Onde de choc
En fin de journée, les écrans de télévision, les tablettes, les smartphones, tous diffusaient la même information : psychologue, légiste et directeur de pompes funèbres impliqués dans une affaire d’enlèvement. Les noms circulaient, les photos floutées des victimes défilaient. La peur avait une voix publique. Dans les cafés, dans les transports, sur les réseaux sociaux : les questions fusaient : qui savait, qui couvrait qui, pourquoi personne n’avait rien vu, et surtout… pourquoi maintenant ?
Marc et Clara observaient depuis leur point de contrôle improvisé. Les bandeaux d’information ne cessaient de défiler, martelant les faits, le mystère, les implications.
- Regarde ça, murmura Marc, les médias ont trouvé les correspondances. Ils relient déjà les corps au dîner, au carnet noir… et à Leroy et Delacroix.
Clara hocha lentement la tête. Ses yeux ne clignaient presque pas.
- Tout se met en place exactement comme on l’avait prévu. Chaque rapport, chaque photo, chaque nom cité… tout alimente la machine.
Le téléphone vibrait sans arrêt. Des journalistes demandaient des interviews, des confirmations. Des chaînes régionales et nationales se succédaient sur les écrans. Les experts commentaient, les présentateurs spéculaient. L’opinion publique se réveillait, et elle était en colère.
- Delacroix doit sentir la pression, dit Marc. Chaque mouvement qu’il fera sera scruté, chaque décision sera interprétée. Il va paniquer, faire une erreur, et nous… nous serons prêts.
Les bandeaux d'information continuaient de défiler : « Psychologue, légiste et directeur de pompes funèbres - Liens possibles avec disparition d’un enfant - Dossier Leroy et Delacroix sous enquête. »
- Les gens ne vont pas attendre, ils veulent des réponses, maintenant. Les responsables politiques ne peuvent plus faire semblant, et chaque seconde où ils tergiversent, nous gagnons du terrain.
Marc ferma le carnet noir, le posa sur la table métallique. Le silence s’installa quelques secondes, presque palpable.
- La chasse a changé de dimension, dit-il. Avant, c’était un puzzle interne, maintenant, public. La mécanique est en marche et elle dévore tout sur son passage.
Clara s’appuya contre le mur, les bras croisés.
- Léo est au centre de tout ça, il doit tenir. Son témoignage est notre levier. Sans lui, tout s’écroule. Nous ferons le nécessaire pour qu'il survive à tout çà.
La rue grouillait de journalistes, de caméras, de micros. Chaque mouvement de Delacroix, chaque sortie de son Ministère, chaque déclaration serait analysé, décortiqué.
- Et maintenant ? demanda Marc.
- Maintenant, on laisse la mécanique faire son œuvre. Et on s’assure que personne ne puisse la stopper -, Clara fixa les écrans -, chaque réaction est un levier, et … Delacroix ne sait pas que l’enfant au centre de tout ça est déjà en sécurité et qu’il détient la clé de sa chute.
Les écrans continuaient de hurler la vérité. La tempête était lancée. Le feu avait été allumé.

Annotations
Versions