Chapitre 3

13 minutes de lecture

Torrie

Phoenix, Arizona 3 juillet

J’ai terriblement chaud. J’ai la sensation d’étouffer, comme si on avait allumé un four au-dessus de moi. Je me réveille trempée de sueur, mon tee-shirt me colle à la peau. Le ventilateur ronronne faiblement, brasse un air brûlant qui ne sert à rien. Je tends la main pour attraper mon portable les paupières à peine ouvertes et vois qu’il est que sept heures du matin. J'ouvre l’application météo, inspire profondément et grogne malgré moi.

— Putain… il fait déjà trente degrés.

Et le pire, c’est qu’ils annoncent quarante-cinq degrés au plus chaud. Je me hisse péniblement hors du matelas posé à même le sol, dans un coin de la pièce. Mes muscles protestent, engourdis, lourd comme si la chaleur s’était infiltrée jusque dans mes os. Cela ne fait que quatre mois que je suis ici, et mon appartement ressemble plus du squat que d’un foyer chaleureux. Je ne l’ai pas décoré. Pas une photo, pas un rideau, rien aux murs. Les quelques affaires que j’ai amenées tiennent dans deux valises à peine défaites. C’est mieux comme ça. Si je dois repartir en pleine nuit, ce sera plus facile. J’aurais moins de choses à abandonner derrière moi.

En plus d’être une fournaise, l’appartement est très mal isolé du bruit. J’entends tout chez les voisins, leurs disputes qui explosent, les cris, les portes qui claquent. Et surtout leurs interminable réconciliations. Parfois, elles sont tellement bruyantes que j’ai l’impression qu’ils baisent directement contre le mur qui nous sépare.

La plupart du temps, je mets mes écouteurs et je laisse ma musique défiler jusqu’à ce que le sommeil finisse par m’emporter. Avec les maigres économies qui me restaient, c’était tout ce que j’ai pu me payer. Heureusement, le propriétaire n’a pas posé trop de questions. Si j’arrive à garder mon travail au club, je pourrai peut-être viser quelque chose d’un peu plus décent.

Je traverse l’appart à pas traînants, pieds nus sur le linoléum tiède et ouvre la porte du frigo qui grince. J’attrape une bouteille d’eau froide, la plaque contre ma nuque une seconde. Aussitôt, la sensation de froid me tire un long soupir de soulagement. Ça me fait un bien fou.

Il va vraiment falloir que je trouve une solution. J’avale plusieurs gorgées d’eau, avant de la remettre à sa place et remarque qu’il est presque vide. Il ne me reste plus de deux bouteilles d’eau, dont une à moitié vide, un yaourt douteux et un reste de sandwich. Il va falloir que je fasse deux trois courses, si je veux avoir quelque chose à me mettre sous la dent. Heureusement, avec cette chaleur écrasante, ma faim a diminué. C’est un des seuls points positifs de cette canicule.

Si je me dépêche, je pourrais aller au magasin avant d’aller au club. Je me débarrasse de mon tee-shirt poisseux et file sous la douche. L’eau, à peine froide, glisse sur ma peau brûlante. Je profite de cet instant pour fermer les paupières et l’espace d’une seconde, je peux de nouveau sentir Marco derrière moi. Ses bras m’encerclant, ses lèvres embrassant mon épaule. J’ouvre les yeux tandis qu’un frisson me traverse. L’eau ruisselle sur mon visage alors qu’un mélange de nostalgie et de quelque chose de plus acide se forme dans mon estomac. Mon cœur s’emballe, cogne trop fort dans ma poitrine, comme un poing contre un sac de frappe.

Est-ce qu’un jour, j’arrêterai de penser à lui ?

Un bruit lointain dans l’appartement voisin me ramène brutalement à la réalité. Je coupe l’eau et attrape une serviette pour m’essuyer avant de regagner la pièce principale. Je fouille dans mon sac à la recherche de vêtements propres.

