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Un ange était descendu du ciel sous le regard de peut-être rien de si grand, en tout cas les années avaient décidé qu’il s’agirait d’une femme qui se vengea alors et de la plus sublime façon : elle méditerait sans cesse pour ne plus sentir ce que son corps exigeait d’elle. Ainsi il n’y eut pas jusqu’au silence qui ne fut épargné : le mot était dit, trahi, écrit ; régulièrement et subtilement.
Quels éloges n’a-t-elle pas déjà adressés à l’indicible ?! Magnifiques éloges ! Mais la solitude... est profonde. Voyant tout mais ne touchant à rien, c’est une véritable abstraction, parlant d’amour et si joliment, grande et belle absurdité... Peut-être est-elle à la fois l’Homme tel que Dieu aurait aimé qu’il soit depuis toujours et une sorte de créature aquatique telle que Noé n’en voulait pas sur l’Arche.
Mais que veut-elle ?
Son intention coïncide avec le premier et seul mouvement (rien à voir bien sûr avec le mouvement normal, en deux temps plus autre chose : le corps, le cœur, le courage... mouvement maudit, réflexif, éternel ! Et Orphée qui doit mourir. Non, vraiment rien à voir). Son mouvement est pur, sa volonté naturelle.
Froidement les yeux bleus fixent comme ailleurs pousse insensiblement l’herbe, et son âme élève par degrés et d’autant mieux encore qu’elle n’espère maintenant plus rien. Isaac l’admirait et respectait son mystère. Reconnaissante, elle devint son maître à penser et son absolue référence pour l’élégance de son intelligence et sa profonde humilité.

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