Chapitre 1

2 minutes de lecture

Je cours.

Mes pieds martèlent le sol humide, glissent sur les racines, s’enfoncent dans la mousse.
La forêt est dense. Suffocante.

Les branches griffent mes bras. Mon souffle est court, arraché à mes poumons comme une plainte.

Je fuis.

Derrière moi, les craquements se rapprochent. Des pas lourds, précipités.

C’est mon père.

Il hurle mon nom dans la nuit.

Et c’est lui que je fuis.

J’ai fugué. Maintenant, il me traque comme une bête blessée.
Je ne dois pas ralentir. Je ne dois pas tomber.

S’il m’attrape…

Je suis morte.

Alors je cours.

Le cœur au bord de l’explosion, les jambes en feu, je me fraye un chemin à travers toutes ces ombres.

Plus loin, j’aperçois une lueur.
Une ouverture entre les arbres.

Je m’y précipite.

Mais ce n’est pas une clairière.

C’est une falaise.

Je m’arrête net.

Le vide s’ouvre devant moi, immense, noir, insondable.
En contrebas, la mer gronde, agitée par le vent nocturne.

Je vacille.

Je recule d’un pas.

Derrière moi, la voix de mon père déchire la nuit.

— KARA, FAIS PAS ÇA !

Si je reste, il m’attrape.

SI je saute…je meurs peut-être.

Trop tard.

Je saute.

Le monde bascule.

Le vent me lacère la peau. Le cri de mon père disparaît dans le tumulte. La chute semble interminable. Le temps se dilate.

Je ne pense plus. Je ne suis plus qu’un corps en chute libre.

Puis l’eau. Un choc brutal. Une lame glacée qui me transperce.

Je coule. Les ténèbres m’avalent. Mes poumons brûlent. Je ne respire plus.

Je pense à toi, maman.

À ton sourire, à ton absence, à ce vide.

Puis…

plus rien.

Le monde s’effondre d’un coup.

Plus de bruit. Plus de lumière. Plus de douleur.

Juste un gouffre noir qui m’engloutit.

Je ne tombe plus. Je n’existe plus. Je flotte dans un vide sans forme, sans temps, sans corps. Un silence épais, presque liquide, m’enveloppe. Je ne sais pas si je respire. Si je suis encore vivante.

Et puis quelque chose m’enlace.

Pas un souvenir.

Pas un rêve.

Quelque chose de réel.

Une pression autour de moi.
Ferme. Chaude.

Presque humaine.

Serait-ce la mort…

dans un dernier instant ?

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