Tant pis pour les réflexions d’hier sur ma tenue. Il fait bien trop chaud pour que je m’inflige un pantalon. J’attrape un short en jean usé et un haut simple, léger, qui laisse les bras nus. De toute façon, je suis quasiment sûre que, peu importe ce que je mets, j’aurai toujours droit à des commentaires. J’enfile rapidement des sous-vêtements avant de glisser dans le short. Le tissu râpe légèrement contre ma peau encore humide. En passant la tête dans le tissu, je surprends mon reflet dans la glace fissurée accrochée au mur. Je ressemble à une personne qui n’a pas dormi depuis des jours. Le blanc de mes yeux est rouge comme si j'avais pleuré toute la nuit, faisant ressortir le vert de mes iris. Mes cheveux bruns, encore humides, collent à ma nuque en mèches poisseuses. Je les brosse rapidement et attrape un élastique pour les attachés en un chignon approximatif. Quelques mèches rebelles s’échappent et encadrent mon visage.

À travers le miroir mon regard tombe sur les fines bretelles de haut qui cache à peine mon tatouage sous ma clavicule. Quod non te occidit, te fortiorem facit. Ce qui ne te tue pas te rend plus forte. À l’époque, c’était Marco qui me l’avait payé. Il aimait le frôler du bout des lèvres aujourd’hui, je le trouve terriblement ironique. C’est faux. Ça ne rend pas plus forte. Ça détruit, tout simplement.

Une vague acide me serre la gorge. Je détourne les yeux, attrape le peu de maquillage que je possède, un fond de teint bon marché, un trait d’eye-liner. Je me maquille très légèrement, juste assez pour camoufler les cernes violets. Les bracelets s’entrechoquent à mon poignet gauche quand je l’enfile, cachant comme toujours cette foutue marque d’allégeance qui me brûle la peau rien qu’à y penser. Dès que j’aurai les moyens, je le ferai recouvrir.

Je dois arrêter de penser à eux. Je récupère mon sac et sort et sors de l’appartement en prenant soin de bien verrouiller la porte. Je fais deux tours de clé, par habitude. Même si je n’ai pas grand-chose à voler, je n’ai aucune envie de rentrer et de retrouver l’appartement sens dessus dessous. Dès l’instant où j’ouvre la portière de la Toyota, la chaleur accumulée me frappe comme un uppercut en pleine face. L’odeur du cuir fondu et de l’essence stagnante m’agresse les narines, écœurante, tandis que je m’installe derrière le volant. Le tissu brûlant du siège colle instantanément à mes cuisses nues, une caresse poisseuse qui me fait grimacer. Je tourne la clé dans le contacteur, mais encore une fois, le moteur se met à toussoter, crachotée et refuse de démarrer.

— Allez… s’il te plaît, je n'ai pas le temps ce matin.

Je réessaie, mais cette fois en appuyant sur l’accélérateur. Les secondes s’étirent, interminables, puis le démarreur gémit, hoquette et finit par ronronner faiblement. Je souffle, essuyant la sueur qui perle à ma tempe, puis je sors de ma place de stationnement pour m’engager sur la route. La chaleur monte du sol en vagues, brouille l’air devant moi. Je baisse la vitre pour un peu d’air, à cette heure-ci, l’air est encore respirable.

Je fais un détour par le petit supermarché à deux rues du club de sport. Dès que je pousse la porte vitrée, l’air conditionné me frappe comme une vague glacée, un soulagement brutal après la moiteur étouffante de la rue. Je saisis un panier et file entre les rayons, pressée d’en finir au plus vite. J’ai toujours détesté faire les courses, ça tient plus de la corvée que du plaisir, contrairement à ma grand-mère. Elle partait avec son petit cabas à roulettes, bien décidée à passer l’après-midi au supermarché du quartier. Elle prenait son temps, palpait les fruits un par un, lisait chaque étiquette comme si c’était un roman policier, traquait les promos avec une patience de chasseur. Pour elle, faire les courses était un vrai challenge, presque un jeu.

