Chapitre 44 - Partie 4

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Quand je coupe enfin le robinet, le silence me tombe dessus avec une brutalité étrange.

Je me sèche par gestes automatiques, espérant qu’un mouvement ou un autre remette un peu d’ordre dans ce qui vient de se fissurer en moi. J’enfile un ensemble en coton, lance une playlist, sans la regarder. Je m’assois un instant dans le canapé, puis je me relève presque aussitôt. Rester immobile me donne l’impression de dériver. C’est peut-être ce que je fais, d’ailleurs.

Une vibration sur l’accoudoir attire mon attention.


Zed : Salut. Comment tu te sens ?


Il avait dit qu’il écrirait. Il n’a pas oublié. Il n’oublie jamais.

Je me sens… comme une maison vide, avec un besoin de réconfort qui ne sait pas où se poser, ni comment se dire autrement que par quelque chose de simple, de familier, de sûr.


Moi : Ça va. Je suis juste un peu fatiguée. Si t’es dispo… on peut faire une partie de Heroes ? Comme avant. Ça me ferait du bien.

Zed : Ouais. Moi aussi. Je rentre et j’allume le PC.

Moi : Je t’attends. Merci.


Mon regard accroche les cartons, le canapé, la table basse à la recherche d’une zone de jeu. Il n’y a ni chaise, ni bureau ici. Je travaille sur mon canapé.

Je pourrais m’installer sur la table basse, à même le sol, comme je l’avais fait chez Zed, en Grèce.

Je fouille mes cartons à la recherche de mon casque et puis je m’assois, l’assise du sofa en guise de dossier. Ce sera suffisant pour ce soir.

J’allume l’écran. La lumière tranche dans la pièce, trop nette, presque étrangère. Pendant quelques secondes, je ne fais rien. Mes mains restent immobiles, posées là, dans l’attente absurde qu’on leur rappelle quoi faire.

J’ouvre l’application de conversation, entre dans un salon vocal et j’attends, la musique toujours en fond sonore.

Après quelques minutes, un petit bip m’informe que Zed m’a rejoint. Il ne dit rien. Moi non plus. La gêne me gagne tout à coup et je romps le silence d’un unique mot maladroit :

  • Salut.
  • Salut.

Sa réponse tout aussi brève que la mienne ne m’étonne pas. Je sais qu’il s’attend à ce que je comble le silence, comme je l’ai toujours fait, mais je ne m’en sens pas la force. Pas ce soir. Je m’enfonce un peu plus contre le canapé, cherchant une position qui n’existe pas.

  • Li-li et Nova ? demande-t-il finalement.

Un autre jour, j’aurais dit oui, sans hésiter, mais ce soir quelque chose d’autre s’agite à l’intérieur et demande à s’exprimer.

  • Je sais pas trop… J’ai… Je veux pas juste rester en retrait. J’ai envie de casser des trucs, de tuer des ennemis.

Un reste de colère ou un sursaut de rébellion. Je sais juste que j’ai envie de sortir de notre schéma classique.

  • Prends un assassin alors. C’était Orphea que tu aimais bien à un moment, non ?
  • Oui, mais… Je la maîtrise pas assez. Et puis, j’ai pas l’énergie d’anticiper ses ultimes.
  • Dans ce cas, garde Li-li. Et change ton build. Laisse tomber le heal pur. Joues la plus offensif.

A force de jouer les mêmes combinaisons, j’avais même oublié que mon personnage fétiche dispose d’alternatives à ses sorts de soin. J’essaie d’imaginer : un skin familier, des compétences similaires, une variation rassurante. Est-ce que je vais oser changer quelque chose que je croyais immuable ?

  • On peut faire des parties d’entrainement, murmure Zed. Juste toi et moi.
  • Ça ira quand même pour toi ? Tu pourras jouer Nova comme ça ?

Je culpabilise d’avance d’être un poids pour lui, de le freiner dans son exutoire.

