II - Ginger
Tandis que Gilles et Api savouraient un espresso à la cantine du Met, à l’est de la ville au 3ème étage d’un building dans le Queens, une dispute de ménage avait mal tourné.
L’homme, complètement défoncé à l’héroïne, avait déjà descendu deux policiers et blessé plusieurs voisins qui tentaient de le raisonner. S’étant retranché dans son appartement avec sa jeune épouse et son bébé de six mois, il tirait à l’arme automatique sur tout ce qui bougeait plus bas dans la rue et dans l’immeuble en face. La police avait bouclé le quartier et fait appel au SWAT. L’unité du Sergent Falco s’était déployée et s’apprêtait à entrer en action.
Le sergent se tenait à l’arrière du fourgon du SWAT. Devant lui, un mur d’écrans retransmettait ce que chacun de ses cinq agents voyait grâce à des caméras miniatures incorporées à leurs lunettes protectrices. Dans le coin inférieur droit, un cadre renseignait le nom de l’agent et sa position GPS au mètre près. Ceux-ci étaient embusqués aux entrées de l’appartement. Trois dans le couloir desservant l’étage et deux dans l’escalier de secours extérieur.
- A tous les agents. J’ai le profil de la cible. Il s’appelle Donnie Yeng, d’origine asiatique. Un mètre soixante, soixante kilos. Ex- caporal rendu à la vie civile pour voie de fait sur un officier, il lui a brisé la mâchoire d’un seul coup de poing. Ce fils de p... est un expert en MMA. Ne jouez pas les héros, on neutralise la menace en douceur, c’est compris ?
- Un, compris.
- Deux, compris.
- Trois, compris.
- Quatre,... et s’il ne comprend pas la douceur sergent, je peux utiliser mon charme ?
Un sourire fugace déchira le visage austère du sergent Falco. Le numéro quatre c’était Ginger Constantine, une jeune femme dotée d’une beauté ravageuse et d’un crochet du gauche tout aussi dangereux qui avait intégré les forces du SWAT quelques mois plus tôt. Ginger avait rejoint les forces de police à sa majorité. Et après quatre années au service de la police portuaire de New York, elle avait passé les tests du SWAT haut la main. Dotée d'un caractère solidement trempé, héritage de ses origines irlandaises, elle savait se faire respecter dans ce monde d'hommes d'action.
- On se concentre Constantine ! Cinq au rapport.
- Cinq, compris.
L’ex-soldat lâcha une nouvelle rafale de son M30 sur une voiture de police. Des éclats de vitre brisée fusèrent en tout sens. Une balle ricocha sur le châssis et se perdit vingt mètres plus loin dans les fesses adipeuses d’un agent de police qui s’effondra, blessé dans son orgueil. Non loin de là, le capitaine Riggs, un gigantesque noir de cinquante-cinq ans se tenait derrière le sergent Falco.
- Par tous les saints, sergent, qu’est-ce que vous attendez ?! Arrêtez-moi ce carnage !
- Ok capitaine, faites diversion et je lâche mes fauves.
Le capitaine ajusta son gilet pare-balle.
- Bonne chance sergent. Et il sortit par la porte arrière de la camionnette.
Un policier lui tendit un mégaphone. Riggs balaya les environs du regard. Une dizaine de policiers, l’arme au poing, étaient recroquevillés à l’abri précaire de leurs voitures criblées de balles.
En quelques enjambées rapides, plié en deux, il rejoignit deux jeunes agents. Il s’accouda sur le coffre de la voiture et actionna le bouton du mégaphone.
- Monsieur Yeng, rendez-vous ! Toute résistance est inutile !
La réponse fut immédiate. Une rafale de M30 s’abattit avec fureur sur la voiture de police. Riggs eu juste le temps de s’abriter, une balle traversa le mégaphone.
- Allez vous faire foutre, bande de salopards ! Hurla Donnie la rage au ventre et il entreprit de vider son chargeur sur la voiture de police.