Je revois son sourire quand elle déballait ses courses sur la table de la cuisine, fière comme si elle avait gagné au loto. Je n’ai clairement pas hérité de ce gène-là. Je remplis rapidement mon panier de pâtes, de sauce tomate, de pain, de quelques fruits, et d’un paquet de viande bon marché. Je m’arrête devant le rayon hygiène féminine, attrape une boîte de tampons et la cache machinalement sous le reste de mon panier.

— Hé salut, tu habites dans le coin ?

Je me retiens de lâcher un long soupir d’agacement. Franchement, ce n’est pas le jour pour me faire draguer devant le rayon tampon d’un supermarché discount. Je tourne la tête, déjà prête à rembarrer le gars, mais je m’arrête nette en voyant que c’est Noah. Il est tout sourire, dégoulinant de sueur, le visage écarlate comme s’il venait de faire un sprint. Ses cheveux blond foncé collent à son front en mèches humides, et son tee-shirt est trempé au point qu’il moule son torse.

Il a l’air à la fois ravi de me voir et essoufflé, comme si cette rencontre l’avait pris par surprise autant que moi. Je réalise que je dois avoir l’air d’une idiote plantée là avec mon sac de courses qui pèse une tonne contre ma jambe.

— Euh… je suis Noah, du club Redstone, précise-t-il vite en voyant que je reste muette.

Il passe une main nerveuse dans ses cheveux trempés, les ébouriffant encore plus, et détourne brièvement les yeux. Il a l’air gêné maintenant, comme s’il regrettait d’avoir lancé la conversation.

— Oui, désolée, j’étais dans mes pensées, souris-je en ajustant mon sac pour qu'il ne glisse pas.

Il rit doucement, l’air soulagé.

— C’est plutôt à moi de m’excuser. Je ne voulais pas te faire peur. J’étais parti m’acheter une bouteille d’eau, quand je t’ai vue.

Je baisse un peu les yeux sur mon sac, histoire de cacher que je suis encore un peu gênée d’être plantée là devant les tampons, mais je relève la tête vite.

— Tu viens de la salle ?

Noah fronce légèrement les sourcils, un peu surpris.

— Non, pourquoi ?

— T’es trempé.

Je dis ça sans arrière-pensée, mais en réalisant après coup que ça pourrait sonner bizarre. Tant pis. Il regarde son tee-shirt collant et grimace un sourire.

— Ouais, je cours tous les matins avec Blake avant d’aller à la salle. C’est une sorte d’échauffement. On fait un tour du quartier, et après on enchaîne les poids.

Je cligne des yeux, surprise par son enthousiasme presque enfantin.

— Tous les matins ? Même avec cette chaleur, répété-je, incrédule.

Il se met à rire et essuie une nouvelle goutte de sueur de son front avec le bas de son tee-shirt

— Si je veux rester au niveau, il faut bien ça, répond-il avec un haussement d’épaules, à la fois fier et las. Et de toute façon Blake ne nous laisse jamais le choix.

Je hausse un sourcil, retenant un sourire amer. Blake cocher déjà la case connard et maintenant tyran. Décidément, ce mec a vraiment le package complet. Je ne comprends même pas pourquoi tout le semble le respecter.

— Si ça te dit, viens avec nous un matin. Ça pourrait être cool.

— Aussi cool qu’une séance de torture pour moi, je réplique, un sourire amusé en coin.

Il éclate d’un rire franc, le genre qui fait vibrer l’air autour de nous et qui attire même un regard distrait d’une caissière au loin. Je ne peux m’empêcher de rire avec lui, plus doucement, mais sincèrement.