  • Je ne vais pas la prendre. J’ai envie d’essayer autre chose, moi aussi. Je vais jouer Tyrael. Je pense que ça peut marcher. Différemment, mais ça peut le faire. On tente ?

J’espère que ma voix ne tremble pas trop quand j’accepte.

Pendant que les écrans de chargement défilent, la mélodie continue de tourner sur mon téléphone. Aujourd’hui, plus que jamais, je veux la garder avec moi, comme une couverture – ou une armure – et l’amener dans le canal vocal.

  • Ça t’ennuie si je mets de la musique pendant qu’on joue ?
  • Non, vas-y.

Je tape une commande pour ajouter deux chansons – SOS d’un terrien en détresse et Half a Man –, et le bot nous rejoint. La partie démarre en même temps que la musique. Je laisse les premières notes s’installer avant même de bouger mon personnage. J’avance à contre-temps, me place derrière Zed, en pilotage automatique, reconnaissant d’avance la trajectoire à suivre.

On avance, on récupère la tour de guet, on esquive les ennemis et on se dirige vers une première zone de la récolte de pièces. Un camp de mercenaire à soumettre fera l’affaire pour commencer. Je reste dans le sillage de Zed, tel que je l’ai toujours fait.

Quelques minutes plus tard, le camp est maîtrisé, on récupère les pièces et on avance vers le pirate pour le payer.

  • Alors… Qu’est-ce que tu as fait de ta soirée ?

La question me prend de court. Je le force à faire la conversation. Il n’aurait jamais posé la question avant. Ou peut-être que c’est une nouvelle facette de lui que je ne connais pas encore. Il a pris un personnage qu’il connaît à peine alors que sa Nova est niveau 154…

  • Du sport, une douche…

Une crise de larmes, une révélation…

  • Rien de folichon. Et toi ?
  • J’ai été à une réunion. J’avais besoin de parler… de trucs.

On n’a jamais parlé frontalement de son addiction. Je n’ai jamais ouvert le sujet, le jugeant trop sensible, mais puisqu’il l’aborde, je me lance :

  • Tu veux m’en parler aussi ?
  • Pas tout de suite. Mais oui.
  • Ok. Attention, à ta droite !

J’appuie sur la touche & de mon clavier, le raccourci vers mon sort d’invincibilité temporaire, mais ça ne marche pas. Ce n’est pas le sort que j’ai sélectionné pour cette partie.

Mince ! Qu’est-ce que je fais ?

Pas le temps de réfléchir plus, Tyraël se lie à moi, récupère mes dégâts, d’autres alliés rappliquent.

  • On se casse !
  • Désolée…
  • T’inquiète. Mais, t’es encore en mode heal, là. Prends tes marques, ne te repose pas sur tes habitudes.
  • Ouais… Ok.

Ne pas rester derrière lui. Je suis heal, mais je suis offensive. Ok…

On donne nos pièces, on repart à l’attaque. Face à une tour de défense, Diablo surgit, peu de point de vie. Je lance mon nouvel ultime : le dragon d’eau. Il s’enroule autour de moi, s’envole et transperce l’adversaire de la tête au pied. Il ralentit puis explose.

  • Oh wow… Ok, ça… C’était cool.

La sensation de puissance est grisante. Rien à voir avec les kills que je lui vole par inadvertance ou par chance avec mes petites bourrasques habituelles. Le rire monte tout seul, libérateur, accompagnant les derniers fredonnements de Dean Lewis.

Une guitare douce, inattendue prend le relais. Une chanson que je n’ai pas ajoutée : Keep Holding On d’Avril Lavigne.

  • Tu participes à la playlist ?
  • Apparemment. J’ai mis qu’une chanson. Si ça te dérange, j’en mettrai pas d’autre.

C’est la première fois qu’il apporte sa contribution. Je ne sais pas quoi faire de cette nouveauté.

  • Non, non. Au contraire. J’aime bien.