Les balles poinçonnèrent le métal du véhicule dans un déluge de bruit. Riggs et les deux agents se protégeaient des éclats de verres et de métal de leurs bras nus. Riggs grinça des dents et dit pour lui « Allez Falco, lance tes hommes ». Dans la camionnette, Falco ne restait pas inactif et il s’adressa à ses hommes dans un calme parfait.
- A tous... go, go, go !
Dans le même battement de cœur, les deux équipes pénétrèrent avec le plus grand silence dans l’espace confiné de l’appartement. Le cliquetis mécanique de l’arme automatique de Donnie rugissait dans la chambre à coucher. En quelques secondes, les trois agents de l’entrée principale avaient pris position dans le salon, dégagé la femme et le bébé dont les cris étaient couverts par la M30. La seconde équipe était entrée par la fenêtre du couloir desservant les différentes pièces de l’appartement. La porte de la chambre à coucher était ouverte et ils avaient repéré le forçat. Il était en tenue de camouflage, sur le lit reposaient une autre M30 et deux caisses de munitions.
Son chargeur vide, la bave aux lèvres, Donnie plongea la main dans la caisse et en retira une nouvelle bande de 30 cartouches. C’est à ce moment que le numéro deux jaillit dans la chambre l’arme en avant. Donnie bondit sur lui avec une rapidité de félin. Il attrapa la main gauche du policier et envoya ses jambes autour de son épaule. Déséquilibré, l’homme tomba en avant, Donnie toujours accroché à son bras. Au sol, ce dernier appliqua une rotation au bras de l’agent qui se brisa net. Derrière lui, le numéro un le braqua de son arme.
- Ne bougez plus ! Hurla-t-il en appuyant le canon de son arme sur le front de Donnie.
Le forçat dégagea l’arme avec une rapidité inouïe, saisi les chevilles de l’homme et envoya ses deux pieds dans son ventre. L’agent tomba à la renverse, tandis que Donnie, toujours dans le même mouvement retomba sur la poitrine de l’homme, et l’assomma d’un coup de coude en pleine tempe.
En dix secondes, presque la moitié de l’équipe du SWAT fut neutralisée. Le sergent en informa les trois équipiers restants.
- Un et deux sur le carreau, go, go, go !
Le numéro cinq pris position devant le couloir menant à la chambre à coucher. Trois s’y engouffra et passa devant l’encadrement de la porte ouverte de la chambre. En une fraction de seconde, il aperçu ses deux coéquipiers sur le sol et l’asiatique debout sur le lit, une M30 dans chaque main. Il eu juste le temps de se bouger de l’encadrement et de se plaquer au sol.
Ce fut l’apocalypse.
Donnie vida les soixante cartouches de 5.56 mm dans tous les sens. Les balles traversaient les murs de parpaing comme du beurre. Le mobilier fut réduit en poussière. Malgré leurs protections spéciales en kevlar, les agents trois et cinq furent blessés aux bras et aux jambes et une balle égratigna l’épaule du numéro quatre. Une fois les armes vides, hors de lui, complètement shooté, Donnie jeta son artillerie au sol et se précipita dans le couloir au moment où le numéro trois, atteint à la jambe, allait l’ajuster pour le descendre. Donnie lui envoya un coup de genou en pleine face qui lui explosa le nez dans une gerbe rouge avant de s’effondrer. Donnie se retourna. Un formidable coup de pied en plein ventre l’envoya culbuter au-dessus de l’agent inanimé.
C’était le numéro quatre, Ginger Constantine.
Un mètre soixante-quinze de muscles, et elle était fâchée.
