Chap 1 / Épisode 3 : De l'orage dans l'air
SCÈNE 1 : Le Vide du Disquaire
Une semaine s'était écoulée. Une semaine de silence forcé, de messages cryptés non envoyés et de paranoïa. L'air du disquaire "Vinyl Dreams" semblait plus lourd sans le passage éclair d'Orely. Dom essayait de se concentrer sur le répertoriage d'une nouvelle collection de disques, mais son esprit était ailleurs.
M. BALDI : Hé, Dom ! Réveille-toi un peu ! Un client **t'**attend au comptoir. Et ce vinyle des Wildkids, là, ça fait trois jours qu'il est sur le comptoir. Débarrasse-toi de ça.
Dom range l'album, se forçant à interagir avec le client. Il revient à son poste, le cœur serré. Il prend son téléphone et voit l'alerte discrète sur leur nouveau canal de communication crypté. Le message d'Orely était clair et angoissant.
Message d'Orely : "Je n'ai pas oublié le toit." "Le Gardien a parlé d'une vieille facture d'il y a dix ans."
Dom comprend immédiatement. Le "Gardien" (Matias) avait agi, et l'action était liée au passé, à Stan Braxton, et sans doute à sa mère, Brenda. Il devait rentrer. Il devait savoir ce qu'était cette "histoire d'il y a dix ans" avant que les Braxton ne s'en servent.
SCÈNE 2 : L'Investigation Karter
Le soir, Dom rentre dans la petite maison des Karter. Il trouve Kalvin affalé sur le canapé, les écouteurs sur les oreilles.
Dom éteint la télévision. Kalvin retire ses écouteurs, l'air agressif.
KALVIN : Sérieux, Dom ? Qu'est-ce que tu fais ?
DOM : J'ai besoin de ton aide. C'est important. Ça concerne Maman. Et les Braxton.
La mention des Braxton a l'effet d'un électrochoc sur Kalvin. Ses poings se serrent.
KALVIN : Quoi encore ? Le fils de pute a fait une nouvelle crasse ? Laisse-moi régler ça, Dom. Une fois pour toutes.
DOM : Non ! On ne peut pas régler ça avec les poings. C'est plus vieux, Kalvin. Ça vient de leur père, Stan. J'ai eu une information... codée. Quelque chose sur une "vieille facture d'il y a dix ans". Ça pourrait expliquer pourquoi les Braxton ont toujours ce pouvoir de nous écraser.
KALVIN : Dix ans ? C'est quand Papa est parti...
Dom hoche la tête. C'était la période de leur plus grande chute.
DOM : Je ne veux pas inquiéter Maman, mais je crois que nous devons fouiller dans ses vieilles affaires. Des boîtes au grenier, les archives de l'époque. Cherche n'importe quoi qui pourrait lier les Braxton à un problème financier ou légal de Maman. N'importe quel nom : Stan Braxton, Braxton Corp, un numéro d'adresse...
KALVIN : D'accord. Mais si on trouve quelque chose, on lui montre tout de suite. On ne fait rien dans son dos.
Les deux frères se dirigent vers le petit débarras qui leur servait de grenier. Ils commencent à déplacer des cartons poussiéreux, des souvenirs d'une vie qu'ils avaient presque oubliée.
Après une vingtaine de minutes, Kalvin sort de derrière une vieille valise un carton à chaussures, étiqueté d'une écriture élégante : "DOCUMENTS 2015-2016 : DIVERS".
Dom ouvre le carton. Au fond, sous des bulletins scolaires et des photos de famille, il trouve un dossier. L'en-tête du cabinet d'avocats est froissé, mais le titre est lisible : "DOSSIER D'EXPULSION / ACQUISITION – 12ème RUE, ORLANDO".
Juste en dessous, Dom trouve une petite photographie jaunie. C'était une maison.
Modeste, avec une petite balançoire sur un gazon bien entretenu. Leur première maison, celle où ils ont passé leurs premières années.
DOM : La 12ème Rue... c'était notre maison, Kalvin.
Kalvin prend le dossier et lit le nom de l'acquéreur en lettres capitales, un nom qui lui donne envie de vomir.
KALVIN : (Un sifflement de rage.)
BRAXTON CORP. Ils nous ont pris ça. C'est pour ça que ce connard de Matias nous regarde toujours de haut. Leur fortune est bâtie sur la destruction de la nôtre.
SCÈNE 3 : Le Sacrifice Manqué
Pendant que ses fils découvraient le douloureux passé de la 12ème Rue, Brenda Karter revenait de son travail. Elle était à bout. Elle avait croisé une vieille amie, Léna, l'ancienne collègue.
LÉNA (FLASHBACK) : "Brenda, écoute-moi. J'ai dû signer un papier pour enterrer l'affaire de la 12ème Rue. Ils m'ont forcée, ils ont menacé... J'ai dû protéger mes proches. Je suis désolée. Tu dois faire attention à tes garçons."
Brenda comprend. Stan Braxton a réactivé une vieille blessure pour une raison qu'elle ignore. Elle doit agir vite. Elle ne veut pas que ses fils découvrent la vérité.
Elle rentre chez elle, et voit la lumière allumée dans le débarras. Elle monte et trouve ses deux fils, le dossier d'expulsion étalé entre eux, les yeux pleins de douleur et de colère.
BRENDA : (Sa voix se brise.) Qu'est-ce que vous faites ?
DOM : Maman. C'est vrai ? Stan Braxton nous a pris la maison de la 12ème Rue il y a dix ans ?
Brenda s'effondre en larmes. Elle avait tout fait pour cacher cette humiliation.
BRENDA : C'est mon fardeau. Ce n'est pas le vôtre. C'est moi qui ai témoigné... et ils ont trouvé une faille. Ils ont profité de mon divorce pour m'écraser.
KALVIN : (Fou de rage.) On savait qu'on leur devait quelque chose. On savait qu'on ne pouvait pas les blairer pour une raison !
Dom, le cœur lourd de douleur et de colère, comprend la vraie nature de sa relation avec Orely. C'est une trahison historique.
SCÈNE FINALE : La Vengeance est un Plat Froid
Le soir, Dom envoie le message crypté prévu à Orely, comme convenu pour maintenir leur façade de rupture.
Message de Dom : "Le silence est le prix.
Ne me cherche pas. Je me concentre sur le travail."
Mais au lieu de se retirer, Dom a maintenant une nouvelle mission. Il ne se bat plus seulement pour son amour, mais pour la justice.
Dans sa chambre, il regarde le dossier de la 12ème Rue. Sa mère est endormie, épuisée. Il sait qu'il ne peut pas révéler à Orely ce qu'il vient d'apprendre. Elle est une Braxton. Elle doit continuer son jeu. Mais lui, il doit agir.
Dom décide d'utiliser la rage de Kalvin.
DOM : (Il réveille son frère.) Kalvin, lève-toi. On va au disquaire. On va trouver de vieux contacts.
KALVIN : Quoi ? Pour faire quoi ?
DOM : Pour comprendre le système immobilier. Pour trouver le maillon faible de Braxton Corp. On ne va pas frapper Matias, on va frapper son père là où ça fait mal : leur argent. Et je crois que je sais par où commencer.

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