Prologue

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Jeudi 17 janvier 1991

A quelques semaines de la fin de son contrat, le professeur Placido Fogazzaro était un homme heureux. Voilà cinq mois qu’il avait rejoint la petite équipe de dix-huit chercheurs et techniciens de cette base universitaire française perdue aux confins de l’humanité, dans l’immuable blancheur du pôle sud. Le prélèvement des échantillons de glace touchait à sa fin. Grâce à une météo clémente, le programme était en avance de plusieurs jours. Enfin il allait revoir les deux êtres qui comblaient sa vie. Gilles son petit garçon de trois ans et Aeva, son épouse, l’attendaient dans leur propriété helvétique sur les bords du lac Léman. Une demeure qu’ils avaient meublé et décoré d'objets rapportés de leurs nombreux voyages aux quatre coins du globe. Aeva préparerait son fameux gâteau aux épices, une recette typique de son village natal de l’Himalaya. L’ombre du grand saule pleureur bordant les eaux calmes du vieux lac les accueillerait après une petite balade avec leur bébé.

Pierre le tira de sa rêverie.

- On y est patron, la carotte est prête.

L’homme à ses côtés manipulait une machine de haute précision : une trancheuse de carotte de glaces. L'engin commença à découper de fines tranches hors du long morceau de glace qui venait d’être extraite du permafrost. Les hommes se tenaient dans une vaste pièce encombrée de machines sophistiquées et brillamment éclairées de dizaines de tubes néon. D’autres personnes s’affairaient tranquillement, relevant des données, manipulant des échantillons avec prudence. Tous étaient vêtus de confortables habits qui leur garantissaient de ne pas finir congelé tandis que la température à l’extérieur ne remontait jamais au-dessus de -20° centigrade.

- Bien. Tu sais quoi faire. Donne-moi les résultats sur les isotopes fossiles de 20 000 à 10 000. Pour le reste, tu archives comme d’habitude.

Dehors, le temps clément depuis quelques jours avait laissé la place à une tempête. Le professeur quitta la pièce en empruntant la série de sas qui progressivement augmentait la température de quelques degrés, passant de -15°C à un confortable 18°C. Dans le vestiaire, il troqua sa tenue matelassée rouge vermillon contre un vieux Levi’s qui tenait le coup par habitude, un pull lâche et un veston côtelé brun clair usé aux coudes. Il enfila enfin des baskets qui auraient eu besoin d’une retraite bien méritée. Il considéra son reflet dans le miroir du casier et passa la main dans la barbe noire et épaisse qui mangeait ses joues. C’est la coutume des bases polaires qui veut que les hommes se laissent pousser la barbe, une protection naturelle contre le froid. Quel pied d’enfin raser ces poils drus qui le vieillissaient de dix ans ! Allez, plus que quelques semaines et il en serait quitte. Il ferma son casier et s’engagea dans le couloir principal de la base.

Profitant d’un moment de repos, quelques hommes regardaient les dernières nouvelles sur CNN dans la petite cantine de la base.

- …le président Bush vient d’autoriser le déclenchement de l’attaque de l’Irak et du Koweït par les forces coalisées. La « Tempête du Désert » vient de commencer et l’…est à son c... chaq...

L’image se brouilla. La réception satellitaire était capricieuse lors des tempêtes. Jean-Mi se leva et frappa rudement le côté de l’appareil. L’image sursauta en de fines bandes de couleurs entrecoupées de vastes champs de petits points blancs et noirs.

- Putain de matériel asiatique, lança Jean-Mi, tu vas arrêter tes conneries et nous balancer une image valable !

Comme s’il avait entendu la menace sous-jacente, le petit appareil de télévision hésita brièvement puis retransmit des images claires. C’était un reportage monté à la va-vite par la chaîne de télévision destiné à abreuver la soif de sensation et d’images violentes des occidentaux. On y voyait des chars américains M1 Abrams roulant à fond de balle... Soulevant d’immenses gerbes de sables qui retombaient sur une infanterie déjà épuisée et accablée de chaleur... Des missiles Tomahawk tirés depuis les navires de guerre stationnés dans la mer rouge... Des hélicoptères Apache tirant leurs missiles sur des squelettes de chars irakiens T-72... La guerre théâtralisée.

La présentatrice reprit la parole.

- Nous apprenons à l’instant que les marines viennent de franchir la frontière du Koweït et s’enfoncent dans le pays sans rencontrer aucune résistance.

Puis s’adressant à un homme tiré à quatre épingles assis à ses côtés, elle ajouta « Bonjour Henry, les hommes sont donc confrontés à un ennemi plus impitoyable encore que l’Irakien, c’est la chaleur ».

