Chapitre 43 - Partie 2

3 minutes de lecture

Deux heures plus tard, l’atelier se termine, mais la musique pulse encore dans mes oreilles. Les corps ralentissent, les respirations se calment peu à peu et les conversations reprennent leur place naturelle dans l’espace.

Je passe une main dans mes cheveux humides, tentant de calmer les battements trop rapides de mon cœur, quand je sens une présence se glisser derrière moi. Les mains d’Ameth trouvent mes hanches avec cette douceur instinctive qui lui appartient et il dépose un baiser chaud dans mon cou, juste sous l’oreille.

  • Beurk ! Je suis pleine de sueur ! je proteste.
  • Ça m’a jamais dérangé.

Je fronce le nez, un sourire me trahit déjà.

  • Compte pas sur moi pour faire pareil.
  • Tu n’as qu’à m’embrasser ailleurs…

Je lève les yeux au ciel, mais mon sourire s’élargit malgré moi, et je finis par attraper son t-shirt trempé et l’attire pour un baiser chaste.

  • Pas si vite, ma belle.

Ses doigts encadrent mon visage, ses lèvres épousent les miennes, plus fermes, plus avides. Je ne m’habituerai jamais tout à fait à cette manière qu’il a de faire déborder l’intimité hors du privé, même ici, devant tout le monde.

  • Bon, ça suffit les démonstrations d’affection publiques ! lance Clara dans notre dos. On a des trucs plus importants à discuter. Mes 25 ans, c’est dans deux semaines. Je veux tous vous voir, pas d’excuses !

Un chœur de protestations amusées lui répond, mais tout le monde est déjà en train d’accepter. Ameth lève la main, toujours collé à moi.

  • On sera là.

Je hoche la tête. Clara sourit, note quelque chose sur son téléphone, puis relève les yeux.

  • Je vais réserver trois tables dans un bar à jeux pour la soirée. Donc, si vous voulez ramener quelqu’un, dites-le moi vite.
  • On peut inviter des gens ? s’enquiert mon compagnon.
  • Oui, carrément ! Plus on est de fous, plus on rit. En plus, ça me fera un cadeau supplémentaire, répond Clara sans hésiter.
  • On pourrait inviter ton ami, non ? suggère-t-il en se tournant vers moi. Celui dont tu m’as parlé ce matin. Ce serait l’occasion de se rencontrer dans un cadre un peu fun.

Mon esprit s’emballe : si je refuse, il faudra que j’explique pourquoi; si j’accepte, ça veut dire que je ne pourrais préparer ni Ameth, ni Zed à la réalité de ma vie amoureuse avant le jour J.

Je devrais répondre, je devrais être fluide, mais les mots peinent à se frayer un chemin dans les méandres de mon cerveau avant d’atteindre ma bouche.

  • Euh… Oui… Pourquoi pas.

Son bras reste autour de moi, stable, naturel, sans percevoir encore le petit décalage que ça crée en moi. Je sens le monde continuer autour de nous, les rires, les sacs qu’on récupère, les conversations qui s’éloignent déjà vers le couloir.

Je sens que si je ne parle pas maintenant, je ne le ferai pas du tout. Ce serait une catastrophe.

  • Ameth ? Il faut que je te dise quelque chose…

Je ne sais pas si je dois chercher son regard ou le fuir.

  • Zed… Mon ami… C’est quelqu’un qui a ses propres démons, comme moi. Et surtout… Ce n’est pas qu’un ami. On… on a eu un truc. Enfin… c’est compliqué.

Le dire à voix haute le rend plus réel que tout ce que j’avais imaginé. Je laisse échapper un souffle nerveux. Ses doigts remontent contre ma nuque, m’invitant à poursuivre.

  • Il n’y a pas d’ambiguïté aujourd’hui. Mais comme il est parfois aussi fragile que moi, je n’ai pas osé lui dire qu’on était ensemble par texto. J’ai pas envie de lui parler de nous, cachée derrière un écran. Ça me parait pas honnête.

Cette fois, il hoche doucement la tête, son pouce dessinant un mouvement lent contre ma peau.

  • Je comprends.

Pas de tension dans sa voix, pas de retrait, juste cette manière qu’il a d’accueillir les choses sans les brusquer qui me déstabilise encore plus.

  • Tu veux toujours qu’il vienne ? je demande, presque malgré moi.

Il esquisse un sourire léger.

  • Oui. On a jamais eu cette discussion des ex, toi et moi, rit-il. Honnêtement… ça m’est égal. Ce qui compte, c’est maintenant. Et maintenant, t’as une brosse à dents chez moi, ajoute-t-il en m’embrassant.

Cette phrase-là, au lieu de me rassurer, me laisse une impression étrange – comme un petit malaise. Malgré tout, je souris et lui emboîte le pas vers la sortie.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire YumiZi ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0