- Petit enfoiré, tu aimes bien jouer des pieds et des mains ? Alors viens, you wanna dance ? Ironisa Ginger dans un sourire bestial. Elle ôta le chargeur de son MP5 qu’elle expulsa derrière elle, puis détacha la jugulaire de son casque en kevlar qu’elle expédia également dans les décombres de l’appartement, suivi de son harnais de protection. Sa chevelure auburn était retenue par un double élastique et quelques mèches rebelles encadraient l’ovale de son visage d’une blancheur d’ivoire piqueté de taches de rousseurs. Elle effectua un rapide kata et fixa l'asiatique de ses yeux émeraude.
Les yeux injectés de sang, Donnie se rétablit, hurla et chargea en envoyant une rafale de coups de poings... gauche droite gauche droite à une vitesse ahurissante. Ginger se protégea des avant-bras qui encaissèrent les coups de butoir. Il lui envoya un large crochet droit sur la pommette. Sa mâchoire craqua, ses dents grincèrent. Une détente puissante suivie d’un coup de pied direct dans le sternum fit reculer Donnie. Elle enchaîna avec une rapide manchette gauche en plein dans le visage de son adversaire directement suivi d’un large coup droit et fini le mouvement de rotation avec un coup de pied retourné dans le cou qui envoya Donnie valser dans le divan.
Par chance, le casque et les lunettes protectrices de Ginger étaient retombés sur un meuble. La micro caméra incorporée fonctionnait toujours et retransmettait une image fixe du salon transformé en zone de combat. Dans sa camionnette, le sergent Falco assistait à la mêlée sur l’écran numéro quatre. Les images des autres écrans bougeaient de temps à autre, preuve que ses hommes étaient toujours vivants mais sérieusement amochés.
- Pauvre Mr Yeng, il va passer un mauvais quart d’heure, dit Falco.
- Vous n’allez pas le pleurer tout de même, rectifia Riggs qui était remonté dans la camionnette pour assister à l’assaut. Ce salopard à descendu toute votre équipe en moins d’une minute!
- Rien de grave, ils s’en remettront se sont des durs à cuire. Mais quand Constantine est en pétard...
Au troisième étage du building, le combat faisait rage. Donnie se redressa, essuya l’amas de sang coagulé et de bave qui coulait de son nez et de sa bouche. Il fixa la jeune femme à travers la légère brume poussiéreuse du champ de bataille. Elle était en garde. Le poing gauche en avant, le droit juste derrière façon Moy Thaï. L’homme attaqua d’un coup de pied gauche qu’elle dévia. Il enchaîna directement d’un coup de poing large droit. Ginger anticipa le coup, avança la jambe droite en même temps qu’elle penchait son buste dans la même direction. Elle leva la jambe gauche et son genou arriva directement dans la gorge de Donnie. L’homme retomba durement dans les restes du divan. D’un puissant coup de rein, il se redressa et tenta un balayage droit que Ginger évita d’un petit saut. L’homme continua la rotation et expédia son pied qui arriva comme un obus sur son objectif. Ginger para le coup mais la puissance dégagée l’envoya contre le buffet qui s’effondra sous l’impact. D’un bon, Donnie survola les décombres et retomba sur la jeune femme avec une violence inouïe, lui assénant un coup de coude droit à la tête en même temps que son genou gauche lui enfonçait le thorax. Une fraction de seconde plus tard, Donnie ramassait le MP5 de Ginger, plongeait dans le couloir et s’engouffrait dans la chambre à coucher. Etourdie, la jeune femme secoua la tête, se redressa et bondit derrière lui.
Trop tard, il avait eu le temps de mettre un chargeur dans l’arme. Ginger apparu dans l’encadrement de la porte de la chambre. Donnie était debout sur le lit, l’arme pointée sur elle. Il appuya sur la détente. Le canon de l’MP5 cracha des flammes et les balles déchirèrent l’espace.
La rafale de trente cartouches dura exactement trois secondes et six dixièmes. Une éternité.
Dans la camionnette, les deux hommes étaient suspendus aux écrans, passant de l’un à l’autre à la recherche d’une image montrant les combattants.
