21

Une minute de lecture

Elle venait le tourmenter en rêve et le jour troublait en raison de la couleur du ciel. Sa petite sœur reposait au fond de la mer. Il ne suffisait pas d'un spiritueux et de boire longtemps pour connaître la même solitude, non plus d'un cri qui traverse la nuit. Il fallait mourir, se venger de Dieu : Isaac en colère parlait seul en regardant les étoiles. Et si nous sommes morts, nous ressusciterons, nous sauverons les hommes ! Que Tu demeures dans le silence et nous reviendrons nous couper la langue ! Que Tu restes dans le noir et nous irons nous crever les yeux ! Ainsi, seulement, nous serons à Ton image. Des monstres. Et si l’arc-en-ciel ne cesse d’apparaître après l’orage et que les sans-abris tremblent encore sous l’effroi, le froid, la mort ! nous jetterons alors des fleurs sur ce qui restera de toute maison brûlée, ravagée et nous chanterons, danserons sur les mains ensanglantées d’une famille sous les décombres ! Nous T’imiterons, Seigneur. Œil pour œil, dent pour dent. Des monstres qui se révolteront. Et nous verrons bien qui rira le dernier, qui de nous deux sera le plus cruel. Mais rire... c’était oublier qu'elle était morte. Notre sœur bien aimée. Morte. Mon Dieu ! Pourquoi ne l’as-Tu pas sauvée ? Elle s’est noyée et Tu n’as rien fait.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Vous aimez lire Adrien Carpe ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0