Chapitre 2
Le regard foudroyant de Blake ne me quitte pas. Il se redresse lentement me jaugeant.
— Je serais toi, je dégagerais avant que je ne perde patience.
Je soutiens son regard sans ciller, un sourire narquois étirant mes lèvres malgré la tension qui électrise l'air entre nous. Mon cœur bat un peu plus fort, mais je ne bouge pas d'un pouce, plantée là comme si ses mots n'étaient qu'une brise passagère.
— Perdre patience ? répété-je d'une voix basse, presque moqueuse, en croisant les bras. Et qu'est-ce que tu ferais exactement ? Tu me jetterais dehors toi-même ?
Je penche légèrement la tête, le défiant ouvertement, mes yeux plongés dans les siens. L'atmosphère est lourde, chargée d'une électricité. Il fait un pas dans ma direction, le regard noir. Blake fait un pas décidé dans ma direction, son regard plus noir que jamais, presque orageux.
— Blake, arrête tes conneries, intervient Kenneth d'un ton tranchant.
Mon corps se détend instantanément, comme si on venait de desserrer un étau autour de ma poitrine. Ce n'est que maintenant que je réalise que je retenais mon souffle depuis que Blake s'est approché. Kenneth s'arrête près de moi et, coincée entre ces deux hommes, je me sens soudain minuscule. Déjà qu'ils me dominent largement par leurs tailles, faisant facilement une tête de plus que moi, leurs carrures est intimidante, surtout d'aussi près. Kenneth n'a rien à envier à ses combattants. Il est bâti comme un roc, plus massif que Joshua malgré sa taille moyenne. Ses cheveux courts sont striés de gris aux tempes. Son visage anguleux est fendu d'une fine cicatrice. Il dégage une autorité froide. Ses yeux bleu glacier se posent sur Blake avec une pointe d'agacement.
— Tu vas terroriser notre nouvelle assistante avant même qu'elle ait posé son sac.
Alors que Joshua parle, une voix glisse derrière moi, plus basse encore, au point que je suis presque certaine d'être la seule à l'entendre.
— Ça, c'est le genre de secrétaire avec qui je verrais bien se réaliser un vieux fantasme.
Je tourne la tête et mes yeux se posant immédiatement sur l'homme qui se tient à quelques mètres de moi, adossé nonchalamment contre un poteau métallique. Ses bras musclés sont croisés sur un torse bombé. Sa peau hâlée est marquée de tatouages tribaux qui serpentent le long de ses avant-bras et remontent jusqu'à son cou, comme des ombres vivantes. Ses cheveux châtains mi-longs, sont un peu ébouriffés et humides de transpiration, ils encadrent son visage anguleux. Ses pommettes sont hautes, il a une mâchoire carrée sans barbes et des yeux verts perçants qui pétillent d'une arrogance assumée. Un sourire en coin, presque lupin, étire ses lèvres pleines, révélant une rangée de dents blanches et légèrement irrégulières.
Il soutient mon regard sans ciller, avec une intensité qui frise le défi pur. Pas de recul, pas de honte. Au contraire, ses pupilles s'étrécissent légèrement, comme s'il savourait la confrontation, me défiant presque de riposter. L'air entre nous semble crépiter, chargé d'une tension brute et électrique.
— Une assistante ? répète Blake, chargé d'un scepticisme évident.
Kenneth soupire bruyamment, se frotte l'arête du nez comme s'il sentait déjà la migraine arriver.
— On croule sous la paperasse administrative depuis des semaines, mais avec le bachelor en business administration de Torrie, on va enfin réussir à sortir la tête de l'eau.
Depuis son coin contre le mur l'homme de tout à l'heure, celui qui m'a détaillé du regard quelques secondes plus tôt, lâche d'une voix traînante.
— Avec une tenue pareille, elle va surtout nous distraire tous les jours, la princesse.
Un éclat de rire général fuse dans la pièce. Tous... sauf Blake, dont le visage reste de marbre, la mâchoire serrée.
