Chapitre 17 – Sur le pas de ma porte
Je rentrai précipitamment de ma journée, presque en courant. Le mauvais temps n’en finissait pas.
En montant l’escalier menant à mon appartement, je m’arrêtai brusquement, comme saisi.
Impossible, pensai-je.
Et pourtant....il était là. Figé, impassible, son aura terroveillante se diffusant telle une onde parfaitement réglée à la bande passante de mon système nerveux.
Juste là, sur le palier, devant ma porte d'entrée.
Pourtant, il faisait encore jour. À peine, mais suffisamment pour que cela me trouble.
J’aurais juré avoir croisé la voisine du rez-de-chaussée. Ou peut-être pas.
En y réfléchissant… les lumières du couloir me semblaient différentes. Plus orangées, comme filtrées.
Alors je rêvais.
Sans même en avoir conscience.
La journée s’était déroulée comme d’habitude. Du moins, c’est ce que je croyais.
Je me souvenais avoir travaillé. Être allé au bureau. Avoir déjeuné dehors, un sandwich acheté à la hâte, mangé en marchant dans le parc.
Mais quelque chose résistait.
Où est-ce que cela avait cloché ?
De quoi ne me souvenais-je pas ?
Je tentai de faire le vide. De me rappeler.
Rien.
Et lui était là. Devant ma porte. Adossé sur le côté. La posture droite. Me regardant. Sans émotion, comme toujours.
Je sortis mes clés et m’approchai doucement.
Aucun ordre contraire ne me fut transmis.
Lorsque j’arrivai presque à hauteur de la porte, elle s’ouvrit d’elle-même.
Pour entrer, je devais le frôler.
Je marquai un temps d’arrêt.
Allait-il m’arrêter ?

Annotations