CHAPITRE 4 - L'habitude

6 minutes de lecture

Monotonie, ce mot relatant la routine, le plat … Une vie sans relief. Je ne peux pas vraiment dire que ce soit mon cas. Mais en ce moment, les choses semblent se répéter sans fin : les crises d'hystérie de ma grand-mère, les problèmes de mon père, mon frère qui tourne de plus en plus mal, … Ma mère est dépressive. On est en 2010, et je suis encore en sixième, dans un collège de Kalnach. Ce bahut me déprime. Il est sans âme, sans couleur, sans vie. Les élèves se prennent pour des caïdes, un bon nombre de mes camarades tombent dans le piège du tabac à la sortie. Comme un refuge, je me suis inscrite à la chorale et au club de détente. Ces moments me font un bien fou. On reprend les tubes de Starmania, de « Quand on arrive en ville » à « Le monde est stone ». Le midi, lors du club détente, on commence par des jeux de sociétés, des jeux vidéos, du dessins, puis on prend environ une demi-heure pour se détendre, faire des exercices de respirations. Pour moi, c'était vraiment nécessaire. En cours, ça allait : on se marrait bien avec les cours de technologie de la « tortue » comme on l'appelait. En musique, c'était le lâché prise qui primait entre « J'ai demandé à la lune » et « Allo le monde ». Monsieur Olocsob était sans doute un des meilleurs professeur que j'ai eu. J'étais en sixième Enez Vriad, avec des potes dans différentes classes comme Brictio, Oktawa, Caelius. Tout se passait comme une première année de collège : adaptation, changement de salle, bus, … harcèlement. Ça commence par des poufs qui ricanne à mon passage, des gens qui ne veulent pas se mettre en groupe avec moi en cours, des croches pieds, des vols. Au fil du temps, les insultes et la violence physique commence à faire leur place. Puis vers le mois de février, voilà le pompon : Léon débarque dans mon collège. Quand je le vois arriver à l'entrée du collège ce matin là, ma première réfléxion a été « Et merde ! ». Je savais que les problèmes n'allait pas tarder à arriver. Effectivement, moins d'une semaine plus tard, me voilà convoquer chez le C.P.E : entre bousculade dans les escaliers et coup dans le ventre, après une semaine de conflit, l'un de nous doit partir du collège. Le soucis, c'est que Léon, si il est viré de l'établissement, sera descolarisé. C'est donc moi qui part vers Plouhern, au collège du Flondrenn Hercyn. Nouveau bahut, à deux mois des grandes vacances, tu parles d'une fin d'année … L'année scolaire se termine, pas trop mal, avec une classe qui semble plutôt sympathique. Pour une fois, j'envisage la rentrée de manière plutôt positive.

Les deux mois d'été passent, avec une crise maniaque de plus pour mon père, et des prises de becs inscessantes avec ma grand-mère. Puis la rentrée. Je m'avance tranquillement vers la cours de devant, quand des ricanements commencent à se faire entendre. Ça recommence. Toute l'année, j'avançe au rythme des moqueries, du harcèlement et de l'intimidation, me murant dans un look mi punk, mi émo-gothique et dans la violence. A la fin de l'année avait lieu une mini-fête de la musique dans mon collège. Avec une amie de l'époque, on se décide à participer sur « J'ai demandé à la lune », chanson qu'on connaît très bien toute les deux. Après multiples répétition, c'est à nous de monter sur scène. La musique commence, devant 400 élèves les yeux rivés sur la scène. Tout va bien, jusqu'au deuxième couplet : là, mon amie se plante dans les paroles devant tout le monde. Gentillement, je fais en sorte que ça ne se voit pas. Mais contre toute attente, devant l'assemblée, elle se met à me hurler dessus au micro « Mais arrêtes tu te plantes là ! T'es conne ou quoi ? Incapable ! ». Je descend de la scène, à la fois rouge de colère et blanche de honte. Je subis encore ses insultes, et le regard moqueur des autres. Je cours, j'envoie bouler tout le monde, et je cours. Je cours me réfugier dans les toilettes d'abord, où je me mets à pleurer. Mais quelques minutes plus tard, d'autres élèves arrivent, et m'intimide encore et encore, à coup de coup de pied dans la porte, d'insultes, de jets d'objets, … Je sors, les pousse, et recommence à courir. Je cours de plus en plus vite, je sors du collège, je m'en vais vers le bourg de Plouhern, où j'appelle à la maison, pour qu'on vienne me chercher. Je reste alors dans la bibliothèque en haut de la côte, et j'attend ma mère, prostré dans le fond de la pièce, ma bande dessinée à la main. Le moment où je suis montée dans la voiture a été un grand soulagement. Je saute les quelques jours de cours qu'il reste et me retrouve en grandes vacances.

