Chapitre 2 : ma descente "en Enfer"

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Ma mère était très malade de la sclérose en plaque. En rémission jusqu'à présent, elle rechuta brutalement. J'avais neuf ans. Nous l'apprîmes lors de cette première rechute et ce fût un choc. Elle se retrouva en fauteuil roulant. Nous dûmes déménager à la campagne, dans une maison moins onéreuse et pratique pour s'y déplacer en fauteuil, donc un plein-pied. Puisqu'elle ne pouvait plus travailler comme avant ma vie changea du tout au tout. Je m'occupais d'elle de mes frères et sœurs et de la maison comme je pouvais. Puis mon père perdit son emploi. Il déprima, accompagnant ma mère dans sa mélancolie. Celle-ci m'appela un jour de sa chambre pour m'annoncer qu'elle faisait une dépression et qu'elle avait envie de se suicider. Mon père, lui, devint très nerveux. La tension à la maison était extrêmement électrique. Et pour me détendre et éviter le stress, j'essayai de voir mes copines de quartier le plus souvent possible. Je continuai la gymnastique artistique mais en loisir au collège après les cours. Ce qui me détendait également. Ma moyenne scolaire commença à baisser car j'étais trop stressée pour me concentrer sur mes devoirs. Cela criait beaucoup à la maison. Mon père était devenu particulièrement irascible et ma mère effacée et très faible. Elle ne réagissait pas à cela.

Durant les deux premières années j'eus une bande de copines de classe et une bande de copines de quartier. J'essayai de me réconforter avec mon entourage personnel mais nous étions dans un village et on s'ennuyait. Au début de ma troisième année, j'abandonnai la gymnastique artistique car je devais absolument me réinvestir dans mes cours. Ma meilleure amie Fanny me stressait de plus en plus car elle réclamait que je me hâte vite après chaque cours, et avec de plus en plus de mépris et un jour, soudain sans le prévenir moi-même, après un ultime reproche pour me mettre la pression afin que je me hâte, je lui mis une gifle. Ce n'était pas prémédité et j'avais agi avec impulsivité sans pouvoir l'expliquer. Je regrette mon geste. Je m'excusais peu de temps après. Quelques jours plus tard, elle se vengea en me la rendant en plein milieu d'un cours. Sous le choc, avec la honte publique et personne pour me défendre ni prof ni élèves, je pleurai. J'avais perdu ma meilleure amie qui elle ne s'excusa pas mais me garda rancune ainsi que notre groupe copines de classe qu'elle retourna contre moi. Quelques temps plus tard, l'une d'entre elles, que j'avais invitée à mon anniversaire, vînt me voir dans la cour avec un camarade de classe. Je sortais des toilettes et me retrouvais prêt du coin du mur de la cour de récréation à ce moment-là. Elle s'avança vers moi sans un mot, me coinçant prêt de la fenêtre. Puis elle me cogna la tête de son poing et ma tête heurta brutalement la vitre. J'eus un choc, un étourdissement et elle en profita pour partir. J'étais tellement sonnée que je ne réagis pas et peut être que le garçon qui m'avait fixé à ce moment, planté à côté d'elle m'en dissuada. Comme je n'avais plus d'affection de mes copines, je perdis mon estime de moi, et je me mis à me négliger un peu surtout les cheveux. Durant les deux années suivantes, je n'eus plus qu'une seule amie. Par contre, un garçon de ma classe, Alexandre se mit porter aux nues mes origines polonaises en criant mon nom tous les jours durant les cours ce qui plaisait beaucoup aux autres garçons de la classe qui criait mon nom avec lui. Alexandre essaya d'engager la conversation avec moi plusieurs fois mais je gardais le silence, étant extrêmement gênée par cet engouement général de notre classe ne concernant que la gente masculine de notre classe mais surtout pas la gente féminine et cette notoriété soudaine étendue dans tout le collège. Mon fan club prospéra deux ans et énerva beaucoup de filles qui m'exclurent tout simplement des conversations. Ne comprenant pas l'avantage d'avoir un fan club à l'école, je me sentais humiliée et incapable d'étudier correctement. Un soir, l'un de mes camarades de classe que je ne connaissais pas m'attendit à la sortie de la salle du brevet blanc pour m'étrangler et me projeter à terre. Etait-ce de la jalousie ? Je ne sais pas. Cette fois-ci, je réagis en allant me plaindre au proviseur et il fut exclue trois jours du collège. Lui et le camarade faisant du racisme. J'étais profondément triste et stressée. Et j'agis impulsivement avec Alexandre qui fût dans l'incompréhension totale mais qui me fis le lendemain des excuses malgré tout et une déclaration d'amitié. Des années plus tard, aujourd'hui, je me sens encore coupable. Il n'y avait que ma seule amie qui me donnait du réconfort. Je ne pouvais plus me réfugier dans mon sanctuaire secret, sur mon banc dans mon parc avec Dimitri pour m'apaiser en fantasme. Récemment, j'ai appris que pendant cette période il avait connu son premier amour avec une jeune fille rousse. Nos chemins relationnels ont pris des destinations différentes. Opposées même.