— Putain, les gars, un peu de respect ! Vous me faites honte. Travis, grandis merde, siffle Joshua en nous rejoignant.
Les rires retombent à contrecœur, sous le poids de son ton. Joshua arrive à ma hauteur, son expression passant instantanément de l'agacement à quelque chose de plus doux, presque protecteur. Il pose une main légère sur mon épaule un bref instant, comme pour me rassurer.
— Te voilà enfin, Torrie. Je vois que tu as déjà fait connaissance avec la bande, dit-il avec un sourire en coin qui n'atteint pas tout à fait ses yeux.
Les gars se dispersent mollement vers leurs exercices, jetant encore quelques regards par-dessus leur épaule. Blake, lui, fait volte-face et part marteler son sac de frappe.
— Ne fais pas attention à eux. Ils sont cons... mais pas méchants.
Kenneth intervient alors, sourire amuser aux lèvres ;
— La plupart du temps, ouais.
Joshua hoche la tête, me décoche un sourire chaleureux.
— Je te laisse entre les bonnes mains de Kenneth. Faut que je file, j'ai un rendez-vous avec un sponsor qui traîne des pieds. Encore bienvenue parmi nous, Torrie. Tu vas voir, ça va te plaire ici.
La lourde porte claque derrière le boss, un écho métallique qui semble sceller mon arrivée. Le brouhaha de la salle reprend presque aussitôt, mais plus feutré, coups sourds sur les sacs lourds, claquements rythmés des cordes à sauter, respirations lourdes et essoufflées. L'air est chargé de cette odeur entêtante de sueur et de cuir chaud qui colle à la peau.
Kenneth marche à côté de moi, mains dans les poches de son jogging usé, l'air détendu mais attentif.
— Commençons par le début, explique Kenneth en marchant, on a toujours le même noyau dur. Trois jours par semaine, la salle est réservée exclusivement aux pros et aux sparring-partners ; les autres jours, on ouvre aux membres lambda. Au total, c'est une centaine de gars qui défilent dans la semaine.
Il me jette un regard en coin, un sourire amusé au coin des lèvres.
— Je vais te présenter l'équipe... même si, manifestement, t'as déjà fait forte impression sur certains.
On s'approche du plus jeune, celui qui soulève des haltères avec une concentration presque enfantine. Il ne doit pas avoir plus de vingt ans, tout au plus. Son visage garde encore des traits adolescents. Il a de pommettes rondes, une peau lisse et un regard clair, presque innocent. Dans cette salle pleine de colosses burinés, il détonne complètement. On dirait presque un lycéen qui s'est trompé de porte.
— Le gamin, c'est Noah, lance Kenneth avec un sourire moqueur.
— Hé ! proteste immédiatement Noah en reposant ses poids. J'ai vingt-deux ans, je suis plus un gamin !
— Ouais, c'est ça, morveux.
Kenneth ricane, puis se penche légèrement vers moi, baissant la voix pour que je sois la seule à l'entendre ;
— C'est un prodige du kickboxing. Un des plus jeunes de sa catégorie sur le circuit pro. Vingt-deux ans à peine, et il a déjà mis KO des mecs qui ont dix ans de ring de plus que lui.
— Toujours notre gamin, rigole un gars en ébouriffant les cheveux de Noah.
Noah lève les yeux au ciel, esquive la main avec un « Hé ! » protestataire, mais son sourire éclatant le trahit aussitôt. Il passe rapidement ses doigts dans ses mèches pour les recoiffer, jette un regard mi-vexé mi-amusé au fautif, puis replonge dans son série comme pour prouver qu'il n'est plus un gosse. L'autre homme s'avance vers moi et dire qu'il est impressionnant est un mot faible, surtout avec l'énorme aigle qui est tatouer sur ses pectoraux. Il semble tout droit sortie d'un film de guerre des année quatre-vingt. Il aurait très bien pu jouer auprès de Stallone ou Arnold Schwarzenegger.
— Bienvenue, moi c'est Bruno.
— Enchantée... Torrie, réponds-je un peu essoufflée en prenant sa main immense.
