36 - Hiloy : Faudrait voir à ne pas oublier qui je suis quand même
Avant que le jeune homme ne puisse réagir, les deux attaquants se retrouvèrent tirés en arrière. La Cinquième les regarda tomber, abasourdie. Elle chercha une explication à ce qu'il venait d'arriver et aperçut Bélera qui tirait sur leur chaîne. Les deux adversaires se relevèrent, se tournant vers ce nouvel opposant. Hiloy se précipita pour l'aider, quand son élan fut coupé par une douleur qui lui traversa le corps. On tirait sur sa chaîne.
La Cinquième se retourna pour voir la fille derrière elle qui avait saisi leur lien pour l'empêcher d'avancer. Elle est avec eux ? L'adolescente enroula progressivement la chaîne pour la forcer à se rapprocher. Hiloy ne lutta pas et marcha droit sur la fille qui ne s'attendait visiblement pas à cette réaction. D'un coup rapide du tranchant de la main sur la gorge, elle l'immobilisa. Alors que son adversaire se saisissait le cou, Hiloy chercha rapidement le mécanisme pour détacher sa chaîne. L'adolescente se retourna alors vivement du côté de Bélera, passa la chaîne autour de la gorge du garçon et le fit reculer. Avec un seul bras libre, l'héritière d'argent compta sur sa capacité de fuite pour éviter les coups de l'autre fille. Hiloy ne serra pas suffisamment pour étrangler le garçon, juste assez pour le maintenir à genoux, resserrant sa prise aux moindres mouvements.
Soudain, Falibi fit voler d'une bourrade l'adversaire de Bélera, puis l'assomma d'un coup de pied en plein visage. La fille à l'autre bout de sa chaîne semblait avoir suivit sans comprendre ce qu'il se passait. Elle fixait les alentours avec une expression hagarde. Hiloy allait parler, quand un bras se mit à l'étrangler. L'adolescente s'était apparemment remise du coup reçu. Falibi se précipitait déjà pour l'aider quand la pression se relâcha. La Cinquième reprit son souffle en jetant un coup d'œil par dessus son épaule. Lyert s'était à son tour saisit de la jeune fille. A ce moment tout s'arrêta. Hiloy réalisa que les surveillants les entouraient. Le jeu avait été stoppé.
Une main lui saisit le bras brutalement lui arrachant un grognement de douleur. Le surveillant qui la tenait ne remarqua qu'alors, la plaie dans son dos. Pendant que les autres se saisissaient des trois attaquants, de Falibi, Bélera et Lyert, l'homme lança :
-J'emmène celle-ci à l'hôpital.
Hiloy ne se rendit compte qu'à cet instant à quel point son cœur battait à tout rompre, à quel point elle avait eu peur. La Cinquième se laissa entraîner jusqu'à une salle de soin.
-Encore vous ?
En levant la tête, Hiloy reconnu le médecin à qui elle avait demandé des soins rapides pour Laxo. La Cinquième n'était pas d'humeur à répondre, tentant encore de reprendre ses esprits et de réaliser ce qu'il venait de se passer. On l'ausculta avec soin, s'assurant que le coup porté dans le dos était le plus grave.
-Souhaitez-vous des soins rapides ?
Hiloy hocha la tête. Elle ne pouvait apparemment pas se permettre de paraître faible pendant ne serait-ce qu'un jour. De plus, dormir à l'hôpital n'apportait qu'une sécurité minimum, il fallait qu'elle puisse dormir dans sa chambre. Son corps commençait à devenir douloureux. L'adolescente s'était calmée, devenait plus lucide.
Au moment où on lui faisait l'injection, la porte s'ouvrit sur le directeur, escorté par des surveillants. Soucieux, il commença à parler avant même qu'Hiloy n'ait le temps de le saluer :
-Je tiens à ce que vous sachiez que le nécessaire a été fait. Nous avons recueilli les témoignages des personnes ayant participé....
Il avisa l'aiguille et le liquide argenté :
-Bien sûr, vos soins sont à nos frais.
Hiloy ne s'intéressait pas à ça :
-Vous avez arrêté ceux qui m'ont attaqué.
Le directeur s'empressa de répondre :
-Oui, bien sûr. Ne vous inquiétez pas, ils seront renvoyés chez eux dès ce soir.
Elle n'en croyait pas ses oreilles :
-Renvoyez chez eux ? Ils ont essayé de me tuer.
L'homme hésita, gêné par sa réaction :
-Eh bien, on n'a pas pu établir à qui appartenait l'arme...
Hiloy le coupa :
-La fille avec une cicatrice sur les lèvres, c'est elle qui avait le poignard en premier.
Le directeur leva les mains dans un geste apaisant :
-Je pense que vous devriez vous reposer. Nous en reparlerons quand vous irez mieux.
Bah non, puisqu'ils partent ce soir.
-Vous faites ce que vous voulez, mais si vous ne vous occupez pas d'eux, ma famille s'en chargera.
Faudrait voir à ne pas oublier qui je suis quand même. Hiloy n'aurait jamais imaginé qu'elle ait un jour ce genre de pensées. Le directeur tenta :
-Vous devriez vous reposer avant de prendre des décisions si importantes.
L'adolescente évita de s'attarder sur le sujet :
-Où sont mes amis ?
-Si vous parlez des personnes de votre classe, elles ont été libérées après avoir été entendues.
Encore heureux.
-Je vais vous laisser maintenant. Nous en reparlerons quand vous irez mieux.
Il s'imagine que je vais tomber dans les vapes ou quoi ? Pourquoi il veut tellement que je me repose ? Le directeur sortit, s'écartant juste à temps pour éviter de rentrer dans Elférad qui poussait la porte.
-Je vois que vos amis vont vous tenir compagnie. C'est très bien.
Hiloy fixa l'homme mal à l'aise qui s'éclipsait en se disant qu'il devait avoir de sérieux problèmes. Quand la porte se ferma derrière lui, elle se tourna vers Elférad et ses héritiers d'argent.

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