Chapitre 3 – Ce que je n’ai pas su te donner | 3 skyrius – Ko aš tau nesugebėjau duoti

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Il y a des choses que l’on comprend tard, non pas parce qu’elles sont complexes, mais parce qu’elles demandent une forme de lucidité que l’on n’a pas toujours au moment où elles se vivent. Gabriel n’a jamais douté de ce qu’il donnait, il a douté plus tard de ce qu’il n’avait pas su donner.

Il a été présent.

Présent dans ce qui se voit, dans ce qui s’organise, dans ce qui tient debout malgré les contraintes. Il a assuré ce qu’il pensait devoir assurer, il a porté ce qui lui semblait nécessaire, il a maintenu ce qui pouvait l’être. Et longtemps, il a cru que cela suffisait.

Parce que c’était réel.

Parce que c’était concret.

Parce que cela demandait de l’effort.

Mais ce qui compte ne se limite pas toujours à ce qui se voit.

Ieva n’attendait pas seulement que les choses tiennent.

Elle attendait d’être rejointe.

Pas dans les solutions.

Pas dans l’organisation.

Mais dans ce qui ne se règle pas.

Dans ces moments où il n’y a rien à faire, rien à réparer, rien à construire, seulement à être là, sans détour, sans distance, sans protection.

Gabriel ne l’a pas toujours été.

Il n’a pas fui.

Il n’a pas abandonné.

Mais il s’est parfois tenu à côté, là où elle avait besoin qu’il soit dedans.

Il a pensé que le temps calmerait, que les tensions s’effaceraient d’elles-mêmes, que le silence permettrait de laisser retomber ce qui débordait. Il a cru que revenir plus tard valait parfois mieux que rester au moment où tout se disait trop fort.

Et c’est là qu’il a manqué quelque chose.

Pas d’intention.

Pas d’amour.

Mais de présence.

Une présence qui ne cherche pas à apaiser trop vite, qui ne contourne pas l’intensité, qui ne recule pas devant ce qui dérange. Une présence qui accepte de rester dans l’inconfort, non pour résoudre, mais pour partager.

Ieva, elle, était là.

Même quand c’était trop.

Même quand les mots dépassaient.

Même quand la tension devenait difficile à tenir.

Elle restait dans le lien, sans toujours savoir comment faire autrement, mais avec cette volonté constante de ne pas laisser ce qui compte s’effacer dans le silence.

Gabriel a compris, avec le recul, que ce qu’elle demandait n’était pas excessif.

C’était précis.

Elle ne demandait pas plus.

Elle demandait autrement.

Et il ne l’a pas toujours compris au moment où cela comptait.

Il a donné ce qu’il savait donner.

Mais aimer quelqu’un ne consiste pas seulement à donner ce que l’on sait.

Cela demande parfois d’apprendre ce que l’autre reçoit.

Et c’est là qu’il a failli.

Pas dans l’engagement.

Pas dans la volonté.

Mais dans cette capacité à ajuster sa présence à ce qui était réellement attendu.

Ce n’est pas une faute.

Mais c’est une vérité.

Et aujourd’hui, il la regarde sans se détourner.

Parce qu’elle ne diminue pas ce qu’il ressent.

Elle le rend plus juste.

Yra dalykų, kuriuos suprantame vėlai, ne todėl, kad jie sudėtingi, bet todėl, kad jiems reikia tokio aiškumo, kurio tuo metu dar neturime. Gabrielius niekada neabejojo tuo, ką duoda, jis suabejojo vėliau tuo, ko nesugebėjo duoti.

Jis buvo šalia.

Šalia to, kas matoma, kas organizuojama, kas laikosi nepaisant sunkumų. Jis darė tai, kas, jo manymu, turėjo būti padaryta, jis laikė tai, kas, jo manymu, buvo būtina, jis palaikė tai, kas galėjo išlikti. Ir ilgą laiką jis manė, kad to pakanka.

Nes tai buvo tikra.

Nes tai buvo konkretu.

Nes tai reikalavo pastangų.

Tačiau tai, kas svarbiausia, ne visada apsiriboja tuo, kas matoma.

Ieva nelaukė tik to, kad viskas laikytųsi.

Ji laukė, kad kas nors prie jos prieitų.

Ne sprendimuose.

Ne organizacijoje.

Bet ten, kur nieko negalima sutvarkyti.

Tose akimirkose, kur nėra ką daryti, ką taisyti ar kurti, tik būti šalia, be nukrypimų, be atstumo, be apsaugos.

Gabrielius ne visada toks buvo.

Jis nepabėgo.

Jis nepaliko.

Tačiau kartais jis liko šalia, ten, kur jai reikėjo, kad jis būtų viduje.

Jis manė, kad laikas nuramins, kad įtampa išsisklaidys savaime, kad tyla leis viskam nuslūgti. Jis tikėjo, kad sugrįžti vėliau kartais yra geriau nei likti tuo momentu, kai viskas per stipru.

Ir būtent čia kažko pritrūko.

Ne ketinimo.

Ne meilės.

O buvimo.

Tokio buvimo, kuris neskuba nuraminti, kuris neapeina intensyvumo, kuris nesitraukia nuo to, kas nepatogu. Buvimo, kuris lieka ne tam, kad išspręstų, bet tam, kad pasidalintų.

Ieva buvo ten.

Net kai buvo per daug.

Net kai žodžiai peržengdavo ribas.

Net kai įtampa tapdavo sunkiai pakeliama.

Ji liko ryšyje, ne visada žinodama kaip, bet visada norėdama neprarasti to, kas svarbu.

Gabrielius suprato, laikui bėgant, kad tai, ko ji prašė, nebuvo per daug.

Tai buvo tikslu.

Ji neprašė daugiau.

Ji prašė kitaip.

Ir jis ne visada tai suprato tada, kai tai buvo svarbiausia.

Jis davė tai, ką mokėjo duoti.

Tačiau mylėti žmogų nereiškia tik duoti tai, ką moki.

Kartais tai reiškia išmokti tai, ką kitas priima.

Ir būtent čia jis suklydo.

Ne įsipareigojime.

Ne noruose.

Bet gebėjime pritaikyti savo buvimą prie to, ko iš tikrųjų reikėjo.

Tai nėra kaltė.

Bet tai yra tiesa.

Ir šiandien jis į ją žiūri nenusisukdamas.

Nes ji nemažina to, ką jis jaučia.

Ji tai padaro tikslesniu.

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