Durant ces deux dernières années de collège, ne canalisant plus mon énergie dans le sport intensif, avec le stress de la vie à la maison, je fis une anémie très sévère brutalement. Je n'avais aucun problèmes alimentaires car j'étais une gourmande et je me nourrissais très bien. Mais mon stress était tellement intense que je perdais mon fer à une vitesse folle et toute mon énergie. Je commençai à manquer des cours car je ne savais plus me tenir debout, et dans les pires moments, ni manger ni parler. Je m'absentais environ la moitié de mon année de quatrième et la moitié de mon année de troisième. Mes camarades de classe cessèrent de me comprendre. Peut être qu'ils eurent honte de ma faiblesse et de ma négligence qui découlait de mon anémie et qu'ils décidèrent à ce moment de me harceler. Je parlais du harcèlement et de la violence que je subissais au collège à mes parents, je leur expliquais également que j'avais besoin d'un meilleur suivi des professeurs et ils acceptèrent que je change de collège. Du public, je passais au privé.


Je due redoubler. Néanmoins, j'avais obtenu mon brevet. Je choisis un collège en me promettant de retrouver le courage de prendre soin de moi, créer de nouveaux liens et de remonter ma moyenne scolaire. Je relavai mes cheveux régulièrement, me fis des mèches blondes, me fis percer les oreilles et choisis moi-même mes vêtements. J'osai des tenues un peu plus féminines. Et du maquillage. Le tout, pour paraître soignée et plus investie dans mon hygiène afin d'avoir plus de respect de mon entourage.


Quand j'entrai pour la première fois dans la classe de cette deuxième troisième, le professeur m'indiqua une place à côté d'un jeune homme plutôt joli garçon, Charles. Il avait l'air d'un mannequin car il était très grand et très mince. Il avait une très large carrure et des hanches très étroite. Il mettait en valeur son beau corps avec des vêtements classiques. Sa tête était plutôt rectangulaire, il avait le même type de visage que Dimitri. Des yeux bruns profonds surmontés de beaux sourcils bien dessinés. Un joli nez droit à l'ossature saillante. Une bouche en relief aux contours flous. Malgré cela je décidais qu'il n'était pas mon genre ni mon style car je préférai un style plus nordique et plus viril. Je crois qu'il me remarqua également. Il se montra protecteur et galant durant les tous premiers jours. Cela m'apaisa, je me sentis bien accueillie et je fis connaissance avec mes camarades de classe et d'autres classes avec qui je développai vite une amitié durable et que je fréquente encore aujourd'hui pour certains. Je suppose que le joli jeune homme compris vite que je me méfiais des hommes en général. Son comportement devînt méprisant. Il se mit à me « charrier », en ses termes, en me faisant des propos sexuels humiliant presque à chaque cours. Ceci me choqua et me mît intérieurement en fureur. J'en fus très peinée et énervée. A tel point que je décidais de l'ignorer jusqu'à ce que je finisse ma scolarité. J'en parlai à mes copines de classe qui ne s'en troublèrent pas car elles le trouvaient imbu de sa personne et prétentieux. En effet, un jour, il vînt me parler seul dans la cour de récréation pour me faire un petit discours sur sa perfection en me disant que de toute façon il se trouvait beau et sans défaut. Je ne compris pas sa démarche. Était-ce de la jalousie face à mon apparence ultra soignée ? A l'époque, je ne me posais même pas la question. Pas de respect, pas de relation quelle qu'elle soit. Pas d'intérêt. Il énervait mes camarades de classe et certains professeurs. Une de mes copines de classe étaient sous son charme malgré son attitude asociale. J'essayai de l'ignorer, mais me concentrer sur les cours dans ces conditions de stress, d'agacement et de colère constants était difficile. Au milieu de l'année, il vînt m'apprendre qu'il était le cousin d'un de mes deux harceleurs de mon ancien collège. Il me fît comprendre qu'il me tenait rancune de mon conflit avec ce membre de sa famille. Je n'accordais aucune attention a ses propos car j'avais décidé de l'ignorer. Aujourd'hui, je comprends qu'il avait voulu le défendre en me harcelant. Depuis un an, le harcèlement sexuel sur mineur par un mineur dans le cadre scolaire, est puni par la loi par de la prison. Tant mieux. De nombreuses années plus tard, je leur ai pris leur facebook à tous les deux afin de tenter de négocier une entente par leurs excuses. Mais j'ai échoué. Nos milieux familiaux et culturels s'opposent totalement et c'est irrémédiable. Dommage.

