Eustache le… passons
Eustache raconte des choses inavouables sur moi dans ses récits.
Ça me gêne. Je ne veux même pas lire.
Mais je ne lui ai pas interdit non plus.
J’ai vaguement compris qu’il essuie en ce moment une tempête, une vraie houle d’indignation — suscitant émoi et incompréhension.
Bah… mon Eustache, qu’as-tu fait ?
Pas le choix. Je vais me coltiner tes écrits.
Ah… ah oui.
Rhooo, mais ne sois pas si explicite.
C’est très, très intime, ça.
Je vais mourir de honte.
Non mais… tu veux pas leur envoyer une photo de mon paf aussi, tant que tu y es ?
Pourquoi tu racontes que tu me touches quand je dors ?
Hannnnn…
C’est donc ça.
Mon infortuné… je vois.
Dans un sens, je comprends. Mais non. Non, non.
Alors déjà : je vais bien.
Ensuite, sachez que mon pauvre Eustache, malgré lui, possède ce pouvoir apaisant d’eucalyptus que le koala apprécie tant.
Et, en l’espèce… je m’endors très, très souvent quand il commence…
Vous avez compris.
Il a fini par comprendre que non, ce n’était pas un manque d’intérêt.
Même l’inverse.
Puis… bon.
Vous savez que j’ai parfois du mal avec le contact.
Et je n’aime pas quand Eustache essaye quand je suis réveillé. Je me crispe.
Il a tout tenté : gros câlins, deux heures de bisous dans le cou…
mais s’il descend plus bas, vraiment plus bas… c’est non.
Alors, une fois, tandis que j’étais dans cet état étrange — entre éveil et endormissement — Eustache est venu me ramener dans le lit.
Je chancelais sur le canapé.
Bah oui. Il est gentil.
Et après… miracle.
Il a essayé.
J’ai laissé faire, parce que ça allait.
Et j’ai même eu la sensation finale… à moitié endormi.
Depuis, je lui ai dit que ses moustaches pouvaient tenter de me câliner quand je dors.
Que si c’est lui, ça va.
Mais que si je me réveille en peur et qu’il se prend un coup réflexe — pas de panique, juste un sursaut — il devra assumer.
Alors de grâce… laissez mon Eustache tranquille.
Je l’aime.
Mais ne lui dites pas.

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