’on en juge uniquement par le temps que vous avez passé ensemble.

Julie se mit à vouloir objecter, mais Nono lui demanda de l’écouter jusqu’au bout :

— Qui te dit que ce mec n’avait pas une double vie, des problèmes d’argent, des ennemis en Thaïlande ou tout simplement qu’il a souhaité lui-même disparaître et rentrer en Colombie pour des raisons qui lui sont propres. On n’en sait rien ! Attention, ne pense pas que je ne te crois pas, bien au contraire, mais je pense qu’il est super important que tu prennes en considération toutes ces possibilités.

Julie l’avait écouté avec attention, elle prit trois bières du pack amené par Nono et leur en tendit une chacun. Après avoir bu une longue gorgée, elle dit :

— Tu as tout à fait raison. Je dois avouer que toutes ces possibilités, je les ai envisagées, mais sans jamais leur donner une once de crédibilité, car au fond, ce qui compte, c’est mon instinct. Je sais, ça fait con dit comme ça, mais je le sens au plus profond de mon être. Il lui est arrivé quelque chose, mais il est encore en vie et pour ne pas devenir folle à lier, je dois me rendre là-bas !

— C’est magnifique cet amour que tu lui portes ma poule, mais c’est n’importe quoi ! Je suis désolée de te le dire. Je suis de l’avis de Nono, je trouve ça beaucoup trop dangereux. Si on te dit ça c’est qu’on t’aime plus que tout, mais vouloir te rendre là-bas alors que ce mec a disparu et que tu parles d’un autre type dangereux, franchement tu n’es pas sérieuse !

Julie se leva sous le coup de l’énervement :

— Voilà ! C’est exactement pour ça que je ne voulais pas vous en parler depuis le départ ! Je savais que j’allais être jugée pour cet amour fou, pour ce que je ressens, pour les choix que je pourrais envisager. Exactement comme j’ai été jugée par Salma, Zach et Max quand je leur ai dit que j’étais persuadée que c’était lui qui était tombé, qu’il fallait tout faire pour le retrouver. Il ne serait jamais parti sans m’expliquer les raisons d’un hypothétique départ, jamais ! Vous m’entendez, jamais !

Julie s’écrasa au sol, criant et pleurant tout ce qu’elle savait, tandis que ses deux amis l’entourèrent et la prirent par les épaules pour la soutenir et l’enlacer. Nono prit alors la parole d’une voix rassurante et aimante :

— Écoute, je te crois et Joana aussi. On est avec toi, pas contre toi. On exprime juste notre peur, la peur rationnelle de te perdre et je ne me pardonnerais jamais de te dire uniquement ce que tu veux entendre. Avant de prendre une quelconque décision aussi importante que celle de partir là-bas pour vouloir démêler le vrai du faux, s’il te plait, jure-moi que tu nous en parleras avant !

Joana embrassa la joue de sa meilleure amie, elle aussi dégoulinante de larmes et ajouta :

— Oui, s’il te plait, jure-le-nous.

Les regardant l’un après l’autre, elle leur dit :

— Je vous le jure, mais ne m’en voulez pas si cette décision vous fait peur.

En rentrant chez elle, Julie était exténuée par cette journée. Cela faisait si longtemps qu’elle voulait tout leur dire et surtout leur faire comprendre les raisons qui l’avaient poussée à se murer dans le silence. Cette peur d’être jugée, incomprise ou pire, rejetée, l’avait terrorisée. Mais en s’affalant sur son canapé, elle savait qu’elle avait une chance rare, celle de compter sur un frère et une sœur qui ne la laisseraient jamais tomber.

Quelques heures plus tard, c’est la sonnerie de son téléphone et des vibrations à répétition qui la tirèrent d’un sommeil profond. Elle n’avait pas quitté le canapé et peinait à se relever. Elle vérifia l’heure, il était exactement 2 h du matin. Qui pouvait bien lui envoyer des messages à cette heure-là ? se dit la jeune femme.

Sur l’écran de son téléphone, le nom du groupe d’amis WhatsApp faisait référence à une quarantaine de messages. Son cœur se mit à battre la chamade et son souffle à s’accélérer quand elle déverrouilla son téléphone. Max, Zach et Salma s’affolèrent en bombardant le groupe de messages incompréhensibles. Zach, parlait d’aéroport, Max, de dates et d’heures d’arrivée sur Phuket, tandis que Salma, envoyait des vocaux désespérés. Mais que se passait-il, bon sang ! cria-t-elle dans son esprit. Elle remonta la conversation et vit des captures d’écran du compte Instagram « Souvenirs ».

Elle changea rapidement d’application et lança Instagram. Elle fut immédiatement prise de vertiges, quand elle y vit une nouvelle publication, avec pour seul message, une phrase écrite en blanc sur fond noir, disant : « Si vous voulez connaître la vérité, rendez-vous tous les quatre sans exception sur la falaise ! »

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