— T’es dure, finit-il par lâcher. Promis, on commencera doucement. Blake est un monstre mais moi, je suis humain, je te laisserai marcher de temps en temps et on commencerait doucement. Pas de burpees dès l’aube… enfin, peut-être juste une centaine.

Je lève les yeux au ciel, mais je sens que je souris pour de bon cette fois.

— Tentant, vraiment.

— Bon je te laisse avant que Blake perde patience et vienne me chercher.

Il rit doucement, un peu gêné, et jette un coup d’œil vers la vitre comme s’il craignait vraiment que Blake ne surgisse. Vu son air, je me demande si Blake serait vraiment capable de débarquer pour venir le chercher. Je me surprends à suivre son regard, comme si moi aussi j’attendais de le voir apparaitre à tout instant.

— Je te dis à tout à l’heure, Torrie.

— À tout à l’heure,

Au lieu de lui emboîter directement le pas, je décide de déambuler dans les rayons.

Il m’a déjà trouvée devant le rayon intime, je n’ai aucune envie, en plus, de passer juste à côté de lui pour poser mes tampons sur le tapis devant lui. Je m’arrête devant le rayon chocolat, à quelques pas des caisses où Noah patiente. De là, je peux attendre sans que ça paraisse étrange. Je fais mine d’étudier les tablettes, le noir 85 %, la caramel fleur de sel, l’éclat de noisette tout en jetant des coups d’œil discrets.

C’est là que je le vois.

Blake.

Il tourne en rond dehors, comme un lion en cage. Son tee-shirt est trempé de sueur, lui colle au torse, cheveux humides sont plaqués en arrière, seule une mèche semble se rebellé et lui tombe sur son front. Contrairement à Noah semblé à bout, Blake dégage une énergie contenue, presque électrique. Il fait les cent pas, la mâchoire serrée. À chaque tour, il jette un regard vers l’entrée du magasin, comme s’il comptait les minutes.

Je n’ai pas besoin d’entendre pour deviner qu’il perd patience. Son regard noir balayant la rue tandis qu’il, croise les bras.

Noah, lui, avance enfin à la caisse et échange quelques mots avec la caissière. La jeune femme a clairement succombé à son charme. Elle rougit légèrement lorsqu’il récupère sa monnaie et, d’où je suis, je remarque sans peine son regard qui s’attarde un peu trop longtemps sur lui. Elle le déshabille des yeux sans la moindre gêne, comme si elle imaginait déjà la suite. Noah, lui, ne semble pas le remarquer.

Il la remercie encore d’un signe de tête, naturel, et se dirige vers la sortie sans un regard en arrière. Il a ce naturel désarmant, cette innocence presque candide qui fait probablement tomber la moitié des filles qu’il croise… sans qu’il s’en rende compte le moins du monde.

Je reste plantée devant le rayon chocolat, un sourire amusé malgré moi aux lèvres. Je me décide à prendre une tablette de chocolat au lait et d’aller à mon tour jusqu’à la caissière. Contrairement à Noah, je n’ai pas droit au grand sourire. Plutôt un regard blasé de la caissière, qui passe mes articles sans motivation. Elle passe mes articles sans grande motivation. Elle ne semble pas vraiment apprécier travailler ici. Je sors quelques billets froissés de mon sac, les déplie rapidement et les tends à la caissière. Elle les attrape du bout des doigts, comme s’ils étaient contagieux ou risquaient de la brûler, avec une grimace à peine dissimulée. Elle les lisse machinalement sur le comptoir avant de les compter lentement.

Elle me rend la monnaie et marmonne un « merci, bonne journée » d’une voix monocorde, déjà tourné vers le client suivant.

— Bonne journée, je réponds par réflexe.

