Chapitre 29 (3) - Il faut appuyer ici et mon programme se lance

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Le froid humide s’était infiltré dans le salon par la porte d’entrée restée ouverte. La tempête avait brusquement cessé, remplacée par une pluie qui tombait en continu. Ils sortirent tous les trois dans la cour. Au dernier moment, Tom aperçut Paul tourner à l’angle de la rue. Il s’était mis à courir tout droit, dans la rue déserte et silencieuse. Tom le rattrapa et le surprit dans l’ombre d’une voie sans issue, à genoux. Il essayait de soulever une plaque d'égout. Il l’aida à la retirer entièrement. Avec son t-shirt, Paul essuya le revolver et le jeta au fond du trou. Ils l’entendirent tomber lourdement dans l’eau avant de replacer la plaque en fonte dans son emplacement.

- Tu te rends compte de ce que tu me fais faire ? C’est hyper lourd un revolver, jamais je n’aurais cru…, dit Paul qui souriait à moitié.

- J’hallucine totalement pour la soirée, crois-moi ! répondit Tom qui réussit lui aussi à esquisser un sourire, malgré la détresse qu’il lisait dans ses yeux.

Paul ouvrait à présent la bouche, comme si l’air avait du mal à sortir. Il appuya ses mains sur ses genoux et respira profondément pour se calmer. La main de Tom sur son épaule, des gouttes d’eau ruisselaient le long de son cou.

- Ça va aller ?

Paul hocha la tête.

- J’aime bien le programme de tes prochaines années, tu me montres à quoi il ressemble ? osa Tom en le prenant dans ses bras.

- Il faut appuyer ici et mon programme se lance, répondit Paul qui finit par poser ses lèvres sur les siennes.

Dans la rue endormie, froide et humide, la voiture de Lucas arriva à leur hauteur.

- Vous allez rester collés comme ça longtemps ? dit Rickie, qui avait baissé la vitre du passager avant.

- Allez dépêchez-vous de monter à l’arrière, vous allez attraper froid à rester ici. Ne traînons pas dans ce quartier plus longtemps.

Dans la 4L, Rickie se retourna vers eux, avec l’enveloppe qui contenait les photos et s’adressa à Tom.

- On les détruit ?

Tom opina du chef. Rickie ne se fit pas prier et déchira en petits morceaux chacune des photographies polaroids, tels de gros confettis.

- Dommage, je les aurais bien regardées, moi, ces photos. Au moins une fois, histoire de me rincer l'œil ! Bah quoi, qu’est-ce que j’ai dis ? Vous n’êtes pas drôles ! dit Lucas d’une voix fatiguée mais joyeuse pour détendre l’atmosphère.

Trajet silencieux. La main fébrile de Tom, serrée dans celle de Paul. Lucas déposa Rickie chez lui en premier.

- Merci encore pour tout Lucas.

Il essuya une larme sur sa joue et regarda les deux garçons à l’arrière. Il leur fit un clin d’oeil, avant de descendre de la voiture. Deux minutes plus tard, elle les déposa à leur tour devant l’appartement de Tom.

- Comment te remercier Lucas ? Je te revaudrai ça. On se voit très vite au Petit Marcel, promis, dit Tom.

La main droite de Lucas vint lui ébouriffer les cheveux.

- Rentrez au chaud tous les deux. Moi je retourne bosser. Je ne vais quand même pas laisser Marie fermer toute seule le café !

Paul et Tom regardèrent la voiture tourner au premier feu, avant de disparaître, à l’angle de la rue. Il était tout juste minuit quand il tourna la clef de son appartement.

A peine eut-il fermé la porte qu’une irrépressible envie poussa Paul à le plaquer contre le mur de la cuisine et à l’embrasser fougueusement dans le cou. D’un geste maladroit, il lui enleva son manteau, son écharpe et fit glisser la fermeture éclair de son pantalon de velours humide. Surpris, Tom le laissa faire, les mains posées sur ses épaules.

- Mais enfin, qu’est ce qui vous prend mon ami, auriez-vous une idée derrière la tête ? annonça-t-il, excité.

Paul suspendit son geste, alors qu’il commençait à le caresser, à travers son caleçon dont la forme ne laissait aucun doute quant à son degré d’excitation.

- Continue, vas-y.

Ils finirent par se déshabiller complètement, sans retirer leurs caleçons. Tom éteignit la lumière de la cuisine et l’emmena dans la chambre, plongée dans l’obscurité. Ils se jetèrent sur le lit et s’embrassèrent. Leurs mains furent maladroites puis plus confiantes, à la découverte du corps de l’autre. Tom laissa Paul lui enlever son caleçon et frémit d’excitation quand il sentit la chaleur de la sa bouche sur son sexe. Il ferma les yeux et s’abandonna au plaisir. A plusieurs reprises, des flashes de la soirée chez Marc traversèrent ses pensées mais finirent par disparaître. Il rouvrit les yeux et devina l’ombre du visage de Paul. Il le renversa délicatement sur le dos puis le prit en bouche à son tour. Paul trembla à plusieurs reprises. Il n’allait pas tarder à venir. Encore quelques minutes avant qu’il ne jouisse sur son ventre. Puis ce fut au tour de son amant. Ils s’allongèrent côte à côte, dans une respiration haletante.

Dehors, la pluie continuait d’arroser faiblement les toits des immeubles et les voitures stationnées dans les rues de la ville, dans un silence hivernal des plus calmes.

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