Chapitre 33 (2) - Des gyrophares dans la nuit

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Une heure du matin. Dans l’entrée de l’appartement de Mathieu, Rickie rattacha les lacets de ses chaussures et attrapa sa veste en cuir, accrochée au porte-manteaux. Il le remercia pour le moment partagé. Matthieu avait passé une excellente soirée lui aussi. Il était à présent trop tard pour prendre un bus, ce qui obligeait Rickie à marcher pour revenir chez lui. Cela représentait un sacré parcours mais cette perspective ne lui déplaisait pas, car il avait besoin de réfléchir. Dès le premier soir où ils s’étaient rencontrés, il avait aimé ce jeune homme timide, aux yeux sombres, qui l’avaient tout de suite charmé. C’était dans un parc, réputé pour être un endroit de drague entres hommes, à la faveur de la nuit. Mathieu l’avait abordé au détour d’un chemin. Une cigarette? Rickie en avait sorti une, allumé son briquet qui avait éclairé son visage. La suite? Mathieu avait été entreprenant et lui avait demandé s’ils pouvaient aller chez lui. Rickie, qui venait draguer certains soirs, repartait en général seul et déprimé. Alors oui, avec plaisir. Les préliminaires oubliés, ils s’étaient sautés dessus, maladroitement, pour assouvir leur besoin de sexe immédiat.

Ce deuxième rendez-vous avait comblé son désir mais le peu qu’ils avaient échangé lui laissait comme un goût amer. Lui qui pensait passer la nuit entière chez lui... Encore un plan cul, j’aurais dû m’y attendre. Je me suis bien planté une fois de plus. Mathieu avait prétexté devoir se lever tôt, le lendemain matin, pour aller voir ses parents qui habitaient loin. Une façon polie de le mettre à la porte. Ok j’ai compris, je m’en vais.

Avant de le quitter, Mathieu lui dessina rapidement un plan pour revenir chez lui car il ne connaissait pas bien le quartier. En chemin, Rickie se demanda si Mathieu avait été sincère avec lui. Il faut vraiment que t’arrête de tout interpréter. Laisse faire les choses, au lieu de toujours tout compliquer!

Au bout de vingt minutes de marche, Rickie se repéra plus facilement. En y réfléchissant bien, il s'aperçut qu'il était seulement à deux rues de chez Marc. Hésitations. Ce fut plus fort que lui. Il y arriva cinq minutes après. Au loin, les gyrophares d’un véhicule de pompier.

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