- En effet, constata Henry en regardant fixement la lentille de la caméra dans laquelle le prompteur faisait défiler son texte, la température locale moyenne est de plus de 122 degrés Fahrenheit. Dans ces conditions extrêmes, les hommes ont un besoin quotidien d’environ 2 gallons d’eau potable, ce qui génère d’assez sérieux problèmes logistiques. Bien entendu, cette chaleur pose d’…

- Quelle dérision, lança André du fond de la salle, affalé sur une chaise en plastique pré moulé, les mollets posés sur le coin de la table, et dire qu’ici il fait tellement froid que Fahrenheit n’a jamais imaginé de telles températures.

Le journaliste montrait maintenant des schémas présentant la combinaison ultra sophistiquée des marines leur permettant de combattre dans les environnements les plus hostiles. Des tenues qui coûtaient une petite fortune aux contribuables.

- Ben voyons, et nous on a juste droit à deux calebards molletonnés et trois chemisettes Dammar. Putain de boulot.

- Ça suffit, André ! Coupa sèchement Jean-Mi, si tu voulais pas avoir froid, fallait pas accepter le job. Laisse-nous voir les nouvelles du monde et fous-nous la paix dix minutes tu veux ?!

Le professeur Fogazzaro entra dans la cantine, se servit un café noir au gros thermos automatique et engloutit une rasade bouillante. Il s’adossa au petit bar pour regarder le poste de télé. Les actualités montraient toujours des images factices de la guerre qui venait de commencer à l’autre bout de la planète.

De nouveau l’image devint floue, se coupa en trois puis disparu pour laisser la place à un champ de points noirs et blancs souligné d’un grésillement insupportable. Les hommes y allèrent de leurs commentaires :

- … de la merde, je vous l’avais dis, c’est de la merde…

- … cause de toi, tu n’arrêtes pas de lancer des ondes négatives.

- … dix minutes d’infos par jour et cette garce de télé qui foire.

Jean-Mi s’était relevé et tapait rageusement sur le petit poste.

Si elle avait pu parler, la télévision aurait pu dire que ce n’était pas de sa faute. A quelques kilomètres au nord, la station relais automatisée qui servait de lien entre la petite base et la station permanente australienne de Casey venait de littéralement disparaître.

A l’endroit exact où s'était tenu le blockhaus en béton armé couronné de paraboles et d’antennes, accroché au sommet d’un à-pic, la roche était apparente et prenait la forme d’une cuvette parfaitement lisse. Comme si une gomme géante était passée sur la structure et avait effacé un peu de roche. La tempête de neige commença à jeter un manteau d’oubli sur les lieux qui ne tardèrent pas à rejoindre l’anonymat glacé du pôle Sud.

Les deux engins volant responsables de la disparition de l’antenne cinglèrent vers la petite base scientifique. Malgré la violente tempête, les appareils, qui adoptaient les formes oblongues et torturées d’insectes formidables, filaient à vive allure ignorant les brusques rafales de vent. Ces engins utilisaient une source d'énergie opposée à l’électromécanique courante de cette fin du XXe siècle, le thra. Dans leurs ventres, les puissants appareils transportaient quinze hommes revêtus d’une combinaison moulante, aux contours diaphanes, qui les protégeaient des conditions atmosphériques extrêmes.

Dans le cockpit, le pilote signala au chef tactique l’imminence du point de contact en zha, une forme de télépathie.

- Contact moins trois minutes. Pas de traqueur en vue. Code vert pour opération Ricochet.

Le chef se mit debout et s’adressa aux hommes en zha.

- Sagittaire à Traits, dernières recommandations. La cible est le docteur Fogazzaro, vous avez son portrait dans l'aënka. Il nous le faut vivant. Je répète, vivant. Pas de bavure. Attention, c’est un ancien MI6, il pourrait être dangereux physiquement si vous êtes repérés, mais nous le savons sans armes léthales. Pour les autres, on ne devrait rencontrer aucune résistance, ce sont, pour la plupart, des scientifiques. Suivez le plan et tout devrait être réglé en 180 clics. Clair et précis ? »

Le cerveau du chef fut rempli d’un seul et unique cri lorsque tous les hommes de sa fratrie lui répondirent à l’unisson « Clair et précis, Sagittaire ! ».

- Trait 48 demande la permission de transmettre.

- Accordé 48.

- Aucune trace, vous confirmez ?

- Aucune, on emporte tout le monde et on efface les structures !

L’image ne revenait pas. Jean-Mi rompit le combat avec le poste de télé et alla se servir un café. Il fit la grimace lorsque le liquide brûlant glissa le long de son œsophage.

- Moins quarante dehors, plus cinquante dans ce foutu gobelet en plastique ! Y’en a marre, il est temps que ça s’arrête, grommela-t-il en passant devant Fogazzaro .

- Tu ne crois pas si bien dire.

