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Pour qui a connu la gloire : que lui importe de vivre davantage ? Il connaîtra l’apothéose et l’Eternel sera son royaume. Pour les autres, c’est de vivre le plus longtemps possible, car la vie est précieuse. Mais si Achille eût déserté les champs de Mars et vieilli dans les verts pâturages : qui s’en souviendrait ? La vie d’un grand n’est pas d’un souffle régulier : c’est un cri qui renverse, transperce, bouleverse ! Puis enfin tombe brutalement. Que Napoléon eût obéi aux ordres, et le livre à Sainte-Hélène fût de quelques pages ; que César eût hésité à franchir le Rubicon, et son règne de quelques heures. Révoltons-nous ; contre l’ordre des choses, luttons mes frères ; dans les eaux tristes de l’Achéron, rions, pleurons, hurlons... ! Tranchons le nœud gordien ! Coupons la tête de la grosse Méduse ! Chevauchons sans plus rien épargner.
Il fallait qu’Isaac trouvât la force de tuer son père ou au moins de le laisser mourir sans plus venir à son secours de quelque manière que ce fût.

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