III - Falco

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Sur le chemin du retour, à l’arrière de la camionnette, le sergent Falco débriefait son agent numéro quatre, le seul rescapé de l’équipe qui n’avait pas dû partir en ambulance. Comme elle, bien que d'une sphère supérieure et issu d'un autre clan, Falco était un tonahuac.

Ils étaient les deux seuls agents du SWAT ayant de telles capacités et prenaient toutes les précautions voulues pour conserver l'anonymat de leurs talents de mentaliste. Mais freiner et contraindre de tels pouvoirs exigeait une concentration de tout les instants.

— Vous avez fait un sacré beau boulot aujourd’hui, Constantine. Je veillerai personnellement à ce que vous soyez médaillée pour votre bravoure.

Assise en face du sergent, Ginger contrôlait son équipement qui avait bien souffert pendant l’assaut.

— Vous savez très bien que j'en ai rien à faire des médailles. Si vous voulez me faire plaisir, donnez-moi un autre Mr Yeng, qu’on puisse s’amuser.

Falco se rembrunit et fronça les sourcils.

— J’apprécie les agents qui ont du cran mais je déteste les revanchards. Vous êtes payée pour rétablir l’ordre et faire régner la loi. Et certainement pas pour laisser libre cours à votre rage et à votre frustration ! Les salles de sport sont là pour ça !

Ils échangèrent un regard dur. Falco lui adressa un message en zha.

Et surtout, je vous interdis à l’avenir d’utiliser vos ishkals dans le cadre des opérations du SWAT. Gardez cela pour votre mission principale, vous en aurez bien besoin. Et puis pourquoi êtes-vous si agressive ces derniers temps ?

Ginger baissa le regard.

Ma mission… Justement, je dois vous demander une chose, maître.

— Qu’y a-t-il ? Enchaîna-t-il à haute voix.

La jeune fille marqua un temps d'arrêt pour mettre de l'ordre dans son commentaire.

— Avez-vous reçu les résultats des test ADN de Zeltzin ?

Falco haussa les sourcils.

— Expliquez-vous...

— Enfin, ce type est tout sauf un héro. Ses modèles sont tirés des films et des comics de science-fiction. Il a punaisé un poster grandeur nature du dernier film de Batman dans le hall. Le réchauffement planétaires, la faim dans le monde, le racisme... toutes ces grandes causes lui sont totalement étrangères. Il ne regarde même pas les nouvelles et ne lit aucun journal. Ses seuls points d'intérêt sont ses gadgets électroniques, son iPod, sa bagnole et son Mac. C'est un gosse atardé, un geek, un looser ! Alors je me dis qu'on s'est peut-être planté. Ce n'est peut-être... je rectifie, ce n'est certainement pas le bon type.

— Je vois.

Il ôta le gant de cuir de sa main droite et plaça tois doigt sur le côté du visage de la jeune fille, créant ainsi un pont tactile psychokinétique.

Ils fermèrent les yeux. L'écran mental de la jeune fille fut envahi par une double spirale torturée d'un bleu irridescent sur fond noir. Une miniature de Falco apparu devant l'écran, donant l'impression d'être dans une salle de cinéma. La miniature pris la parole.

— Ceci, est la molécule d'acide désoxyribonucléique d'un être humain. Vous remarquerez la double-hélice classique composée de deux brins complémentaires.

Une nouvelle image vint s'appuyer sur la première. Fort semblable, elle portait toutefois de subtiles différences et semblait plus dense.

— Voici l'ADN du père de Fogazzaro. Il est en tout point identique à celui de sa mère, que voici.

La première représentation glissa et une nouvelle double-spirale vint se placer juste à côté.

— Ces deux images sont identiques et pourtant ce sont bien les parents de Gilles. Voici enfin l'ADN de Tenoch, le fondateur de l'école du Nân et notre plus grand guide.

L'une des images s'effaça et apparu la représentation de deux doubles-hélices imbriquées d'une complexité remarquable.

— Tenoch à fait partie de votre cursius. Vous connaissez donc l'étendue de ses pouvoirs et de son empreinte sur ce monde. C'est grâce à la composition tout à fait unique de son ADN qu'il put devenir l'un des homme les plus brillant de toute l'histoire. Dépassant de beaucoup les prophètes, saints et autres demis-dieux de toutes les religions humaines. Voici le résultat du test ADN que nous avons reçu il y a quelques jours.

L'image de l'ADN de Tenoch fit un pas de côté et une dernière représentation vint s'afficher. Identique en tout point à l'ADN de Tenoch.

— Et oui Constantine. Votre ami Gilles, ou peu importe comment vous l'appellez, à exactement les mêmes gênes que Tenoch!

Falco rompu le pont tactile et ils revinrent à la camionnette du SWAT.

