Chapitre 1 - Le jour d’après (9)

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Samedi 18 juillet 1964, maison de Frédéric, Lausanne

Pendant qu’Urbain était sorti pour aller chercher son matériel, Koen s’était déshabillé et couché sur le canapé de cuir brun, laissant son slip bleu ciel.

— Ça va ? lui demanda Frédéric. Tu as l’air inquiet. Je vais te mettre un coussin sous la tête, tu verras mieux ce qui se passe.

— C’est vrai, je suis inquiet, je ne sais pas si j’ai bien fait d’accepter.

— Tu n’hésites pourtant pas à demander à tout le monde de te montrer sa queue, si possible en érection, tu vois que certaines personnes peuvent trouver cela désagréable.

— Tu penses qu’Urbain me montrera la sienne après ? Lui, il doit avoir l’habitude, avec ces réunions dans ce château.

— Peut-être, si tu fais tout ce qu’il te dit.

Frédéric embrassa Koen pour l’encourager.

— Désolé les amoureux, je suis là, les interrompit Urbain.

Il posa sa valise noire par terre et l’ouvrit.

— C’est le matériel indispensable pour faire profiter les autres de mon expérience.

— Vous vous définissez comment puisque vous ne vous prostituez plus ? demanda Frédéric.

— Disons que je suis un thérapeute sexuel amateur, je mets des petites annonces dans le magazine [i]Der Ring[/i] et j’ai un certain succès. Je le fais bénévolement, mais on me donne souvent un cadeau. Je vais vous montrer quelques-uns de mes accessoires, je vous rassure, je ne vais pas les utiliser tous aujourd’hui si Monsieur Koen est sage.

Urbain leur présenta divers objets :

— Tout d’abord une collection classique de godes en diverses longueurs et grosseurs.

— Il y a des hommes qui peuvent mettre le plus gros dans leur derrière ? fit Koen. Je m’inquiète pour leur santé.

— Bah, il est à peine plus gros que ma bite. Non, je plaisante. Il faut un certain entraînement, ce n’est pas pour les puceaux débutants comme vous.

— Je ne suis plus puceau, objecta Koen.

— On peut en discuter, dit Frédéric, je ne t’ai pas encore sodomisé, ce sera pour cette nuit, dans l’intimité de ma chambre.

— Voici ensuite des dilatateurs d’urètre, continua Urbain.

— En tant que futur médecin, fit Koen, je pense qu’on devrait les réserver à la pratique médicale.

— Je prendrai un rendez-vous lorsque tu auras un cabinet, dit Frédéric, j’expliquerai à ta secrétaire pourquoi je viens.

— J’ai aussi des cordelettes. Lorsque je fais de l’edging au château, il y a une salle spéciale avec un plan incliné sur lequel j’attache mes « patients ». Ici ce ne serait pas pratique, mais je vous demanderais de laisser vos bras le long du corps sans les bouger, sinon je devrais aussi vous attacher. J’ai encore un masque en cuir. Vous ne devrez pas parler sinon je vous le mettrais.

— Ce sera un exploit si Koen ne parle pas, dit Frédéric en riant, je pense que c’était un masque utilisé pendant les épidémies de peste.

— Il n’y a plus d’épidémies de nos jours, dit Koen, la médecine a évolué et permet de lutter efficacement contre les maladies infectieuses.

— Tais-toi, ordonna Frédéric, sinon Urbain te masquera.

— On va commencer, je rappelle les consignes : ne rien dire et ne pas toucher votre zizi. Le but de l’edging est simple : vous approcher le plus possible de l’orgasme puis vous retenir. Je vais essayer de vous aider, mais je ne vous cache pas que les novices ne tiennent pas longtemps.

Koen voulut dire qu’il n’était pas un novice, mais il se retint à temps. Urbain enleva sa chemise, dévoilant un torse musclé avec un six pack, puis s’assit sur une chaise au bord du canapé. Koen fut impressionné, il se dit qu’il était préférable d’obéir. Frédéric regarda sa montre pour voir combien de temps son ami tiendrait.

— Je vais tout d’abord tester les zones érogènes, expliqua le chauffeur.

Il appuya sur le point du périnée entre le scrotum et l’anus, sur l’étoffe du slip, Koen ne réagit pas beaucoup, le thérapeute enfonça ensuite le doigt dans le fondement, Koen sembla apprécier.

— Bon signe pour la pénétration, je vais essayer encore les tétons.

Koen était très sensible à cet endroit, une bosse se forma immédiatement dans le slip.

— Excellent, je pourrais mettre des pinces, mais je préfère une stimulation manuelle la première fois.

Urbain caressa délicatement le pénis sur le tissu du slip, le mit en travers, jusqu’à ce qu’il obtînt une belle érection. On devinait le contour du gland, Urbain se concentra sur le frein et la couronne, ainsi que sur les tétons. Il s’arrêtait, recommençait lorsqu’il sentait que la tension retombait. Du liquide traversa le tissu.

— Parfait, dit Urbain, puis, se tournant vers Frédéric : Que pensez-vous des slips bleu ciel, Monsieur ?

— Ce n’est pas ma couleur préférée.

— En avez-vous parlé à votre ami ?

— Pas encore, nous ne nous connaissons que depuis deux semaines.

— De plus celui-ci a un trou, je pense que nous pouvons le sacrifier.

Koen voulut protester, il réussit cependant à rester coi.

— Je t’en donnerai un autre, dit Frédéric, j’en ai des neufs et nous avons la même taille.

Urbain prit des ciseaux dans sa valise et découpa l’étoffe, libérant le pénis érigé qui se déploya.

— Qu’en pensez-vous ? demanda Frédéric.

— J’en ai évidemment vu des plus grosses, mais je l’aime bien, vous avez bien choisi.

— Je n’ai pas choisi, c’était le hasard et la nécessité, la masturbation étant une branche quasi obligatoire dans notre école, je devais prendre ce que j’avais sous la main. Vous pourriez venir nous donner des cours d’edging.

— Je le ferais volontiers, mais je vous rappelle que je suis le chauffeur de votre père et que je suis payé pour le véhiculer, pas pour branler des étudiants en rut.

— Je lui en parlerai. Il pourra certainement vous donner un ou deux jours de congé. Je vous offrirai un cadeau pour compenser.

Koen voulut dire qu’il avait compris la technique et qu’il pourrait se charger lui-même de branler les étudiants, il se rappela du masque et se tut.

— Je préfère les hommes qui se rasent le pubis, la bite et les couilles. Le prépuce est bien rétracté chez votre ami, mais j’aime mieux les pénis circoncis, c’est personnel et je ne l’imposerais à personne.

— Vous êtes circoncis vous-même ? Si je peux me permettre cette question intime.

— Bien sûr.

— Comme Koen ne doit pas parler, je désirerais vous demander si vous pourriez lui montrer votre pénis après la séance. Il le verra de toute façon si nous sommes admis dans votre…

— Notre confrérie, nous appelons ça une confrérie, la Confrérie de Vincelard. Je ne vais pas vous répondre tout de suite, sinon il va jouir pour gagner du temps. Concentrons-nous d’abord sur notre exercice.

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