Plus un bruit dans la rue, hormis un hélicoptère de police et un autre de la télévision qui survolait le quartier beaucoup plus haut. Les rayons de soleil tombaient à 45° dans la chambre donnant corps à la poussière ambiante. Dans l’ombre de l’encadrement de la porte, Ginger était debout, indemne hormis un léger filet de sang à la commissure des lèvres la joue gauche gonflée et l’épaule gauche en sang. Donnie tenait toujours l’arme pointée vers elle, le doigt crispé sur la détente.
Le temps était suspendu.
Pour l’ex-caporal, il était impossible de rater une cible à moins de trois mètres. Même sous l’emprise de la drogue, il constata que c’était anormal. La fille aurait dû être déchiquetée.
Et en effet, toutes les balles avaient été parfaitement tirées. Elles flottaient dans les airs à une coudée devant Ginger. Contenues dans un carré de soixante centimètres de côté. Ecrasées comme si elle avaient été s'aplatir contre un mur d’acier. Ginger montra ses dents blanches dans le plus parfait sourire angélique et les balles tombèrent sur le sol.
L’arme de Donnie fut prise d’une vie propre. Elle s’arracha de sa main et lui asséna un violent coup de crosse qui cassa deux dents et l’envoya contre le mur entre les fenêtres. Ginger bondit sur le lit, attrapa le poignet gauche et effectua une rotation dans son dos bloquant l’épaule du forcené. Donnie réagit d’un coup de rein, il se retourna et envoya sa bottine dans le menton de Ginger qui lâcha prise et tomba à la renverse. Donnie sauta sur la jeune femme et la roua de coups. Elle ceintura l’homme de ses jambes, croisa les pieds dans son dos et lui broya les reins.
Le cocktail drogue-adrénaline anesthésiait Donnie. Il ne ressentait plus la douleur. Ginger dû changer de tactique et utilisa ses pouvoirs psychiques. Elle se protégeait de ses bras. De ses poings fermés, elle joignit les index et les pouces de sorte à former un cercle.
Les sens de Ginger commencèrent à accélérer leur processus. Exactement comme une caméra qui film à du 72 images par seconde mais dont on regarde le film à la vitesse de 24 images par seconde, les gestes de Donnie furent ralentis tandis que les sons tombaient dans les graves.
Ginger concentra sa esprit et prépara un ishkal, une attaque mentale. Avec une rapidité surhumaine et une force impensable dans le corps de cette jeune fille, elle écarta les bras de son assaillant et lui jeta les mains grandes ouvertes au visage.
Une force brute, une énergie pure propulsa Donnie dans les airs. Il traversa la chambre à coucher, défonça le mur déjà perforé des multiples impacts de 5.56 et termina sa course sur le seul meuble du salon encore debout. Celui-là même où reposaient le casque et la caméra de Ginger.
Dans le fourgon du SWAT. Les deux hommes eurent un réflexe de recul lorsqu’ils virent le mur exploser suivi du vol plané de Mr Yeng qui atterrit sur la caméra. L’écran ne donna plus qu’un champ de points noirs et blancs.
- Et merde, hurla le capitaine Riggs et ponctuant d’un coup de poing sur une armoire. Je fais intervenir une autre équipe.
- Pas besoin, répondit le sergent Falco, faites-moi confiance. Mon agent est à son affaire, ce sera fini dans une minute.
- Falco, vous jouez gros sur ce coup. Si vous merdez, je vous fais casser !
Le sergent Falco regardait les autres écrans. Sur l’un d’eux, on distingua l’agent Constantine qui sortait de la chambre. Falco se concentra, bascula son cerveau en mode alpha et entra en communication zha, de la télépathie courte, avec l'agent numéro quatre.
- Constantine ! Je vous ordonne d’arrêter ce type maintenant ! Et n’utilisez plus vos ishkals ! Compris ?!
