Chapitre 1
Isida
Lundi 1er septembre 2025, 12h26, lycée Marianne, France.
Le bus s’arrête juste devant mon lycée. Les portes s’ouvrent et toutes les premières en descendent.
Tous, sauf moi.
J’attends patiemment que le véhicule se vide.
Je suis la dernière lycéenne à quitter le bus.
— Au revoir ! je lance au conducteur qui maugrée des injures sur ma lenteur à “foutre le camp” – comme je l’ai entendu dire.
Je mets un pied dehors mais, déjà, le véhicule commence à avancer.
La brise devient légèrement plus violente et se met à agiter mes mèches de cheveux. Le sol, lui, se met à bouger à toute vitesse !
« EH !! J’SUIS PAS ENCORE DESCENDUE !!! »
Des gens crient, apeurés. D’autres filment et ricanent.
Vite, je saute ! – à temps, visiblement, car juste après, le bus accélère pour disparaître après le rond-point.
Je me réceptionne sans mal sur le goudron, à quelques mètres de l’arrêt auquel je devais descendre.
Wahhhh…
— Isida ! Tout va bien ?! s’exclame soudain une voix inquiète.
— Mais oui, Em ! La marche du bus n’est pas si haute ! rétorque une autre.
Deux bras m’attrapent soudain à la taille et me serrent si fort que je crois étouffer. Une autre paire se joint aussitôt à cette étreinte non consentie – et que j’avais justement tentée d’éviter.
« Help… On m’étrangle !
Nan mais franchement, c’est un câlin de retrouvailles ou une tentative de meurtre ?! »
Pourtant, je rends tout de même hommage à nos retrouvailles et je serre aussi les deux filles.
Oh oui, car ce sont deux filles. Mes deux meilleures amies – pour être plus précise.
La blonde, là, aux yeux bleus, c’est Émilie – “Em” pour les intimes.
(Nan, ça ne se prononce pas “Eume”, ça se prononce “AIME” (ou “M”) )
Hm… je crois bien qu’avec Émilie, on se connaît depuis genre… TOUJOURS !!
Bah, eh ! On est voisines aussi !
C’est vrai ! Quoi ? Bon, ok, on a légèrement… quatre ou cinq maisons qui nous séparent mais…
OK !! On a peut-être deux ou trois TOUTES PETITES rues d’écart. En fait, je crois que nos mères se sont rencontrées à la fête des voisins alors qu’elles étaient enceintes ou je ne sais pas quoi.
Du coup, on a grandi ensemble. La crèche, la maternelle, l’école primaire et le collège – jusqu’à là, maintenant, au lycée en fait.
Après, il y a eu Elena – du coup, “Léna” pour les proches. L’AUTRE blonde qui… a aussi des yeux bleus…
Bon, euh… Émilie a les cheveux blonds platine et les yeux bleus primaires et Elena a les cheveux blonds dorés et des yeux bleus clairs ! (Comme ça, maintenant, c’est CLAIR !!)
Voilà, Elena est arrivée en 3ᵉ. Et… avec Émilie, on est très vite devenues amies toutes les trois ! – parce que franchement, Elena est trop cool et nous aussi !
— Il est complètement fou ce conducteur ! lâche soudain Émilie, rompant mon incroyable narration sur notre background commun.
— J’te jure ! renchérit Elena avant de s’adresser à moi. La prochaine fois, Isi, on porte plainte !
Isi… ce surnom me colle à la peau depuis mon enfance et croyez-moi, l’école primaire n’a pas été facile…
Elles me lâchent et entreprennent de me reluquer du regard, cherchant une égratignure ou pire.
(Tout ça à cause d’un mini saut depuis la marche à 10 cm du sol du bus, hein ! Je me sens sous-estimée avec mon record de saut en hauteur de 1 m 56, je me sens TRÈS OFFENSÉE !!)
— Meuh non ! C’est pas nécessaire, je tente pour les rassurer en agitant les bras et les jambes. Vous voyez ? Tout va bien !
— Eh ! Zizi, tu t’es pris pour un ouistiti ? ricane un gars, plus loin, avec son groupe de potes.
Ok, dans TOUS les films Netflix, où l'héroïne a un problème avec un gars, il a une allure de beau gosse et un prénom avec du flow – du style Jordan, Dylan, Aaron, Ethan… (et la liste est encore assez longue).
Sauf que BIEN SÛR, la vie, c’est pas une série Netflix – malheureusement… j’ai fait quoi à l’univers ? Rien !
C’est pourquoi j’ai joliment écopé du mec le plus moche et le plus débile de l’histoire du monde, j’ai appelé : GEORGE.