On continue à jouer, à avancer, à nettoyer les zones une à une, comme si le reste du monde pouvait attendre derrière les murs du jeu. Peu à peu, d’autres morceaux viennent s’ajouter, des titres que je glisse sans vraiment réfléchir, un peu moins sombres, un peu moins lourds — juste assez pour respirer autrement sans casser le fil.

Et puis, sans prévenir, une mélodie différente s’installe, plus lente, plus terreuse. Une country mélancolique que je ne reconnais pas.

Je reste en retrait, près de l’idole, le temps que le combat se stabilise, et j’ouvre la playlist pour voir. Le titre apparaît : La bonne pomme. Une recherche sur internet et je trouve les paroles. Je les découvre au rythme de la mélodie, délaissant momentanément le jeu.

Une petite fille qu’on force à grandir trop vite. Élevée dans une famille toxique, elle s’en sort en partant… mais garde en elle une douleur silencieuse, qu’elle n’a jamais vraiment pu déposer. Cette chanson, c’est comme une version de moi que je n’ai jamais dite à voix haute.

Un couplet parmi tous les autres me bouleverse :

Quand les pommes pourries te font des reproches

Ton cœur de pomme se durcit et devient une roche

Tu as coupé tes racines avec le vieux panier

Une orpheline, tu as toujours été

Sans que je puisse l’empêcher, les larmes reviennent. Orpheline. Le mot est doux, mais cru, criant de vérité. J’ai un arbre généalogique, des liens de sang, mais pas de parents. Tout comme je n’ai jamais connu de foyer, de “chez moi”, je n’ai pas de famille. Le procès se charge d’éradiquer ce qu’il subsiste du simulacre de relation entre eux et moi.

Les derniers vers m’achèvent :

Je serais là à tes côtés, si tu veux me parler

Les meurtrissures cachées sous ta pelure

Toutes ces similitudes, et cette phrase, surtout, ce n’est pas un hasard, ça ne peut pas en être un. Ça me traverse avec une évidence un peu vertigineuse : c’est lui. Une main tendue, une oreille, une épaule, une présence discrète, constante, au bon endroit.

Ça me serre la poitrine, d’une façon moins douloureuse que pleine. Contrairement à mes amis, à mes ex, et même mon compagnon actuel, Zed écoute, comprend. Pas de faux semblants, de “N’y pense plus” ou “Souris, ça va aujourd’hui”. Il ne minimise pas les démons, ne cherche pas à les faire taire. Il les embrasse.

Je ravale ce qui monte et, dans un souffle un peu cassé, je lâche :

  • C’était joli, ça. Merci.
  • Et sinon… On n’a pas vraiment développé tout à l’heure. Par rapport à ton frère… Tu en sais un peu plus sur lui ?

Je fixe l’écran, mais je ne vois plus rien. C’est bête, parce que la question est simple, posée sans insistance et pourtant ça me serre, bloque mon souffle. Je me souviens des mots de Caroline, les maigres informations qu’elle m’a transmises à travers le brouillard et que j’ai repoussées dans un coin de ma tête.

  • T’es pas obligée de répondre, hein ! On n’a même pas à en parler si…
  • Ça va. Il s’appelait “Florentin”.

Le prénom me reste un peu dans la bouche, cotonneux comme un nuage. La suite sort sans que j’y pense :

  • Comme quoi… On était prédestinés à se faire bouffer dans cette famille.
  • Tu sais… J’adore quand tu es comme ça, lâche-t-il, un sourire dans la voix.
  • Comme quoi ?
  • Avec cet humour un peu mordant.

Je pince les lèvres, un bref instant. Bien sûr qu’il apprécie, c’est son mode de communication favori – l’humour noir, l’auto-dérision, le sarcasme à la limite de l’auto-flagellation. Mais je ne veux pas qu’il voit ça comme autre chose que ce que c’est : le signe que dorénavant je ne feins plus la lumière, que je peux me montrer un peu rugueuse, sans filtre.

  • Je ne fais pas ça pour toi.
  • Je sais. C’est encore mieux, ajoute-t-il après un petit temps.