Dans l’appartement dévasté, Ginger s’accroupit devant l’ex- caporal. Le dos dans les décombres du petit meuble, les jambes étendues en V et le menton contre la poitrine, il était sonné. La fille lui redressa la tête. De la bave mêlée de sang, de morve et de poussière dégoulinait de sa bouche et de son nez. Ses yeux étaient révulsés.
La jeune fille répondit à son chef « A vos ordres sergent, mission accomplie, le forcené est neutralisé. Et j’arrête d’utiliser mes ishkals, donc on arrête zha. »
« La garce » dit-il tout haut.
- Pardon ? Que dites-vous ? demanda Riggs.
- Non... heu, rien... rien, bredouilla Falco. Je disais que la farce à assez duré, vous pouvez faire intervenir vos hommes. C’est fini là-haut.
- Vous êtes sûr ? Dit le capitaine en regardant les écrans.
Sur la numéro deux, on distingua Ginger qui s’adressa à l’agent. « Trains, debout mon gars », dit-elle en aidant l’homme à se relever. En voyant ces images, Riggs fut soulagé. Il ouvrit la porte de la camionnette et donna quelques ordres. Les policiers commencèrent à organiser l’intervention des secours.
Le sergent Falco restait devant les écrans et communiquait avec ses hommes. Hormis Hernandez, le numéro trois, qui était le plus amoché, le reste de l’équipe reprenait lentement ses esprits. Ginger avait entravé les mains de Donnie avec un coleçon et passait en revue chacun de ses coéquipier. Elle était occupée dans la chambre avec Ice, le numéro un, lorsqu’un cri retentit dans le salon « Constantine, attention ! ». Une ombre fugace passa dans le couloir. Ginger bondit. Elle eu juste le temps d’apercevoir Donnie qui venait de passer par la fenêtre ouverte du couloir. La même fenêtre que son équipe avait empruntée et qui donnait sur l’escalier de secours sur le côté est du bâtiment.
- Le fils de p... Râla Ginger dans une grimace. Tu commences vraiment à me gonfler !
Elle enjamba la fenêtre et en se penchant sur la frêle rambarde, constata que Donnie était déjà deux escaliers et un étage plus bas. Sans hésiter, elle se jeta dans le vide.
Quelques spectateurs virent avec horreur la jeune fille tomber vers le sol à toute allure. Le spectacle de son corps se fracassant sur la terre battue leur fut heureusement épargné par la palissade de planches que monsieur Smith, le propriétaire de l’immeuble, eut la bonne idée de dresser quelques années plus tôt pour embellir l’ensemble. Ce qu’ils ne s’expliquèrent pas quelques minutes plus tard, ce fut de voir cette même jeune fille pétante de santé, quoique légèrement blessée, sortir du bâtiment en tenant fermement le jeune Donnie Yeng avant de partir dans la camionnette du SWAT et de ne plus jamais entendre parler d’elle.
Pour eux, cela restera une histoire à raconter les longues soirées d’hiver.
En réalité, pour Ginger Constantine, l’aérokinésie et la télépathie étaient comme marcher et parler pour le commun des mortels. Sauter par-dessus cette rambarde et cueillir Donnie au pied de l’escalier fut un jeu d’enfant. L’ex-caporal, tout heureux d’entrevoir la liberté, reçu un double choc en arrivant en bas de l’escalier de secours. Le premier fut de voir cette fille debout devant lui, comme si elle l’attendait, alors qu’il venait de la laisser dans son appartement trois étages plus haut. Et le second fut cet ordre, ce cri monstrueux, ce « Garde-à-vous ! », qui l’immobilisa et le cloua sur place. Le plus étrange pour Donnie, et il le jurera jusqu’à sa mort, était que cet ordre ne fut pas verbal. La bouche de la fille ne s’ouvrit pas. Cet ordre paralysant il l’entendit dans sa tête.
Pour Donnie Yeng, ce 28 juillet 2010 fut le jour où il perdit la face contre un démon tout droit sorti des enfers.
Un démon au sourire angélique.

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