Finalement, vers la fin de l'année scolaire, j'avais augmenté de deux points et demi ma moyenne. Ce qui était médiocre. J'étais fan des romans fantastiques d'Anne Rice qui écrivait des histoires sur les vampires. Des légendes issus de ma culture familiale et j'y suis donc très attachée. Un jour, alors que je lisais un de ces livres, le vampire, un personnage décrit très beau et très sexy à l'apparence angélique, qui séduisait une future victime se confondit dans mon esprit avec Charles qui avait plutôt l'apparence d'un vampire italien, pour une raison que j'ignore mais sans doute parce qu'il avait conscientisé la sexualité dans mon esprit, et parce qu'il était malhonnête un peu comme un vampire assassin sans moralité, provoqua mon premier orgasme. A cause de ce camarade de classe, j'avais mélangé la sexualité avec la violence. Ce moment de ma vie est important tout de même, car j'avais retrouvé mon attirance pour la gente masculine. Certes, ce garçon ne me respectait pas du tout, mais il avait réussi à me réanimer un peu malgré lui. Parallèlement, je devins ultra fan de tous les livres d'Anne Rice. Par la suite, j'ai vis sur facebook et google que Charles avait fini par devenir, à la suite de son père très doué et ambitieux, PDG de l'entreprise familiale. Et j'en suis très heureuse pour lui. Sans bonnes intentions, il m'a malgré tout rendu service. Mais je n'ai pas oublié son mépris qui reste un traumatisme, et je souhaite qu'il reste célibataire afin de ne violer personne.


Nicolas de notre classe m'a recontactée ces dernières années, et m'a fait une déclaration d'amour. Il est plutôt « joli garçon », et marié et il a une famille. Il est triste de la santé psychique fragile de sa femme. Lui aussi a remarquablement bien réussi sa vie professionnelle. Il a eu plusieurs restaurants. Je suis très fière de lui. Je n'ai pas accepté sa proposition de sortir avec lui car je suis, tout comme sa femme, trop fragile à présent. Et il n'est pas mon style. J'ai essayé de négocier une amitié avec lui, il a accepté. Nous devons nous revoir bientôt.

Un autre jeune homme de notre classe que je trouvais sympathique m'a recontacté ces dernières années, Jonathan, pour me faire part de son « amitié » du temps du collège. Il est marié avec une copine de notre classe. Justement celle qui trouvait attirant mon harceleur ce qui me rassure pour elle et me réjouit. C'est plus juste. Il a réussi sa vie professionnelle également, et a beaucoup de succès auprès de ses clients.

Je fréquentais également une jeune fille aristocrate, très humble, modeste, simple, sincère et honnête de notre école, qui a pris une place plus haute dans l'aristocratie française par un mariage heureux, avec de beaux enfants. Elle mérite.

Une autre amie de notre groupe de copines, a réussi dans tous les domaines de sa vie par elle-même. Elle est très autonome et indépendante et je l'admire pour cela.

Je suis tellement contente de savoir que des personnes qui ont compté pour moi réussissent si bien. Et flattée de leur intérêt de l'époque.

