Chapitre 2

9 minutes de lecture

Dream

Lundi 1er Septembre 2025, 12h37, aéroport d’Orly, France.

*La balle de tennis est là, juste devant moi.

Je tends la main pour la saisir mais, le terrain se met à onduler.

Je chute, alors, dans les profondeurs, avant de me retrouver entourée par EUX.

Je tente de me protéger à l’aide de mes bras mais leurs rires et leurs insultes me parviennent encore. Et lorsque je tente de fuir, je tombe à nouveau pour me retrouver dans le noir complet.

Soudain, la balle apparaît à nouveau devant moi, comme un soleil venu éclairer ma vie et…*

— Mesdames et Messieurs, l’avion va entamer sa descente dans l’aéroport. Merci de vous installer et de remettre vos ceintures.

C’est la voix de l'hôtesse qui me réveille en sursaut…

Je regarde autour de moi, inquiète et désorientée.

Des sièges, des hublots, des gens… il n’y a que ça de PARTOUT !!

« Dream, c’était un cauchemar.

Rien qu’un cauchemar, Dream.

Ne laisse pas tout ça te ruiner la santé et le mental… »

Mais c’est peine perdue… mes souvenirs se déversent comme des torrents, accompagnés du léger soupçon d'appréhension.

Ma respiration s’accélère et je crains de ne faire une crise de panique. Seulement, ma voix de la raison est là pour m’aider.

« Arrête ! Tu te fais du mal pour rien ! Stop !

Voilà… respire ! »

Je prends une inspiration. Je la retient pendant trois secondes et demie – je suis approximative – avant d’expirer et de recommencer une demi-douzaine de fois.

« Super ! Regarde, on est arrivés ! Maintenant normalementTata doit venir nous chercher… non, me… te ? orh ! je m’embrouille moi même ! »

Le principal, c’est que c’est Papa qui l’a dit. Et s’il l’a dit, c’est que c’est vrai ! – j’espère !

Un steward passe dans l’allée pour vérifier les ceintures. Lorsqu’il voit mon visage baigné de larmes et ma respiration accélérée, il fronce un peu les sourcils mais ne réagit pas.

« MAIS AIDEZ MOI !! IMAGINEZ QUE JE CRÈVE !!

Eh mais… je veux pas mourir en fait !

Bah voilà Dream ! C’est ça ta motivation ! Tu veux pas mourir !

Bah franchement… elle est un peu fébrile ma motivation… mais bon, c’est un bon début. »

Quelques instants après le passage de l’homme, l’avion s’incline et entame sa descente.

« BON SANG POURQUOI ON M’A FAIT PRENDRE L’AVION ???!!

C’est la dernière fois !!

Bah comment on rentrera à Nice alors ?

Ah oui, merde… bah on prendra le train ! OU LE BATEAU !!!

Bon, comme même, le bateau de Nice à Paris, ça va être galère… »

Comment décrire ce que je ressens actuellement ?

Je hais la gravité car à cause d’elle, j’ai l’horrible sensation de PIQUER JUSQU'AU SOL !!

Nan j’en fais pas trop ! Seulement, je pense que ça doit être dur à interpréter de l’extérieur, je garde un visage tellement… impassible.

Je coupe le passage de l'atterrissage ! (trop éprouvant pour moi)

Il faut juste savoir qu’une fois l’avion à terre, j’ai pris mes affaires ET JE ME SUIS BARRÉE !! (Sans même un au revoir, oui. Et NON, je suis pas impolie, juste pressée de quitter les enfers.)

C’est officiel, je déteste l’avion ! – tous, sans exceptions, hein !

Enfin, j’ai juste couru dans la passerelle d’embarquement avant de devoir faire demi-tour car j’avais oublié mon sac de voyage…

— La compagnie Air France vous remercie d’avoir choisi ses services pour ce voyage. Nous vous souhaitons un agréable séjour à votre arrivée et espérons vous accueillir à nouveau très bientôt à bord. Merci pour votre confiance.

Voilà l’annonce que j’entends en revenant et sachez qu’ils la répètent EN BOUCLE !! (à moins que c’était juste dans ma tête ?)

Enfin bon, ça a été mes aventures de voyages ! Celles juste avant que j’arrive dans la salle des bagages.

Une GRANDE pièce avec ÉNORMÉMENT de MONDE et DE BRUIT !!

Je me suis retrouvée à devoir slalomer entre les retrouvailles de familles, celles à la recherche frénétique d’enfants, de gamins criards – et pas des petits de trois mois !

