Chapitre 14
Les jours suivants furent doux.
Lents.
Différents de tout ce que j’avais connu.
Calywen m’apprit à respirer, à écouter, à sentir la magie sans qu’elle me submerge.
Il ne parlait jamais trop.
Il me laissait découvrir par moi‑même.
Les fées venaient souvent se poser sur mes mains, attirées par quelque chose en moi que je ne comprenais pas encore.
Elles vibraient doucement, comme si elles me reconnaissaient.
Un matin, l’une d’elles se posa sur ma joue.
Je sursautai, mais elle resta là, tranquille.
— Elles t’aiment bien, dit Calywen.
— Pourquoi ?
— Parce que tu ne leur fais pas peur.
Je souris.
Le soir, nous marchions dans le monde lumineux derrière la souche.
Les pierres flottantes brillaient doucement.
Les fleurs phosphorescentes s’ouvraient à notre passage.
— Cet endroit… il me semble familier, murmurai‑je.
— C’est normal. Ta mère venait souvent ici.
Je me tournai vers lui.
— Tu la connaissais bien, n’est‑ce pas ?
Il resta silencieux un long moment.
Puis :
— Elle m’a sauvé la vie. Et elle m’a appris à vivre.
Je sentis mon cœur se serrer.
— Tu l’aimais ?
Il ne répondit pas tout de suite.
Il regarda les fleurs, les fées, la lumière.
— Je lui dois tout. Mais ce n’était pas… de l’amour comme tu l’entends. C’était autre chose. Un lien... Une promesse.
Je baissai les yeux.
— Et moi… je suis quoi, pour toi ?
Il se tourna vers moi.
Ses yeux dorés étaient plus doux que je ne les avais jamais vus.
— Tu es celle que je dois protéger. Celle que ta mère m’a confiée. Et… celle qui doit apprendre à marcher dans un monde qui la reconnaît déjà.
Je ne savais pas quoi répondre.
Alors je restai là, à ses côtés, à regarder les fées danser dans la lumière.

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