Chapitre 16 – Dans la tempête
La tempête faisait rage ce jour-là.
Tout au long de la journée, le vent s’était accentué progressivement. Une alerte aux vents forts et violents avait été émise par les autorités. Il était conseillé de rester chez soi, calfeutré, à partir de vingt heures.
Le vent soufflait fort.
Je peinais à trouver le sommeil. Il était déjà une heure du matin. Je tournais et me retournais dans mon lit. Le bruit sifflant et incessant du vent m’empêchait de me concentrer.
J’essayai alors de provoquer un rêve lucide.
Mais cela s’avéra plus complexe que d’ordinaire. Le calme et la tranquillité d’esprit nécessaires me faisaient défaut.
Je me relevai et pris une infusion pour m’aider à dormir. Elle eut au moins le mérite de m’assoupir légèrement.
Je tentai le coup.
J’ouvris les yeux, ignorant si je me trouvais dans un rêve ou dans la réalité. La tempête faisait toujours rage.
Je décidai de faire le tour de mon appartement à la recherche d’un signe. Je tentai avec ma tasse. J’y versai du thé et l’amenai dans le salon, puis je retournai dans la chambre. Elle ne m’avait pas suivi. Ou plutôt, elle ne m’attendait pas sur mon bureau.
Les posters et les affiches ne changeaient pas non plus.
Idem pour la salle de bain.
Je commençai à me dire que j’avais échoué. Que j’étais simplement éveillé.
C’est un détail qui me fit comprendre que j’avais réussi.
La pendule s’était immobilisée. Figée à une heure trente.
Tout comme l’heure affichée sur mon téléphone portable.
Je ne l’avais pas remarqué tout de suite. Et le tic-tac s’était tu.
Je sortis à nouveau de la chambre. La tasse était toujours là, posée sur la table du salon. Je décidai de m’asseoir et de savourer ce thé onirique. J’en humai le doux parfum de pêche et de mangue.
Je fermai les yeux un instant.
Soudain, l’apeuraisement survint.
Je relevai la tête et ouvris les yeux.
Assis sur la chaise en face de moi, la tête légèrement penchée, la main la soutenant, il était là.
Je le regardai puis le fixai. Tout en sirotant ma tasse de thé.
Je ne saurais dire combien de temps ce moment dura. La tasse semblait sans fond. La quantité ne diminuait pas. Et lui, il était là.
Dehors, le vent tempêtait toujours. Fort.
Mais je ne l’entendais presque plus.
J’étais comme hors du temps.
Comme retenu par sa présence.
Je baillai finalement. Une fois. Puis deux. Puis une dernière fois, plus longuement.
Sans dire un mot, sans exiger quoi que ce soit, je sentis à nouveau cette invitation discrète me pousser à regagner la chambre.
Je me glissai dans mon lit sans vraiment m’en rendre compte.
Quand j’ouvris les yeux, la tempête avait laissé des traces visibles.
La fenêtre, les volets, l’extérieur portaient les marques de son passage.
Défait.

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