Un rire bref m’échappe, à peine un souffle, désabusé, incrédule. Au-delà du soulagement de ne pas être repoussée, il y a aussi quelque chose comme le plaisir de le voir s’ouvrir.

  • J’aime bien quand tu me dis ce que tu penses.
  • Je ne fais pas ça pour toi.

Je reconnais cette copie conforme de ma phrase comme l’invitation qu’elle est : “est-ce que tu veux jouer ?”.

Avec lui, oui, j’ai toujours envie de jouer. Alors je l’imite à mon tour :

  • Je sais. C’est encore mieux.

Cette fois, je ris de bon cœur, parce que notre complicité, ces automatismes à deux, ces moments où tout trouve sa place sans effort, m’ont manqué. De nouveau d’aplomb, je replonge dans la mêlée.

  • Allez, on y retourne !

On reprend la partie, les réflexes se mêlent aux anciennes habitudes. Les objectifs s’enchaînent, les mélodies aussi, les zones tombent une à une et la victoire finit par ne plus être vraiment l’enjeu, parce qu’on s’amuse plus qu’on ne se bat.

Une nouvelle chanson inconnue se glisse dans le canal. Je jette un œil au titre – First Day of My Life – puis cherche les paroles en ligne. Je me rappelle les mots de Zed l’autre jour : “je suis nul pour exprimer ce que je ressens”. Le doute n’est plus possible, c’est un autre message. Il est bien, là, avec moi dans sa vie.

Je glisse ma réponse dans la playlist sans vraiment réfléchir, comme si c’était la seule façon cohérente de continuer à lui parler – You Get Me de Michelle Branch. Il ajoute aussitôt The first time we met et Ordinary. Je mets dans la file No One Like You de Alee.

Sur l’écran, nos personnages détruisent une tour, prennent l’avantage dans une embuscade parfaitement exécutée, mais tout cela devient secondaire, lointain. La partie continue par réflexe, mais l’essentiel se joue ailleurs, dans ce ping-pong musical, dans le rythme des titres qui s’empilent.

Zed : Count on me - Bruno Mars

Maud : Toi seul - Maidi Roth

Zed : Soul sister - Train

Je souris sans trop savoir pourquoi, peut-être parce que j’ai toujours pensé que nos âmes se reflètent l’une l’autre, qu’on est fait du même matériau. Il est ma famille, mon double, mon chez moi.

Maud : Home - Edward Sharp and The Magnetic Zeros

À force d’échanger des chansons, quelque chose finit par glisser hors du jeu, hors du raisonnable aussi. Les titres s’enchaînent avec une facilité déconcertante, comme si on parlait enfin la même langue sans avoir besoin de trébucher sur les mots. Chaque réponse arrive au bon moment, avec la bonne nuance, la bonne intensité. Rien n’a jamais été aussi fluide entre nous.

Il répond par The Only One de Hot Chelle Rae. Je reconnais le titre avant même les paroles. Une déclaration sans détour, frontale, totale, qui me coupe le souffle.

Et d’un coup, l’image revient : le mouvement interrompu, ma main sur sa joue, son recul. Mon ventre se serre. Parce que ça ne colle pas.

Il ne peut pas affirmer quelque chose d’aussi immense après avoir esquivé un simple baiser. Alors quoi ? Qu’est-ce qu’il aime exactement ? Une version de moi ? Une idée ? Et même si ça collait… comment pourrait-il aimer quelqu’un que moi-même je ne sais pas définir ?

Ça me ramène à Ameth. J’ai l’impression que c’est ce qui a fini par tout abîmer entre nous : il a décidé qu’il m’aimait avant même de savoir qui j’étais, sans accepter toutes les facettes de celle que je reconstruis.

Je fixe l’écran sans vraiment voir les mots. En arrière plan, les combats continuent, les annonces du jeu se succèdent, mais tout devient lointain derrière le vacarme qui monte dans ma tête.

Cette fois, je ne renvoie rien. L’incompréhension, le décalage entre ses actes, ces deux réalités, me paralyse. Je ne sais pas comment le formuler. Le silence devient un interlocuteur à part entière.