Dans la classe, il y avait un « skined » : François. C'est à dire un « raciste neo nazi » selon les observations des autres membres de la classe qui le connaissaient mieux. Il me « vouait un culte » à cause de mes origines polonaises et mon visage slave. Il m'appelait « La russe » ou « la soviétique » en scandant cela sans faire de distinctions. Lui aussi avait des propos sexuels pour moi à chaque fois que nous étions assis à côté l'un de l'autre en cours. J'avais une immense haine contre lui. Il était beau, mais sa perversion me dégoûtait. Et donc je le trouvais laid. Charles et François était à côté l'un de l'autre et presque tous les jours en classe et ils s'y mettaient à deux pour me harceler. Très mauvaise influence du « macho » sur le « nazi ». Globalement, à quatorze ans, j'en concluais que tous les garçons étaient des pervers.

Lors de cette année, une fille m'avait abordée alors que je prenais le bus pour le collège. Elle s'appelait Marine. Nous habitions à deux rues l'une de l'autre. C'était un peu mon opposée physiquement, elle était aussi blonde que moi j'étais brune, ses yeux étaient aussi bleus que les miens étaient bruns et elle était très grande et moi j'étais petite. Elle ressemblait à un mannequin. Elle devint tout de suite une copine par sa volubilité et son humeur enthousiaste et joyeuse. Elle avait deux frères Xavier et Julien, dont l'un d'eux, Xavier, étaient son clone. Je le trouvais très beau, et je me décidais à essayer de me mettre à fantasmer sur lui le soir avant de dormir comme avec Dimitri. Mais Xavier me semblait un peu déprimé ce qui me rebuta complètement. Il était plutôt poète que sportif ce que je ne trouvais pas attirant. Malgré tout, lorsque je rentrais dans la maison de Marine, j'espérai toujours le croiser. Et lorsque cela arrivait, mon cœur se mettait à battre.

Marine et moi avions une copine commune : Pauline. Celle-ci m'invita un jour à dormir chez elle. Avant de me coucher, je croisais un de ses frères. Je fus immédiatement foudroyée par l'excitation qui me traversa le corps par le milieu. Je nous imaginai en train de faire l'amour, et j'eus un orgasme puissant. C'était tellement soudain et irraisonné, que je m'en effrayai et évitai de faire connaissance avec le jeune homme. Aujourd'hui, je sais que cette fratrie a été traversé par des évènements dramatiques, de l'inceste, du suicide et je me réjouie d'avoir gardé une distance. Pauline est partie vivre à l'étranger mais nos parents respectifs se fréquentent et sont amis.

Pauline avait un voisin nommé Lucas. Grace à elle, nous fîmes connaissance et il fît partie de notre bande d'amis. Il était sympathique. Celui-ci vint me voir un soir devant chez moi, et me demanda de sortir avec lui. J'avais quatorze ans et c'était la première fois qu'un garçon me faisait une telle proposition. Malheureusement, je ne le trouvais pas à mon goût car je le trouvais trop immature physiquement et impulsif. Mais j'en fus très flattée.

Avec la moyenne médiocre que j'avais obtenue, je l'avais augmenté de deux points, je n'eus pas d'autre choix que de faire un BAC technique. Mon choix se porta sur des études médicaux-sociales mais ma mère m'imposa un lycée d'arts proposant un BAC STI arts appliqués, en Belgique. A cause de ma facilité en dessin. J'entrais en conflit avec elle donc je réclamais l'internat. Heureusement, l'école était immense, magnifique et luxueuse malgré qu'elle soit publique. Nous avions des chambres individuelles de plus en plus spacieuses les années passant. Mon anémie, au bout de trois ans, était enfin guérie. A ce moment là, je passais à l'étape supérieure. Je décidais pour séduire mon futur entourage de m'embellir au maximum. J'avais encore peur d'être maltraitée, et je parachevais donc mon relooking totalement. Je laissai pousser mes cheveux, je les teignais complètement en roux, et me « déguisait » en femme. J'appellerai mon concept de déguisement : le style Pretty Woman Princesse d'Irelande version Victorian Lolita japonaise. J'avais comme objectif de devenir une élève populaire. Pour me consoler de mes harcèlements au collège. Je savais que l'apparence était primordiale. Ce qui est ridicule mais typiquement adolescent. Et je savais donc qu'avec des amis, mon moral remonterait à l'internat. Je n'afficherai plus cette mine sale et morose qui exaspérait tant les autres. Je passais trois ans dans cette école.

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