Sa poignée est ferme, mais contrôlée, mais s'il décider je suis persuadé qu'il pourrait brouiller mes os aisément. Il me relâche avec un hochement de tête presque solennel. Je reste plantée là un instant, avant de réaliser que Kenneth a déjà repris la marche.
Je le rejoins à l'autre bout de la salle, là où les impacts résonnent comme des coups de feu étouffés. Chaque coup contre les sacs de frappe fait vibrer l'air, un rythme sourd et régulier qui semble faire pulser les murs eux-mêmes. L'éclairage y est plus cru, plus froid, et l'ombre y est plus dense. Kenneth ralentit à peine, habitué à ce vacarme, mais moi, je sens déjà la tension monter à nouveau dans ma nuque.
Je le suis jusqu'à l'homme au tatouage tribaux. Il est en train de donner des slave de coup avec une puissance à moitié retenue, comme s'il s'amusait plus qu'il ne travaillait vraiment. En face de lui, un homme plus petit que toutes les autres, mais tout aussi massif encaisses les coups. Il a un visage franc, avec des traits marqués qui dégagent une impression de calme contenu. Ses sourcils épais soulignent ce regard sérieux, contrastant avec son sourire taquin. Ses avant-bras sont protégés par d'imposants coussins de cuir sombre, épais et arrondis, maintenus par de larges sangles.
— Celui qui tient la patte d'ours, c'est Liam. La grande gueule officielle du club. Et en face, celui qui cogne c'est Elias.
Il stoppe ses coups d'un coup sec, retire lentement un gant avec les dents tout en me dévorant du regard – un regard qui ne laisse aucun doute sur ce qui lui traverse l'esprit. Il s'approche d'un pas, torse bombé, sueur ruisselant sur ses abdos.
— Oh, mais qui voilà... la secrétaire, susurre-t-il d'une voix rauque et traînante, en appuyant sur « secrétaire » comme si c'était le mot le plus sexy du monde. On commençait à s'ennuyer sans une jolie paire de jambes pour nous motiver.
Il fait un pas de plus, réduit la distance, voix plus basse.
— T'as déjà choisi avec qui tu vas passer tes pauses déjeuner... ou tes pauses tout court ?
Kenneth le fusille du regard.
— Elias !
— Je fais juste connaissance avec notre nouvelle collègue, se justifie Elias en s'essuyant le front en sueur d'un revers de bras, un sourire narquois toujours collé aux lèvres. D'ailleurs, j'ai pas encore eu le plaisir d'entendre ton prénom.
Je ne daigne même pas tourner la tête vers lui. Je l'efface complètement, comme s'il n'était qu'un bruit parasite, et adresse à Liam un sourire poli, professionnel.
— Enchantée, je m'appelle Torrie.
Il attrape ma main, la porte à ses lèvres avec une théâtralité assumée et y pose un baiser léger.
— Liam, pour te servir.. Ignore ce crétin et si t'as besoin d'un guide touristique, je me porte volontaire ! lance-t-il avec son accent roulant et chaleureux, en me relâchant enfin sans rompre le contact visuel.
Kenneth soupire bruyamment, visiblement blasé, les bras croisés.
— Si t'as encore assez de souffle pour ouvrir ta grande gueule et draguer la nouvelle, O'Connor, alors t'as largement assez de souffle pour cinquante burpees-sprawls d'affilée. Et si j'entends ne serait-ce qu'un soupir, on passe à cent.
— Tout ça juste pour impressionner la dame, chef, ironise Liam en me lançant un clin d'œil exagéré.
Il commence aussitôt à faire des enchaînement à une vitesse qui montre impressionnante.
— Il fais le malin comme ça, mais dès que ça copine est dans les parages il ne bouge plus d'un pouce, dit Kenneth en se moquant.
— Alors que moi je suis entièrement libre, poursuit Elias.
Il ponctue sa phrase d'un petit sourire en coin, sourcil arqué, défi clair dans le regard.
— Grant, tu veux rejoindre O'Connor pour une série de cinquante, toi aussi ?