Après des secondes – une éternité – une nouvelle chanson se lance. Grow as We Go de Ben Platt.

Les premières notes ne cherchent pas à imposer quelque chose de brutal ou de définitif, elles prennent leur temps comme si elles savaient qu’elles allaient devoir s’adresser à quelque chose de déjà trop chargé pour se défendre.

Je regarde les paroles, prête à les voir prendre vie et me manger.

You say there's so much you don't know

You need to go and find yourself

You say you'd rather be alone

'Cause you think you won't find it tied to someone else

Ooh, who said it's true

That the growing only happens on your own?

They don't know me and you

I don't think you have to leave

If to change is what you need

You can change right next to me

When you're high, I'll take the lows

You can ebb and I can flow

And we'll take it slow

And grow as we go

Grow as we go

You won't be the only one

I am unfinished, I've got so much left to learn

I don't know how this river runs

But I'd like the company through every twist and turn


Je reste immobile sans m’en rendre compte, parce que quelque chose accroche là où je ne m’y attendais pas.

Les mots sont justes. Lui aussi est en reconstruction. C’est peut-être ça qui coince, qui a provoqué son retrait. Peut-être qu’il doute, lui aussi, que je le vois pour qui il est. Après tout, je n’ai vu “que ce qu’il a bien voulu me laisser voir”.

La voix de Zed finit par percer cette boucle intérieure :

  • Je me disais… C’était y a longtemps, mais on avait parlé d’apprendre à se connaître. Si tu es toujours partante, j’aimerais bien qu’on essaie ça. Genre, passer du temps ensemble, pas que sur Heroes.

Sa phrase ne contredit rien de ce que je viens de penser, elle s’y ajoute plutôt, comme une continuité possible au lieu d’une rupture.

Je revois ses yeux rougis, son air perdu, contrit, le jour où il est parti en cure.

“Peut-être qu'on peut en profiter pour s'apprendre ensemble ?”

Deux âmes écorchées peuvent-elles se raccommoder côte à côte, sans s’abîmer davantage ?

Ça m’effraie, mais j’en ai envie.

  • Avec plaisir.
  • On devrait s’arrêter là pour ce soir, propose-t-il après un souffle. J’ai des trucs à faire demain. Mais si tu veux, on pourrait se voir bientôt. Un ciné, ou juste un moment simple. Rien de compliqué.

Je mordille mes lèvres pour atténuer mon sourire. Ce n’est pas une certitude qu’il propose, mais une porte ouverte, un pas en avant.

  • Oui. C’est une bonne idée.

On reste connectés encore un moment sans parler, et le silence prend une autre forme entre nous. Pas notre silence habituel, quelque chose de moins neutre, plus chargé, sans pour autant devenir lourd.

  • Bon… Et bah, bonne nuit alors.

C’est une affirmation, mais sa voix remonte un peu trop dans les aigus pour que je n’entende pas l’hésitation derrière.

  • Bonne nuit. A bientôt du coup…
  • Oui, souffle-t-il. Bonne nuit.
  • Tu l’as déjà dit.
  • Ouais. Mais.. Bref, bonne nuit. Raccroche maintenant !

Un rire m’échappe malgré moi, et je lui souhaite une seconde fois bonne nuit avant de couper la communication. Le froid de mon salon me retombe dessus d’un coup, la pièce retrouve sa densité habituelle après cette bulle hors du temps. Je ne me lève pas tout de suite, la tête encore trop ailleurs.

Après quelques minutes, je finis par aller me coucher sans vraiment passer par les étapes habituelles, sans même penser à me brosser les dents, juste portée par une fatigue un peu flottante.

En m’allongeant, je me dis qu’il reste des choses en suspension, des choses à déposer quelque part, à dire autrement peut-être, parce que tout est encore trop mêlé pour prendre une forme stable. J’espère que la prochaine séance avec ma psy m’aidera à y voir plus clair.

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