Le professeur s’était adressé à lui sans le regarder. Les autres quittaient lentement la cantine en maugréant.

- Cette situation de crise mondiale ne remonte pas le moral des hommes, Jean-Mi.

- Je sais, je sais. Et le stock de cassettes vidéo a déjà été épluché quatre fois. Les loisirs sont rares et répétitifs… Mais bon, ils sont formés pour résister à cet environnement, aussi…

- Tu enfonces des portes ouvertes, Jean-Michel. Tu connais la règle : pas de discussions stériles. Nous devons tenir encore 40 jours. Puis on démonte et chacun rentre chez soi. C’est le contrat. Arrange-toi pour que cette guerre n’atteigne pas notre petite communauté, c’est pour cela que tu es payé.

- Bien sûr, prof, entendu.

L’interphone grésilla et une voix surexcitée retentit.

- Le professeur Fogazzaro est demandé d’urgence aux transmissions. Professeur Fogazzaro aux transmissions.

Il écrasa son gobelet vide et le catapulta dans la poubelle du bar. Se jetant vers la sortie, il bouscula un technicien en le plaquant contre la paroi de bakélite « Pardon ». Empruntant un long couloir, il passa devant les portes de plusieurs containers remplis de grosses armoires, d’ordinateurs, d’écrans, de câbles,... De bureaux remplis de papiers et de gobelets vides, devant lesquels s’affairaient des hommes en t-shirt et basket. Des cartes postales étaient scotchées aux murs à côté de la Playmate du mois et des calendriers de l’année passée avec la photo d’une plage idyllique.

Il gravit un escalier et déboula dans une petite pièce sombre remplie d’ordinateurs. Un homme tapotait rageusement sur un clavier, assis devant un écran. La pièce était éclairée par une lampe dirigée vers le mur tapissé de feuilles de notes. Fogazzaro constata que plusieurs écrans diffusaient une plage de points noirs et blancs.

- Que se passe-t-il, Ber' ?

- Le merdier, Monsieur Fogazzaro, le gros merdier ! Tendant le bras, il frappa sur l'écran puis reprit le tapotage du clavier avec encore plus de vigueur. Tout a sauté d’un coup… Pfuiit. Plus rien. Comme si la station relais avait sauté.

- Que veux-tu dire ? Donne-moi de vraies infos, pas de vagues suppositions.

Ber' se retourna. Il devait avoir vingt-cinq ans à tout casser. Une visière de golfeur disparaissait dans ses cheveux blonds en pétard. Il portait de grosses lunettes triple foyer ce qui donnait l’impression qu’il regardait le monde à travers des culs de bouteilles. Ber' était le lien avec la civilisation. Sans lui et son génie de l’électronique, la base serait perdue.

- Nous sommes coupés du monde, Placido.

Fogazzaro eut un frisson. Depuis cinq mois qu’ils partageaient cette vie austère, Bertrand Delarue, Ber' pour les amis, l’avait toujours appelé « professeur » ou « Monsieur Fogazzaro ». C’était la première fois qu’il l’appelait par son prénom.

Comme pour amplifier la douche froide, un ressort se détendit dans son ventre. Son instinct l’avertissait d’un danger imminent.

- Lance une balise S.O.S. avec ce que tu pourras. Donne notre position et habille-toi, nom de…

Fogazzaro s’élança dans l’escalier qu’il dévala quatre à quatre. Ber' apparu dans l’encadrement de la porte.

- Mais, comment faire prof, je n’ai plus d’antenne.

Il lui répondit sans se retourner.

- Fabriques-en une !

Dans le blizzard, le pilote du premier engin volant s’adressa en zha au Sagittaire.

- Base en clair-v, 60.

Le chef retransmit le message aux hommes.

- Une minute. Camouflage.

Simultanément, les douze hommes qui se tenaient à l’arrière des appareils devinrent rapidement transparent puis s’effacèrent dans le néant.

Fogazzaro s’élança dans le couloir et arriva dans la cantine. Jean-Mi s'y trouvait encore. Il devisait avec un jeune scientifique. Plus qu’un bras droit, Jean-Mi était un ami qu’il avait connu lorsqu’il était une jeune recrue des services britanniques. Entre les deux hommes, une amitié était née. Une amitié comme seule les événements extrêmes peuvent en produire. Plusieurs fois, ils s’étaient mutuellement sauvés la vie. Le professeur avait une confiance totale en lui.

- Jean-Mi, suis-moi… vite !

Les deux hommes quittèrent rapidement la cantine, bifurquèrent sur leur droite et empruntèrent un petit passage entre deux containers.

- Qu’y a-t-il Cid ?

- Les communications sont rompues. Ber' va essayer de lancer un S.O.S., mais nous devons contrôler tout le réseau des coms.