Encore deux mois composés de hurlement, de crises, de casses. De fuite aussi. Plus le temps passe, plus je m'évade de la maison, pour éviter de péter les plombs. Une nouvelle rentrée arrive, et cette fois ci, je ne suis pas dupe, je sais ce qui m'attend. Une fois de plus, ça ne loupe pas. De nouveau, j'ai le droit aux ricanements, au harcèlement tant au collège que sur les réseaux sociaux. Raz le bol. Un contrôle de plus, assez long celui là. Les profs nous préparent au brevet pour l'année prochaine. J'ai le nez sur ma feuille, à moitié endormie, quand un pion vient me chercher : je suis convoquée chez la CPE, ça faisait longtemps. Je m'asseois, et là, cette femme digne des pires serpents me dit : « Ton père, il est handicapé physique, d'accord. Mais … il est pas handicapé mental aussi ? ». A ces mots, je me lève, et lui claque la porte au nez. Mais elle se prend pour qui celle là ? J'appelle ma mère, qui vient me chercher, furieuse. On s'en va. L'année prochaine, je vais dans un autre collège.

Autre collège, mais même moeurses. Rebelote : harcèlement, intimidation, rien ne change. Au contraire, ça empire. Je finis par me faire un ami dans ma classe, Arles. C'est un gars sympa, compréhensif, un peu paumé, avec son vécu. Enfin, ça c'était jusqu'à ce que deux de ses potes que j'avais en grippe me prenne la tête et fassent en sorte que je ne lui parle plus. Retour à la case départ. Avec certains de la classe ça passe mieux qu'avec d'autres, mais impossible de lié quelquonque amitié. Je garde seulement des liens avec des gens de Flondrenn Hercyn comme Enor. Je lie quelques liens comme avec Ôkéanos. L'année se termine, avec quelques bons délires tout de même. Avec une pote, on se pose à l'arrêt de bus à la gare, juste à côté du collège. On commence à écouter de la musique avec nos portables quand une fille de mon âge nous acoste violemment : « Baisses le son ». Je lui répond gentillement, « pas de soucis, mais de là où tu étais, comment ça se fait que tu es entendu la musique ? ». Cette simple phrase m'a valu un premier coup et mon portable par terre. Avec ma pote, on s'éloigne et on va sur l'esplanade de la gare, dans le passage des voyageurs : on se dit que là, on ne risque rien. On se met à rire, à délirer tranquillement. Mais la plaisanterie est de courte durée. Voilà cette fille qui revient à l'attaque, avec sa bande de copine. Mais cette fois ci, elles veulent en découdre. Là, je me prend des coups de différentes natures, dont un coup de sac dans la tempe, qui m'assome momentanément. Ma copine avait réussi a aller prévenir l'agent de sécurité de la gare, ce qui a fait fuir nos agresseuses. Mais, avec les rondes régulière de la police dans le quartier, elles ne sont pas allés bien loin. Rattrapées, on finit avec nos parents respectifs au comissariat de Kalnach. Je fais ma déposition, elle également. Elle s'en tire avec un rappel à la loi. Je rentre à la maison et me réfugie dans ma chambre, une fois de plus. J'obtiens aussi mon brevet, en aillant dormi la moitié des épreuves. Une année scolaire particulièrement longue … Ou j'apprends, une fois en possession de mon brevet, que je redouble ma troisième. J'apprends également que la directrice ne souhaite plus que je sois présente dans son établissement mais qu'elle n'a rien pour me virer. Elle m'envoie donc dans le deuxième établissement dont elle est la directrice, toujours à Kalnach. J'y passe l'année, après avoir essuyé le refus de mon orientation en STAV. L'année se passe mal, tant au niveau scolaire qu'au niveau relationnel. Je termine l'année en obtenant ma place au lycée hôtelier. L'entrée au lycée me permettra peut être de prendre un nouveau départ.

Annotations

Vous aimez lire Syo Sysponis ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0