Plus de force encore
Je compris alors arme que c’était l’un des guerriers des Ordres. Je ne me mis pas longtemps à entrer en transe. J'allais me battre et seul en espérant qu’ils soient plusieurs pour qu’ils voient tous à quel point j’étais devenu fort. L'homme, présentement, deux fois plus grand attaqua le premier que je parai d’un coup glaive, mais son arme en avait absorbé l’onde sonore, comme toujours cela ne pouvait être qu’un piège. J’effectuai un roulage de côté et me saisis de mon deuxième glaive pour opérer une ruade doublée. Ruade que le guerrier contrait avec une facilité déconcertante, mais rien d’insurmontable sur l’instant. Ma danse se faisait plus viscérale, agressive et plus précise. Le guerrier qui me faisait face était imposant, trop pour un petit homme. Ainsi ce combat dura un bon moment avant de m’apercevoir qu’au loin se rapprochait Anaëlle que j’implorai de partir.
Le guerrier se fit plus agressif et ne me laissa pas d’autre choix que de concentrer sur ce duel. Sans savoir que tu me regardais, sans savoir que toi seule savais à quel point j’étais moi-même mal en point, face à ce guerrier dont la force semblait être décuplée par une autre aux origines obscures. Aux origines qui m'avaient semblaient être tout droit issue d’une magie plus noire encore que celle des nécromanciens. Les coups s’enchaînaient dans le plus grand silence. Lorsqu’à un moment l’un de mes glaives s’échappa de mes mains et retomba près de toi, Anaëlle. Mon arme s’était plantée à tes pieds et sa poignée te sommait de prendre part au combat. Je me rappellerais toujours quand tu l’avais eu pris. Cela avait provoqué une onde d’énergie dont le souffle avait balayé les hautes herbes dans lesquelles nous étions en train de nous battre.
Instant magique où je me suis retrouvée, moi, reine Destinée avec en mains ce glaive qui m’avait aussi léger qu’une plume.
Je ressentis alors toute l’affection que portait cette femme, plus que tu ne pourrais l’imaginer, plus encore que tes rêves ne pourraient l’illustrer et je m’étais laissée emporter par son élan dont l’âme s’embrasait pour ne devenir qu’une seule et même Flamme. J’avais accouru vers toi, mais avant que je n’arrive, ce guerrier avait planté son épée dans ton épaule gauche. J’eus si peur quand je vis que la pointe de son arme en était ressortie que le temps se mit à s’écouler plus lentement. Et avant que ce guerrier ne saisisse la poignée de son poignard, je lui sectionnai le bras et le temps se remit à s’écouler normalement.
Ce guerrier recula de trois pas, sonné. Mais pas vaincu pour autant et je vis son bras repousser, comme si de rien n’était. Puis d’une force magique invisible, il reprit son arme de ton épaule te provoquant ainsi un râle. Cet instant, j’avais ressenti sans le comprendre ta douleur. Je m’élançai aussitôt vers l’ennemi en effectuant un coup de glaive vertical, si vite qu’il n’eut le temps de se protéger et de son torse, jailli un fluide fluorescent. Lorsqu’il toucha l’herbe, elle se mit aussitôt à brûler. Je me précipitais sur toi et te souleva par le col et te lança plus loin, pour que tu n’en sois pas emporté. Je me retournai et je vis que ce guerrier était loin d’être un simple humain. Je sentis alors mon corps s’embraser de flammes bleuâtres et j’avançai au travers de ce feu. De l’autre côté, j’aperçus que Légion ils étaient. Ce piège n’en était pas un mais était plus encore, une invasion.
La lueur des flammes avait donné l’alerte. Quand je vis ton grand frère s’approcher de toi, je fus soulagée. En première ligne se tenait le plus jeune, Dryane dont le regard avait été noirci par la colère et tenait fermement une énorme hache à trouble tranchant. Derrière lui arrivait en nombre le clan des Rohandes.
Je m’étais mis à courir au travers de la brousse enflammée, tout en l’alimentant plus encore des miennes. Pour que le clan puisse profiter et voir mon art de combat. Art qui coulait dans mes veines sans même le comprendre, sans même avoir eu une seule fois eu la pensée de me battre, je l’avais. Et quand le premier ennemi de la taille de Dryane arriva, j’effectuai une glissade et trancha la jambe, dont le sang qui en jaillit me fut presque éblouissant, tellement il en coulait. Toujours lancée, je me remis sur mes jambes et tournoyai sur moi-même et découpait les corps de tous ceux qui s’étaient approchés de trop près. Quand un mage noir m’envoya un sortilège, je remarquai à la lueur que c’était de la foudre, je bondis sur lui. Pointe du glaive la première. Pointe qui s’enfonça en plein corps que je retirai d’un coup sec. Avant qu’il ne s’écoule, ce dernier foudroya une dizaine de guerriers de ses mains. Je jetai un rapide coup d’œil autour de moi et je remarquai qu’en effet, qu’il était bien Légion. Mon âme se mit soudain à s’embraser tellement fort qu’elle passa au rouge carmin. Couleur significative de ma puissance. Quand tout à coup, je vis une horde de guerriers de même origine que celui qu’avait combattu Cléfer s’approcher. J’en étais devenue rouge de colère, j’esquivai tous les petits soldats pour m’attaquer à ceux-là.
Lorsque j’arrivai à leur niveau, ils n’eurent le temps de riposter que les uns après les autres s’écoulaient comme des pions. Le fluide qui s’échappait de leur corps embrasa plus encore le champ de bataille. Ces mêmes flammes gagnèrent l’ennemi qui à leur contact s'immolait. Puis, j’entendis soudain le cri du clan de Rohandes et je compris qu’il fallait faire plus de dégâts. Je devais tous les réduire au néant pour tous les protéger. Ainsi, je me mis à danser comme l'aurait fait, Cléfer. Mon âme entremêlée de sa lame infligeait alors plus de mille sentences. Tellement que je commençais à perdre mon humanité. Plus les corps s’écroulaient, plus je devenais forte. Plus le sang coulait, plus je devenais agressive. Plus la mort prenait, pire encore j’étais.
Soudain, je vis du coin de l’œil les regards du clan choqués de me voir m’embraser de la sorte que j’eusse eu à cet instant, un petit sourire en coin. Mais bien trop nombreuse était la Légion et une nouvelle vague arriva, plus nombreuse encore. Quand je vis que Cléfer avait pris part au combat, je levai mon glaive, comme il l’avait fait ce jour-là dans la vallée de Mines. Je lis dans son regard son regard de l’inquiétude même si au fond de lui, il restait en admiration. Mais Craven avait partagé mon sourire et cela me donnait plus de force encore.

Annotations