Illusion de liberté
Elle a rêvé de liberté.
Mais la cage est plus douce quand on ne connaît pas l'extérieur.
L’air est lourd. Étouffant. Chaque respiration me brûle la gorge comme un poison insidieux. La fenêtre est ouverte, mais l’air frais du dehors me fait plus de mal que de bien.
Je suis piégée dans cette chambre, cet immense appartement qui me semble plus petit chaque jour. Si l’on me demandait de le dessiner, je pourrais en reproduire chaque fissure, chaque meuble, chaque détails des murs comme une carte de mon emprisonnement.
Je suis libre, pourtant. Je pourrais m’enfuir. Mais je n’y arrive pas.
Je n’arrive plus à bouger. Chaque matin, je crois encore que je vais réussir à m’échapper. Que je vais courir vers cet inconnu qui m’attend, au-delà de ces murs.
Mais la cage est plus douce quand on ne connaît pas l'extérieur.
Je l’entends encore, la voix de ma mère, m’avertir, me dire que le monde là-bas est dangereux. Que la liberté est une illusion. Mais la cage que je porte est si douce. Elle est confortable. Elle me garde en sécurité, me protège des coups du vent, des blessures du monde. Elle a ses chaînes dorées. Je suis esclave de ma propre peur.
Je ferme les yeux. Je me laisse aller contre le mur, la tête contre le verre.
L’extérieur brille de lumière, un éclat presque trop beau pour être réel.
Je crois que j’aurais aimé courir. Mais je ne sais même pas si j’aurais su marcher.

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