Ils arrivèrent au bout du couloir et débouchèrent dans le bureau de Fogazzaro. Le professeur ouvrit un casier, fouilla parmi les dossiers suspendus et en retira une carte qu’il étala sur son bureau.

- Regarde, nous sommes ici ; la station relais est à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest. Je vais prendre un traîneau, ça ira plus vite qu’une auto chenille. Toi, tu contrôles tout le réseau des coms en interne. Je veux que tout soit rentré dans l’or…

Une puissante secousse suivie d’un bruit de tôle tordues et de métal déchiré ébranla l’édifice, jetant des feuilles de papier dans les airs. Des gerbes d’étincelles jaillirent des gros câbles électriques filant le long des plafonds bas.

Hurlements dans le lointain.

Un froid glacial s’engouffra dans la petite pièce. Les lumières frémirent puis s’éteignirent. Totalement hermétique, le container se transforma en un puits de noirceur. Une lueur arrivait du couloir principal. Les hommes bondirent dans le boyau et le rejoignirent. D'où ils étaient, ils virent des ombres chinoises danser devant un trou béant à l'autre extrémité du couloir principal. Ce gouffre de lumière vive livrait passage au froid mortel. C’était le chaos, les habitants de la petite base couraient et hurlaient en tous sens. Affolés, quelques-uns passèrent à côté d’eux sans s’arrêter. Personne ne semblait blessé.

Les deux engins planaient à une verticale de quinze mètres au-dessus de la petite base. En dessous, le trou béant. En face de la béance, treize silhouettes se tenaient en lévitation à un demi mètre au-dessus de la neige. Parfaitement immobiles, en arc de cercle parfait, dans le vent chaotique de la tempête.

Invisibles.

Sagittaire, au centre, s’avança sans bouger un seul muscle. Il s’arrêta devant l'ouverture pour observer la petite communauté paniquée. Devant lui, quelques hommes malmenés par les rafales glacées et le froid intense, s’attelaient à déplacer de lourdes armoires afin de calfeutrer ce trou indésirable. Sagittaire repéra rapidement le professeur Fogazzaro au fond du vaste couloir.

  • Cible acquise, je m’en charge. Ricochet 120.

Sagittaire lança une impulsion psychique à la fratrie. Parfaitement synchronisé, avec célérité et précision, le petit commando s’engouffra dans la base.

Cid et Jean-Mi reprirent leur course vers la déchirure qui laissait passer le souffle glacial mortel. Cid arrêta un jeune gars en le prenant par les épaules.

- Thomas que c’est-il passé ?

- Professeur… j’ai rien compris, tout d’un coup, tout le fond du couloir s’est tordu puis à disparu.

- Disparu ?

- Parti… pfuiiit…

- Tu veux dire… arraché, vers l’extérieur… parce qu’il n’y a rien dans le couloir.

  • Non docteur, je veux dire disparu, il était là… et puis il a dis…

Thomas se raidit et ferma les yeux. Le professeur, qui le tenait toujours par les épaules, sentit un picotement dans ses doigts puis une sorte de champ de force écarta ses mains. Thomas ne reposait plus sur le sol.

Fogazzaro recula, ébahi. Son ouïe constata que le calme était revenu dans les lieux. Il tourna lentement la tête et l’horreur le frappa. Toutes les personnes étaient dans le même état que Thomas : immobiles, en lévitation à cinquante centimètres du sol.

Sagittaire focalisa son esprit vers Fogazzaro. Celui-ci se raidit, ferma les yeux et perdit connaissance. Un champ magnétique l’enveloppa et le mit à l’abri du froid intense qui régnait désormais dans la petite base.

Les dix-huit corps furent chargés dans les deux engins et l’étrange équipage réapparut à sa place. Resté seul devant le trou, Sagittaire adopta la pose caractéristique d’un archer.

- Ricochet 30.

Il tendit son bras gauche et symbolisa l’armement d’un arc avec le bras droit. Un trait horizontal violet iridescent apparu dans l’espace entre ses mains. Il ouvrit la main droite et le trait d’énergie fila frapper le sol à l’intérieur de l’édifice. Instantanément, tout le bâtiment et les monticules de neige amassés le long des structures furent parcourus d’arcs électriques violacés. La neige fut prise d’une vie propre. Des vagues opalines se levèrent et prirent les containers d’assaut. La base scientifique fut rapidement engloutie. Puis, la montagne immaculée se tassa et descendit vers le sol pour n’être plus qu’un tapis glacé parcouru de tourbillons de neige. La structure avait complètement disparu. Comme si elle n’avait jamais existé.

Satisfait, Sagittaire réintégra l’engin de tête et s’adressa à la fratrie.

  • Ricochet zéro. On rentre à la maison les enfants.

Les nefs célestes prirent rapidement de l’altitude et disparurent dans le blizzard.

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