Il y avait aussi des retrouvailles de couples ou de meilleurs amis, des solitaires, des...

« C’est pour m’achever, tout ça ? »

Et puis, sans trop savoir comment, je me suis retrouvée devant le tapis à bagages. Au moment même où ma valise passait devant moi !

— Dream ! fit une voix. Dream ! Excusez moi, pardon, je voudrais passer ! Nan, je cherche ma nièce. Elle s’appelle Dream !

Bon, ça, c’est forcément ma tante.

Je me suis dirigée vers les cris, tirant ma lourde valise. Après quelques secondes, je suis tombée nez à nez avec une femme agée de la quarentaine, scrutant et scindant la foule pour me retrouver.

— Dream ! s’écria-t-elle en m'apercevant. Te voilà ! Je me présente, je suis…

« Tante Éloïse, t’inquiète, je sais déjà qui t’es ! »

— Je suis ta tante Éloïse, tu vas vivre un moment chez moi avec mes enfants ! Tu vas voir, c’est chouette chez moi, continua-t-elle.

De ce que je sais : elle a déménagé avec ses deux enfants Maëlle et Victor – mes cousins. Et tout ça, il y a deux mois ! – au début des grandes vacances, en fait.

— Allez, viens ! reprends ma tante. Direction MA VOITURE !!

Je force un sourire en l’entendant crier et en la sentant poser ses mains sur mes épaules.

De toute évidence, mon séjour va être long et compliqué…

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Isida

Lundi 1er Septembre 2025, 12h38, lycée Marianne, bâtiment A, France.

Je sors des toilettes en soupirant.

— Grouille-toi, Isi ! me lance Émilie, adossée contre un mur.

— Ouais, ouais.

Je passe ma paume devant le détecteur du robinet. Ce dernier s’allume justement et je frotte mes mains sous le filet d’eau chaude.

— Isi, vite, Elena nous attend ! continue Emilie en ouvrant la porte des sanitaires.

D’un geste automatique, j’attrape des serviettes pour sécher mes mains et je les jette dans la poubelle.

Je rejoins Émilie et nous nous rendons dans notre salle de classe.

En fait, je ne sais pas si c’est tous les lycées. Mais je trouve que les couloirs – du bâtiments A, en tout cas – sont d’une drôle de couleur : auburn.

Bon, et les portes sont grises – rien de plus banal. Et ornées de leurs numéros.

À ma gauche ça donne : Salle A315, salle A317, salle A319,…

C’est quoi ces numéros ? Bon, alors, le A c’est pour dire le bâtiment. Le chiffre de la centaine c’est l’étage et les deux derniers nombres sont la salle !

— 321 ! s’exclame Émilie en montrant une porte.

Elle s’y précipite en courant et je la suis.

La porte de la salle est grande ouverte et la classe est déjà bien remplie.

Je toque, on entre.

La pièce est blanche, les tables sont en bois clair, rien d’intéressant.

Une belle femme rousse avec de grosses lunettes et des tatouages sous les yeux est assise au bureau des professeurs.

Je la reconnais aussitôt.

— C’est pas Madame E ? je chuchote à l’adresse de mon amie.

— Bonjour mesdemoiselles, asseyez-vous, je vous prie.

Emilie hausse les épaules et s’en va s'asseoir à côté d’Elena qui nous a gardé des places près de la fenêtre.

Moi, je me place derrière elles.

Maintenant, il est temps d’évaluer la classe !

Donc, je suis au cinquième rang tout à gauche du bureau du professeur. Exactement en parallèle, tout à droite, il y a… George.

Il m’adresse un petit sourire mielleux et agite ses doigts comme pour dire “coucou”.

Je remarque aussi une certaine Mélusine, assise devant Émilie. C’est la fille de seconde qui a fréquenté le plus de mecs l’année dernière – autant dire que sa réputation est à revoir.

Je connais Even depuis la primaire et on peut dire que c’est un gars discret… (Je me suis rendue compte en CE2 qu’on était dans la même classe depuis la maternelle ! Je ne l’avais JAMAIS remarqué avant ça – et le pire ? C’est juste parce que le maître m’avait déplacée à côté de lui !)

Je vois aussi Célia – une grosse peste – et ses deux meilleures amies – ou suiveuses – Emy et Déborah. Elles sont installées au fond de la classe. Et ricanent en regardant leurs téléphones. Je vous parie ce que vous voulez qu’elles nous prennent en photo pour se foutre de nos têtes.

