Chapitre 2 – Tenir, même quand ça casse | 2 skyrius – Laikytis net tada, kai viskas lūžta

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Il y avait, entre Gabriel et Ieva, une intensité qui ne laissait pas de place à la demi-mesure. Rien n’était tiède, rien n’était approximatif, rien ne restait à distance. Quand quelque chose touchait, cela touchait entièrement, et quand quelque chose heurtait, cela heurtait sans retenue.

Ils n’ont jamais su aimer calmement.

Leurs échanges pouvaient basculer en un instant, sans prévenir, sans préparation. Un mot de trop, un silence mal interprété, une fatigue mal placée, et tout montait. Pas progressivement, pas lentement, mais d’un seul coup, comme si ce qui restait contenu cherchait une sortie immédiate.

Ce n’était pas réfléchi.

C’était vécu.

Ils pouvaient se dire des choses qui dépassaient leur pensée, aller plus loin que ce qu’ils voulaient réellement exprimer, franchir des limites qu’ils n’auraient jamais posées en temps calme. Et dans ces moments-là, ni l’un ni l’autre ne reculait vraiment.

Ils tenaient.

Chacun à leur manière.

Ieva, parce qu’elle ne savait pas faire autrement. Parce que pour elle, ce qui comptait devait être défendu, compris, tenu jusqu’au bout, même quand cela devenait inconfortable. Elle ne savait pas laisser un conflit en suspens, elle ne savait pas faire comme si rien n’avait d’importance. Elle allait au bout des choses, parfois trop loin, mais toujours avec cette volonté de ne pas perdre ce qui existait.

Gabriel, lui, tenait différemment. Il résistait, il répondait, il s’opposait. Il ne fuyait pas l’affrontement, mais il ne le traversait pas de la même façon. Là où Ieva cherchait à comprendre et à maintenir le lien, lui cherchait parfois à faire retomber la pression, à sortir du moment, à reprendre de l’air.

Et entre ces deux façons d’être, le choc était inévitable.

Puis venait le silence.

Pas un silence apaisé.

Un silence lourd, tendu, qui s’installait après l’explosion, comme une conséquence naturelle. Les mots restaient suspendus, les regards se détournaient, et chacun se retrouvait face à ce qui venait d’être dit, sans toujours savoir comment revenir.

Le temps s’étirait.

Pas parce qu’ils ne voulaient pas revenir l’un vers l’autre, mais parce que revenir demandait quelque chose qu’ils ne savaient pas toujours formuler.

Ieva restait, même dans ce silence.

Elle ne disparaissait pas. Elle ne coupait pas. Elle tenait encore, autrement, plus discrètement, mais avec la même intensité. Elle pouvait être blessée, se fermer, douter, mais elle ne sortait jamais réellement du lien.

Gabriel, lui, prenait plus de distance.

Pas pour fuir définitivement, mais pour se protéger de ce qu’il ne maîtrisait pas. Il revenait, toujours, mais pas toujours au bon moment, pas toujours de la bonne manière. Il pensait parfois que laisser passer le temps suffirait à apaiser, que les choses se replaceraient d’elles-mêmes.

Et c’est là qu’il s’est trompé.

Parce que ce qui, pour lui, pouvait s’apaiser seul, pour elle, avait besoin d’être reconnu.

Elle n’attendait pas des réponses parfaites.

Elle attendait une présence.

Pas matérielle.

Pas pratique.

Mais une présence capable de rester dans ce qui fait mal, sans s’en écarter.

Gabriel ne l’a pas toujours été.

Il a été là autrement. Dans le concret, dans le réel, dans ce qui se voit et se construit. Il a tenu ce qui pouvait être tenu, organisé ce qui devait l’être, assuré ce qui pouvait rassurer.

Mais dans certains moments, ceux où les mots comptent plus que les actes, où la présence ne peut pas se remplacer, il n’a pas toujours su rester.

Pas parce qu’il ne voulait pas.

Parce qu’il ne savait pas.

Et avec le temps, il l’a compris.

Il a compris que tenir ne se résume pas à rester debout.

Que soutenir ne se limite pas à porter.

Que certaines formes d’amour demandent d’être là là où il n’y a rien à réparer, rien à résoudre, seulement à partager.

Ieva, elle, avait été là.

Même dans le désordre.

Même dans les tensions.

Même dans les silences.

Et c’est peut-être pour cela que, malgré tout ce qui pouvait casser entre eux, quelque chose ne s’est jamais réellement brisé.

Parce qu’ils tenaient.

Tous les deux.

Pas de la même manière.

Mais avec la même intensité.