Elias lève immédiatement les deux mains en l'air, paumes ouvertes, un sourire faussement innocent aux lèvres.
— Non, non, coach, message reçu je la ferme.
Elias esquisse un sourire contraint avant de se remettre à l'entraînement, l'air soudain beaucoup moins bavard tandis que Liam, lui, continue sa série. Kenneth se tourne vers moi, geste du menton vers le fond de la salle, où les deux hommes qui m'ont reluquée tout à l'heure dès mon arrivée sont toujours là, adossés au béton comme s'ils y étaient vissés.
— Les deux là-bas, c'est Travis et son acolyte, la grande gueule de tout à l'heure c'est Dennis.
Pile au même moment, les deux se redressent et nous font face. Travis décroise les bras, étire un sourire de requin, quant à Dennis, il reste immobile, le visage fermé, mais ses pupilles sombres se posent sur moi avec une intensité froide
Ils nous dévisagent sans un mot, sans un salut. Je hoche la tête tout en ajustant machinalement la bandoulière de mon sac sur mon épaule, un geste pour me donner une contenance. Mon estomac se noue légèrement. Ce genre d'hommes, je les connais. J'en ai croisé des dizaines en Californie.
Kenneth ralentit le pas, s'arrête presque devant le banc du fond.
— Et le dernier que tu as eu le plaisir de rencontrer... Blake Park. Notre champion incontesté.
Ma tête se tourne d'elle-même vers lui. Il est assis là, jambes écartées, penché en avant, et finit d'enrouler ses bandages autour de ses mains. Il ne prend même pas la peine de lever les yeux vers nous. Les articles disaient vrai, c'est un vrai connard.
Kenneth, lui, ne semble pas affecté. Il observe Blake une seconde de plus, puis hausse légèrement les épaules, comme s'il avait l'habitude.
— Allez, suis-moi. Je te fais visiter le reste du complexe.
Il tourne déjà les talons, m'invitant à le suivre d'un geste bref. Je lui emboîte le pas sans me faire prier, heureuse de mettre de la distance entre les gars et moi. Kenneth m'entraîne vers l'escalier métallique qui grince légèrement sous nos pas, menant à la mezzanine surélevée d'à peine un mètre au-dessus du chaos de la salle d'entraînement. Il s'arrête devant la paroi vitrée qui court sur toute la longueur, offrant une vue imprenable sur le ring et les sacs de frappe.
— Voici ton domaine, dit-il avec un sourire détendu.
Kenneth passe une main dans ses cheveux courts, poivre et sel, avec une gêne inhabituelle chez lui. Il évite mon regard une seconde, puis hausse les épaules.
— Bon... je préfère m'excuser d'avance.
Il s'efface pour me laisser entrer la première dans un petit bureau baigné de lumière. L'espace est simple, fonctionnel et clairement débordé. Un grand bureau en L occupe la pièce, presque entièrement recouvert de dossiers empilés, de classeurs ouverts et de factures éparpillées sans réel ordre apparent.
— On a eu beaucoup de mal à trouver quelqu'un, avoue-t-il.
Je m'avance dans la pièce, balaye le chaos du regard, puis dépose mon sac sur un coin du bureau relativement épargné par le désordre.
— Ce n'est pas un problème.
Kenneth m'observe quelques secondes, comme s'il cherchait le moindre signe d'hésitation. Puis il sourit, soulagé.
— Tant mieux. On avait vraiment besoin de quelqu'un comme toi.
Il désigne l'espace à côté.
— Juste à côté de ton bureau, tu as celui de Josh, et ensuite le mien. D'ailleurs, appelle-moi Kenny. Ici, tout le monde le fait. Si tu as la moindre question, même celle qui te paraît la plus idiote, tu viens nous voir directement. N'hésite surtout pas, d'accord ?
Son ton est sincère, presque protecteur, et ce tutoiement spontané crée une petite bulle de réconfort au milieu de tout ce chaos testostérone en bas. Je hoche la tête, un sourire poli aux lèvres, même si je sens encore le poids des regards de la salle dans mon dos.