Je ramasse mon sac, passe les portes automatiques, et la chaleur brutale du dehors me frappe de plein fouet, comme une gifle moite et lourde. L’air est épais, chargé d’humidité et d’odeurs d’asphalte chauffé par le soleil. Je balance tout sur le siège arrière de la Toyota, sans ménagement. Je m’installe au volant, le siège brûle presque sous le tissu, et je grimace en claquant la portière. L’idée de traverser les deux rues qui me séparent du club à pied me traverse l’esprit, mais je la repousse aussitôt. C’est en plein soleil, la chaleur est déjà écrasante, et les trottoirs sont à peine des bandes de bitume fendillé bordées par des voitures qui roulent trop vite. Je démarre le moteur qui toussote une dernière fois avant de ronronner.

La playlist reprend automatiquement sur "Hit Me With Your Best Shot" de Pat Benatar. Les guitares attaquent, sa voix perce le silence. C’est plus fort que moi. Je monte le volume d’un cran et, sans même m’en rendre compte, je commence à chanter le refrain en sortant du parking, vitres baissées, cheveux fouettés par l’air tiède du soir.

— Well you're a real tough cookie with a long history of breaking little hearts like the one in me…

Les paroles sortent toutes seules, un peu fausses sur les aigus, mais je m’en fiche. Je roule vers le club, la musique à fond, le vent qui entre par les fenêtres ouvertes. Je tape du bout des doigts sur le volant en rythme;

That’s all right, let’s see how you do it Put up your dukes, let's get down to it…

Je tourne sur la grande artère, direction le Redstone. Le soleil tape sur le pare-brise, transforme l’habitacle en serre. Je gare la voiture sur le parking du club, mais je reste dans la voiture jusqu’à la fin de la musique. J’augmente le son au maximum, hurle les dernières paroles de Pat Benatar à pleins poumons, en dansant comme si j’étais à son concert. Et c’est seulement quand je coupe le moteur que je le vois.

Blake.

Adossé contre le mur, il me regarde avec dédains. Mes joues s’enflamment instantanément. Merde. Il m’a vue et surement entendue. Qu’est-ce qu’il fout là ?

La clim est coupée, la chaleur monte en flèche, et je me sens soudain toute petite dans ma voiture. Je n’ose pas sortir de la voiture. Je fais mine de chercher quelque chose dans mon sac, fouillant nerveusement, mais en jetant des coups d’œil discrets vers lui, je vois que son regard est toujours fixé sur moi.

Génial. Je vais finir par cuire vivante si je reste ici. La température grimpe déjà, l’air devient irrespirable, ma peau moite sous mes vêtements légers. Je me mords l’intérieur de ma joue, nerveuse, me débattant avec moi-même, descendre maintenant et faire comme si de rien n’était ou attendre qu’il finisse par entrer.

Il n’a visiblement aucune intention de partir.

Je prends une inspiration brûlante et attrape mon sac. Tant pis. Je ne vais pas lui donner la satisfaction de me voir prostrée plus longtemps. Je finis par pousser la portière, attrape mon sac, mes courses et sors dans la fournaise. Mes jambes sont encore un peu molles, la sueur colle déjà mon top léger dans le dos. Je marche droit vers l’entrée latérale réservée aux Reds, tête haute, comme si je n’avais pas passé les cinq dernières minutes à cuire vivante sous son regard.

Il ne bouge pas d’un seul pouce, ses yeux noirs me suivent sans ciller tandis que j’approche. L’air entre nous semble plus lourd, plus chaud que le reste de Phoenix. Je passe si près de lui que je sens la chaleur de son corps. Mon épaule frôle presque son bras.

— Bonjour, lâché-je poliment.

J’attends une réponse, mais il reste silencieux. Ma mâchoire se crispe imperceptiblement et je me retiens de l’envoyer balader. Mes doigts tremblent légèrement lorsque je compose les chiffres du digicode. La porte s’ouvre dans un claquement sec. Je pousse le battant et entre sans me retourner. L’air conditionné du hall me frappe enfin, brutal, presque salvateur. Pourtant, la chaleur qui pulse encore sous ma peau refuse de s’éteindre.

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