4.7   Enfin des nouvelles 

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L’information livrée par Sanchun me glace. « Il va falloir faire vite et fort si l’on veut les sauver. Cela signifie que nos deux amis sont dans une situation de danger extrême et que quoi que l’on fasse, nous n’aurons pas le droit à l’erreur. Je constate que Télémaque est, lui aussi, très affecté par cette nouvelle, quant à Lillálfur, il est livide .

Heureusement Sanchun reprend la parole :

  • Avant de vous partager ce que nous avons appris, laissez moi vous présenter nos agents. Voici d’abord Kaya Kilan, Kaya est médecin et travaille à l’hôpital central de Taüsegnaµ.
  • En effet, reprend-t-elle, et c’est par ce poste que j’ai pu découvrir le service spécial du sous-sol de l’hôpital. Nous n’avions normalement pas le droit d’y accéder, c’était officiellement un labo consacré à la recherche sur des souches virales. Un soir, nous avons subi une panne d’électricité qui a fait dysfonctionner certains équipements dont l’ascenseur dans lequel je me trouvais. Lorsque les portes se sont ouvertes, je me suis retrouvée au sous-sol et l’élévateur refusait de remonter. Ne connaissant pas les lieux, j’ai cherché les escaliers et c’est là que par hasard je suis rentré dans cette pièce et que j’ai vu des gens attachés et torturés. Pour ceux-là, je ne pouvais plus rien, leurs forces vitales étaient déjà trop amoindries. J’ai pris la première seringue que j’ai trouvée et leur ai injecté de quoi écourter leurs souffrances. Il était tard et personne ne m’a vue. Ne sachant pas qui était au courant dans le service, j’ai gardé cette découverte pour moi et n’en ai parlé à personne.

Visiblement éprouvée par ce souvenir, Kaya se voute comme si elle en supportait tout le poids. Ses bras croisés serrés sous la poitrine sont agités de soubresauts et ses mains tremblent. Son teint pâle est marqué par une tension sensible. Ses yeux noisette très expressifs laissent perler quelques larmes. Mais elle parvient à se reprendre.

  • Heureusement, quelques temps après, j’ai entendu parler de la confrérie du libre arbitre et j’ai enfin pu rencontrer Laut, ici présent avec nous. Je lui ai tout déballé et il a mis le service sous surveillance. Nous avons pu intercepter les deux pseudo médecins qui agissait dans cette officine et nos amis les ont neutralisés. Depuis, le sous-sol a été abandonné. Quant à moi, je transmets à la résistance les tableaux d’admission et de sortie de l’établissement. Cela leur a permis de récupérer déjà plusieurs de nos camarades en danger.
  • Et bien sûr, rajoute Sanchun, c’est Kaya qui nous a avertis lorsqu’elle a vu passer vos amis lorsqu’ils ont été admis après avoir été tabassés par la milice. Mais voici donc Laut Kemian, qui a rencontré Kaya et l’a recrutée. Laut est un de nos plus anciens indicateurs. Rien de ce qui se passe autour de la capitale ne peut lui échapper. Il a créé un réseau de renseignement connu de lui seul et pilote plus d’une centaine de nos agents dans et autour de la capitale.
  • Bonjour, le coupe Laut, ne l’écoutez pas, je ne suis qu’un petit exécutant comme les autres. Mais c’est quand même moi qui vous donnerai des nouvelles des Bçomiens lorsque Sanchun aura fini les présentations.

Doté d’une carrure robuste, de bras de déménageur et d’un visage buriné, Laut ne correspond pas vraiment à un « petit exécutant ». Ses traits creusés et expressifs encadrant des yeux perçants, légèrement cernés, et sa mâchoire carrée lui confèrent une allure à la fois virile et sage. Son expression bien qu’un peu austère marque un charismatique et une dignité naturels.

  • Enfin voici Apian Menya qui est responsable des opérations terrains. Vous pouvez compter sur elle pour vous aider à récupérer vos amis.

Bien que nettement plus jeune que Laut, Apian pourrait passer pour sa sœur par sa silhouette athlétique et une carrure musclée et harmonieuse. Je l’imaginerais bien sur un cours de tennis ou dans une piscine olympique. Son visage plutôt carré, ses traits fins, ses cheveux blonds coupés court lui donnent une expression déterminée. Je pense qu’en équipe avec Laut, ils doivent être redoutables.

  • Je ne sais pas comment vous souhaitez récupérer vos amis, nous dit-elle, mais vous pouvez compter sur nous pour faire le maximum et les ramener sains et saufs.
  • Je vous en remercie et je suis convaincu qu’avec votre aide, nous y arriverons. Mais d’abord il faudrait que vous nous disiez ce que vous savez à leur sujet.

Naturellement, Laut prend la parole en se rapprochant de la grande carte affichée au mur :

  • Vous avez raison. Voilà donc ce qu’il en est. Sour et Niels ont été repérés pour la première fois il y a environ deux semaines par Kaya lorsqu’ils ont été transférés à l’hôpital central du fait de leurs blessures. Nous n’avons pas pu avoir de contact direct avec eux car leurs chambres étaient situées dans une aile isolée du centre hospitalier, qui n’est accessible qu’avec des accréditations particulières. Ils y sont restés une grosse semaine et ont ensuite été transférés vers le centre pénitencier. C’est durant ce transfert que le commerçant que vous avez croisé a dû les voir.
  • Mais savez vous pour quelle raison ils ont été arrêtés, demande, térrifié, Lillálfur ?
  • Pour quelle raison précisément non. Sans doute ont-ils découvert des choses qu’ils n’auraient par du voir. Mais ils sont sous une inculpation de meurtre.

Cette affirmation me parait totalement inconcevable :

  • De meurtre ! Mais je ne les imagine pas capable du moindre forfait. Sour est l’homme le plus droit que je connaisse !
  • Cela ne fait aucun doute, mais l’accusation est totalement infondée.
  • Qui auraient-ils tué, questionne le lieutenant ?
  • La fille du numéro deux du régime. C’est une très belle personne, dans tous les sens du terme. Elle était en opposition frontale avec son père. De ce fait elle était extrêmement populaire auprès de toute une partie de la population et en particulier des jeunes, elle avait vingt-six ans. Elle a disparu il y a un peu moins de trois semaines. Il y a une dizaine de jours, son corps aurait été retrouvé affreusement mutilé et quelques jours après la rumeur se répandait selon laquelle ce serait deux étrangers de Bçome qui l’aurait tuée. Et voilà comment vos amis se sont retrouvés sous accusation.

Une fille d’un cacique du pouvoir qui gène et que l’on élimine. Bien évidemment je pense immédiatement à Ak’irduni, le village de Seerkapah.

  • Je suis sûr qu’elle est encore en vie, le coupé-je, et je crois savoir où elle va se retrouver.

Je leur raconte alors notre visite à Ar’iduni et à l’issue de mon récit chacun est persuadé que la pauvre fille va être déportée vers cet horrible lieu.

  • Nous pensions bien qu’un tel endroit devait exister, conclut Laut, nous en avions entendu parler, mais maintenant grâce à vous, nous savons exactement ce qu’il en est. Il va nous falloir régler ce problème rapidement. Mais l’urgence reste vos amis. Leur jugement devrait se tenir d’ici une dizaine de jours, mais nous en connaissons déjà le verdict : La condamnation à mort !

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