Il pivote ensuite vers le fond de la mezzanine, plus sombre et étroit.
— Là-bas, au bout, tu as les douches communes et la salle de repos. Machine à café correcte, frigo... et je te conseille de marquer ton nom au feutre indélébile sur tout ce que tu y mets. Dennis a une fâcheuse tendance à se servir dès qu'un truc lui fait envie.
Il n'avait pas besoin de me le préciser, je m'en serais douter. Ce mec pue les problèmes à des kilomètres.
— Il y a aussi un distributeur d'eau fraîche juste à côté. Et à l'étage au-dessus – l'escalier au fond , tu trouveras les locaux techniques et la salle de débriefing. C'est là qu'on analyse les combats avec les gars, avant ou après. Vidéo, stratégie, tout le bordel.
— Bon... je te laisse t'installer. Prends tes marques, et n'hésite pas de te servir un café d'abord.
Kenneth disparaît en bas de l'escalier, ses pas lourds résonnant une dernière fois sur le métal avant de s'estomper. La porte vitrée se referme doucement derrière lui, étouffant un peu plus le vacarme de la salle.
Je reste seule.
Je me laisse tomber sur la chaise de bureau, qui grince légèrement sous mon poids. Mes épaules s'affaissent d'un coup, comme si tout l'air que je retenais depuis mon arrivée s'échappait enfin. Je suis déjà épuisée alors que je suis là que depuis dix minutes.
Je pose les coudes sur le bureau, passe mes mains sur mon visage, puis dans mes cheveux. Un soupir long, profond, m'échappe.
D'en bas, le bruit continue, les impacts sourds contre les sacs, halètements, rires graves, ordres brefs. C'est un fond sonore constant, presque hypnotique. Je lève les yeux vers la paroi vitrée. Mon regard est attiré presque malgré moi vers le coin le plus sombre, là où un sac de frappe lourd balance violemment sous des impacts réguliers, puissants, implacables.
Elias tient le sac, jambes fléchies, bras écartés, torse bombé pour absorber les chocs. Son visage est crispé, les mâchoires serrées ; chaque coup le fait reculer d'un demi-pas malgré sa carrure. Il essaie de garder une attitude nonchalante, un petit sourire en coin comme s'il contrôlait tout, mais la sueur coule plus fort sur ses tempes et ses avant-bras tremblent légèrement sous l'effort. Et en face de lui, Blake. Il donne les coups. Il frappe avec une précision terrifiante.
Ok, stop, Torrie. Concentre-toi. Tu es là pour bosser, pas pour mater des mecs en sueur, aussi impressionnants soient-ils.
Je secoue la tête comme pour chasser l'image de Blake. Je fouille dans mon sac, attrape mes écouteurs sans fil, les glisse dans mes oreilles. J'ouvre l'application musique sur mon téléphone, fais défiler ma playlist habituelle – celle que j'utilise quand j'ai besoin de me couper du monde et lance un album indie rock un peu sombre, volume juste assez haut pour couvrir le bourdonnement sourd de la salle.
La première guitare saturée envahit mes tympans, et je sens immédiatement mes épaules redescendre d'un cran. Le bruit des impacts, des grognements, des rires graves devient un fond lointain. C'est mieux comme ça.
Je tire vers moi la pile de dossiers qui menace de s'écrouler sur le coin du bureau. Factures, contrats de sponsoring, plannings d'entraînement, relevés bancaires... un chaos organisé qui sent le retard accumulé. Au moins, je vais avoir de quoi m'occuper. Rien que pour trier tout ce désordre, j'en ai facilement pour une semaine, peut-être plus si je veux remettre les choses vraiment d'aplomb.
Et c'est exactement ce dont j'ai besoin. Il va simplement falloir que je m'habitue à évoluer au milieu d'une quantité astronomique de testostérone. Je peux le faire. Après tout, ce ne sera pas la première fois que j'évoluerais dans un monde où c'est le plus fort qui domine.

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