Tarp Gabrieliaus ir Ievos buvo intensyvumas, kuris neleido egzistuoti pusei jausmo. Niekas nebuvo drungna, niekas nebuvo apytikslė, niekas nelikdavo per atstumą. Kai kažkas paliesdavo, tai paliesdavo visiškai, ir kai kažkas susidurdavo, tai susidurdavo be sulaikymo.

Jie niekada nemylėjo ramiai.

Jų pokalbiai galėjo pasikeisti akimirksniu, be įspėjimo, be pasiruošimo. Vienas per stiprus žodis, viena neteisingai suprasta tyla, vienas netinkamas momentas, ir viskas iškart pakildavo. Ne pamažu, ne lėtai, o staiga, tarsi tai, kas buvo laikoma viduje, staiga ieškotų išėjimo.

Tai nebuvo apgalvota.

Tai buvo išgyventa.

Jie galėjo pasakyti dalykus, kurie peržengdavo jų tikrąją mintį, nueiti toliau, nei iš tikrųjų norėjo, peržengti ribas, kurių ramybės metu niekada nebūtų peržengę. Ir tokiose akimirkose nė vienas iš jų iš tikrųjų nesitraukdavo.

Jie laikėsi.

Kiekvienas savaip.

Ieva todėl, kad kitaip nemokėjo. Nes tai, kas jai svarbu, turi būti išlaikyta, suprasta, išnešta iki galo, net kai tai tampa nepatogu. Ji nemokėjo palikti konflikto neišspręsto, ji nemokėjo apsimesti, kad niekas neturi reikšmės. Ji eidavo iki galo, kartais per toli, bet visada su noru neprarasti to, kas yra.

Gabrielius laikėsi kitaip. Jis priešinosi, atsakydavo, susidurdavo. Jis nebėgo nuo konflikto, bet neišgyveno jo taip pat. Ten, kur Ieva siekė suprasti ir išlaikyti ryšį, jis kartais siekė sumažinti spaudimą, išeiti iš akimirkos, atsitraukti.

Ir tarp šių dviejų būdų būti susidūrimas buvo neišvengiamas.

Po to ateidavo tyla.

Ne rami tyla.

Sunki, įtempta tyla, kuri ateidavo po sprogimo, kaip natūrali pasekmė. Žodžiai likdavo kabėti, žvilgsniai nusisukdavo, ir kiekvienas likdavo vienas su tuo, kas ką tik įvyko, ne visada žinodamas, kaip sugrįžti.

Laikas išsitęsdavo.

Ne todėl, kad jie nenorėjo grįžti vienas prie kito, bet todėl, kad grįžti reikalavo kažko, ko jie ne visada mokėjo išreikšti.

Ieva likdavo, net ir šioje tyloje.

Ji nedingdavo. Ji nenutraukdavo. Ji laikėsi toliau, kitaip, tyliau, bet su tuo pačiu intensyvumu. Ji galėjo būti sužeista, užsidaryti, abejoti, bet ji niekada iš tikrųjų neišeidavo iš ryšio.

Gabrielius atsitraukdavo labiau.

Ne tam, kad pabėgtų visam laikui, bet kad apsisaugotų nuo to, ko negalėjo suvaldyti. Jis visada sugrįždavo, bet ne visada tinkamu metu, ne visada tinkamu būdu. Kartais jis manė, kad laikas viską nuramins, kad viskas susitvarkys savaime.

Ir būtent čia jis klydo.

Nes tai, kas jam galėjo nusiraminti savaime, jai turėjo būti pripažinta.

Ji nelaukė tobulų atsakymų.

Ji laukė buvimo.

Ne materialaus.

Ne praktiško.

Bet tokio buvimo, kuris lieka ten, kur skauda, neatsitraukdamas.

Gabrielius ne visada toks buvo.

Jis buvo kitaip. Konkrečiai, realiai, matomai. Jis laikė tai, ką galima laikyti, organizavo tai, ką reikėjo organizuoti, užtikrino tai, kas galėjo suteikti saugumo.

Tačiau tam tikrais momentais, tais, kuriuose žodžiai svarbesni už veiksmus, kuriuose buvimo negalima pakeisti, jis ne visada mokėjo likti.

Ne todėl, kad nenorėjo.

Todėl, kad nemokėjo.

Ir laikui bėgant jis tai suprato.

Jis suprato, kad laikytis nereiškia tik išlikti.

Kad palaikyti nereiškia tik nešti.

Kad kai kurios meilės formos reikalauja būti ten, kur nėra ką taisyti, nėra ką spręsti, tik dalintis.

Ieva buvo ten.

Net chaose.

Net įtampoje.

Net tyloje.

Ir galbūt todėl, nepaisant visko, kas tarp jų galėjo lūžti, kažkas niekada iš tikrųjų nesubyrėjo.

Nes jie laikėsi.

Abu.

Ne vienodai.

Bet su tuo pačiu intensyvumu.

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