Malgré l'évidence, Ginger restait perplexe. Elle ne pouvait imaginer cet homme en sauveur du genre humain. Et pourtant les scientifiques Tlalli étaient redoutable d'efficacité. Leurs résultats ne pouvaient être remis en cause. Mais tout cela n'arrivait pas à cacher l'essentiel : c'était justement ces faiblesses latentes et le manque de maturité de Gilles qui lui plaisaient. Elle craquait lentement pour ce type. Son bas-ventre pris feu et une douce chaleur l'envahit. Elle s’entulipa et son rythme cardiaque accéléra. Le subtile changement dans ses phéromones et son soudain état de fébrilité n’échappèrent pas à l’empathie de Falco, il compris avant qu’elle ne s’exprimât « Vous êtes amoureuse ! » conclut-t-il. La jeune fille le fixa de son regard d’émeraude. Elle compris instantanément qu'elle devait jouer carte sur table.

— Je ne suis pas amoureuse... Il me plaît. C'est normal, je ne suis pas une machine. Il y a plus de six mois que nous vivons ensemble. Il est fragile, attentionné et tendre. J'adore comme il me fais l'amour, c'est vrai mais cela ne ve...

Le sang de Falco ne fit qu’un tour. Cette jeune idiote allait tout faire foirer.

Il la fixa en serrant les dents et ne lui laissa pas le temps d'achever sa phrase. Ginger se raidit. Ses bras se plaquèrent le long du corps. La main d’un géant invisible venait de l’empoigner tel un étau, elle suffoqua. Elle fut brutalement soulevée de terre et plaquée contre le plafond métallique du fourgon. Falco, qui utilisait ses redoutables pouvoirs psychiques, ne la quittait pas des yeux. Ginger tenta de parer l’attaque, mais son maître la surclassait et elle dû rapidement abandonner sous peine de perdre toutes ses forces et de s’évanouir.

— Vous êtes une petite idiote écervelée ! Lui lança-t-il à haute voix. On vous a demandé de surveiller et de protéger le tlazopilli, pas d’en tomber amoureuse ! Choisir un membre du Serpent parmi les fratries est judicieux, mais je savais qu’il était dangereux d’affecter une femme à cette mission. Justement parce que Gilles Fogazzaro est un homme intelligent, brillant et formidablement cultivé dont une jeune fille pourrait aisément tombé amoureuse. Le seigneur Huémac ne m’a pas écouté et aujourd’hui… bingo… voilà où on en est ! Aah… J’enrage !

Il fracassa plusieurs fois le corps déjà meurtri de la jeune fille contre le toit du véhicule.

Incapable de bouger ou de parler, Ginger souffrait terriblement. Elle respirait bruyamment. Sa vue se brouilla. Falco s’aperçut de la grande faiblesse qui envahissait l’esprit de le jeune fille. Il se ressaisit et relâcha légèrement son emprise afin qu’elle ne s’évanouisse pas.

— Ecoutez-moi très attentivement. Je dois connaître la réelle puissance de votre amour et mesurer le danger que cela représente pour la mission. Vous devez me livrer le passage de votre tlacoehua et me laisser sonder votre teyacapan. C’est un ordre !

— V… vous avez prêté… le Serment… le Nân. Vous ne pouvez… pas. Articula-t-elle dans un souffle.

— Que dites-vous ? Je ne peux pas à cause du Nân ? Mais vous allez m’en donner la permission et tout de suite encore ! Sans cela je serai obligé de révéler cette idylle au seigneur Huémac et que pensez-vous qu’il ferait ? Hein ?! Le ton de Falco devenait très agressif. Il s’était rapproché de Ginger et colla son visage déformé par la colère à deux centimètres du nez de la jeune fille.

— … Il se ferait une joie d’en parler à la Matriarche des Serpents. Non seulement vous seriez remplacée sur le champ mais vous risqueriez d’encourir un bannissement !

Ginger était au comble de l’horreur. En définitive, était-elle réellement amoureuse comme le supposait son mentor ? Sa mission était plus importante que sa propre vie. Tout son peuple attendait l’éveil du tlazopilli. Comme elle regrettait de ne pas être une fille comme toute les autres. De pouvoir juste profiter ce cet amour naissant comme une jeune femme ordinaire.

Elle dû se résoudre à céder au chantage.

— D… D’accord. Je vous laisserai faire mais libérez-moi.

Falco relâcha son étreinte psychique. La fille retomba sur le siège, pris une profonde inspiration, toussa quelques fois. Elle massa sa gorge et refit sa queue de cheval.

— Voilà, dit-elle, je suis prête. Je vous laisse faire au nom de notre peuple. Elle fixa l’homme, ses yeux semblèrent s’agrandir. Puis elle ajouta télépathiquement :

Vous allez tout savoir de moi. Prenez garde, maître, si jamais vous utilisez une partie de mon être à vos fins, je vous tuerai.

Ne soyez pas inquiète Constantine, souligna le sergent Falco dont la rage était passée, je suis un homme intègre, vous le savez. Je fais cela dans votre intérêt et dans celui de notre peuple et non à des fins personnelles. Soyez-en assurée.

Il concentra son esprit puissant sur celui de son disciple et entra dans son jardin secret.

Pour la première et dernière fois de sa vie, Ginger subit le douloureux et inoubliable acte de viol de l’esprit, plus monstrueux encore que celui de la chaire.

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