Et c’est même pas un nom de harceleur ! Ça lui colle tellement pas à la peau !
(Je ne sais pas si, du coup, vous l’avez compris mais c’est à cause de lui que mon enfance a été compliquée)
Apparemment, c’est en arrivant au lycée que les mecs en pleine crise d’adolescence se développent une conscience ET une mentalité mais visiblement, George a toujours un peu de retard.
— Ignore-le, soupire Émilie.
Elle m’attrape par le bras – et j’attrape Elena par le sien – et elle nous entraîne jusqu’à l’entrée du lycée.
C’est, du coup, notre deuxième année au lycée Marianne. Mais, honnêtement, ses trois ÉNORMES bâtiments à quatre étages ne nous font plus autant peur !
Car, oui, le lycée Marianne pourrait presque rivaliser avec une université par son INTERMINABLE campus ! – d’accord, j’exagère peut-être un tout petit peu…
Comme vous l’avez compris, il y a trois gros bâtiments, deux gymnases, quatre selfs différents, une piscine (une grande, hein ! pas la petite en plastique qu’on gonfle pour son jardin de deux mètres !), deux terrains de foot…
Euh… ils ont aussi un terrain d’athlétisme, un énorme amphithéâtre, quatre terrains de basket, et une piste de course entourée d’arbres et de verdure, un peu comme si on courait dans la forêt !
Ah ! Et n’oublions pas la cafétéria, les vestiaires qui sentent parfois bizarre, la fontaine où les élèves font des paris complètement fous, et ce petit banc près de l’entrée où tout le monde se pose pour raconter ses dramas du jour… ou juste pour glander.
Dites-vous que même LE COIN POUBELLE derrière la cantine est fréquenté ! (IL EST APPELÉ LE… le… bah le coin poubelle, hein… Ouais, les lycéens n’ont pas été hyper créatifs sur ce coup…)
Oups, j’en fais peut-être un peu trop sur la description !
Bref, tout ce “luxe” – pour un lycéen, du moins – est séparé du reste de la ville par un immense mur de pierre. Nan, un mur de pierre et de barrières – à certains endroits il y a, on ne sait pourquoi, des grillages à la place des murs.
Et pour y pénétrer, IL FAUT… franchir la sécurité. Un portail – blanc et grillagé – qui s’ouvre d’ordinaire avec une carte de lycéen. Mais bon, là, c’est légèrement la rentrée alors il est grand ouvert.
(Franchement, faut leur dire de se calmer sur les grandeurs là ! On pourrait faire passer deux camions côte à côte par ce portail et ils ne toucheraient pas les extrémités.)
— Allez les jeunes, entrez, entrez ! ordonne l’un des six CPE – bah oui, faut bien gérer tout ce petit monde !
(Pourquoi je suis toujours interrompue lors de mes superbes explications ? Passons…)
— Oh mon dieu, je stresse ! nous avoue Elena, alors qu’Émilie nous fait passer la limite du lycée.
Attendez…
Encore trois foulées…
Une…
ÇA Y EST !!! JE SUIS À NOUVEAU AU LYCÉE !!! – Attendez, pourquoi je suis contente même ?
En fait il faut savoir… – oui je vais recommencer ma longue liste d’informations mais là, c’est court, promis !
Il faut savoir que si on veut entrer dans le lycée SANS la carte de lycéen – et que ce n’est pas la rentrée ou un autre événement – il faut passer par l’accueil – qui est juste à côté de l’entrée…
Et cet accueil fait, en fait, partie de l’amphithéâtre – qui est à part, en dehors des trois bâtiments principaux du lycée.
Bref, tout ça pour dire que c’est dans le hall de l’amphithéâtre qu’ils affichent, chaque année, les listes des classes.
A priori, je ne vous apprends rien, c’est là que nous nous rendons.
Je vais vous passer ce moment car il est… riche en descriptions… (Quoi ? Vous vous en passerez ? Mais avec plaisir !)
Faut juste que vous sachiez que prier chaque dieu de chaque religion pendant les deux longs mois des vacances d’été… Ça a porté ses fruits car… !
(conclusion : n’hésitez pas à faire comme moi, ça vous bousillera vos vacances. Aussi, à cause du stress, le temps passera TRÈS lentement donc vous risquez de vous détruire la santé. MAIS je me sentirai moins seule !)
Bon, suffit le suspense ! C’est juste que les filles et moi on a toutes été mises dans la même classe !!
Ah oui, et en plus – comme compensation ou juste comme malédiction – George fait également partie de notre classe… : La 1F
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