Les autres… je crois que je les connais pas. Enfin, cette brune devant George me dit quelque chose, mais impossible de retrouver son nom…

Lina ! Voilà, c’est ça !

C’est… une fille.

Elle a déménagé dans la même rue qu’Emilie il y a sept mois – elle habitait à l’autre bout de la ville, avant.

— Bonjour chers élèves, je me présente, je suis Madame E.

Je sursaute et relève la tête. Mon regard croise celui d’Emilie et je lui lance un “je te l’avais bien dit” visuelle. – pouvoir des meilleurs cops !

— Cette année, je serai l’une de vos deux professeurs principaux !

Ah oui, le lycée Marianne a une organisation étrange ; chaque classe à deux professeurs principaux.

Mais ne me demandez pas POURQUOI, j’en sais rien, moi !!

Enfin, je suppose qu’ils ont juste de l’argent à perdre !

Madame E s’apprête à prendre à nouveau la parole lorsque quelqu’un toque à la porte.

— Entrez !

La porte s’ouvre sur une femme aux cheveux et à la peau noire. Elle s’avance dans la classe et, derrière elle, deux ados – qui me sont inconnus – la suivent.

Cette femme, c’est Josianne, l’une des dix-sept surveillants. (Non, je n’exagère pas ! À moins qu’ils en aient ajouté depuis l’année dernière ?)

En fait, c’est le genre de surveillante qui retient ton nom quand toi même tu ne retiens pas le siens !

Je ne suis pas du genre à faire des bêtises donc je ne vais pas souvent à la vie scolaire. Donc imaginez, la fois où je suis allé les voir à cause d’une migraine et que Josianne m’a appelé par mon prénom alors que je savais MÊME PAS LE SIEN !! – depuis, je fais attention et je les retiens tous !

— Excusez-moi de vous interrompre, mais ces deux jeunes ne trouvaient pas leur classe. Ils sont nouveaux, explique la surveillante.

Madame E hoche la tête, un sourire bienveillant sur les lèvres, et demande :

— Quels sont vos noms ?

Les deux répondent en même temps une réponse qui sonna comme :

— Viaëllor !

Étrange…

— Chacun votre tour, intervient Josianne, pas en même temps !

Il eut une pause, un silence gênant, avant qu’il ne s’expriment :

— Moi c’est Victor

— Et moi Maëlle

Euh… ATTENDEZ !! Nan mais genre, cette voix elle est tellement…

Je tourne la tête pour scruter plus attentivement le mec.

Il a la peau bronzée, des cheveux noirs et d’intenses yeux gris. Son visage est parsemé de taches de rousseurs et une cicatrice barre son œil gauche.

O.M.G !!

Je sens quelqu’un tirer ma manche et je me tourne.

C’est Émilie.

— Oh mon dieu, ce mec est tellement CANON !! nous souffle-t-elle.

Je vois Elena qui lève les yeux au ciel mais moi, je suis ENTIÈREMENT d’accord avec Emilie !!

— Mais grave ! Il est à tomber ! je soupire en reprenant ma contemplation.

— Et c’est LÀ qu’on comprend que je n’ai clairement pas les mêmes goûts, lâche Elena dans mon dos.

Eh mais ! La place à côté de moi est libre ! C’est sûr, il va se mettre à côté de moi !

Bah oui, souvenez vous, j’ai prié TOUS LES DIEUX PENDANT DEUX MOIS !! C’est sûrement pour ça que George a fait office de compensation !

— Bon, Victor, reprends la prof, tu vas t’installer à côté de…

Déjà je relève la tête, et sourit, certaine que je serai l'heureuse gagnante !

— Célia, regarde, là ! termine Madame E

Mon sourire tombe et, je l’avoue, j’ai maudit cette femme… – si vous vous demandez pourquoi, un jour, elle s’est réveillée avec une calvitie à même pas trente ans… c’est pas moi !

— Et toi Maëlle tu vas aller à côté de…

Madame E se tourne et scrute la salle du regard, il reste encore plein de places libres ! (3 en comptant celle à côté de moi…)

« Pas moi, pas moi, pas moi… »

— Oh, tiens ! Va à côté d’Isida !

Bon, c’est officiel, ne priez jamais tous les dieux en même temps ou vous les offenseraient et…. vous le payerez cher.

Résumé de ma situation : je suis en classe, en cours. Et je suis haïe par les dieux.

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