Sous son corps
J'étais là, la tête posée sur son torse, au creux de son épaule. Le plus beau moment de ma vie.
— Je suis bien, dis-je simplement.
— Moi aussi, répondit-il.
— Quand as-tu compris pour nous deux ?
— Mardi matin, quand tu es arrivé, dit-il avec un sourire. J'ai vu ton regard se poser sur moi. Au début, je me suis demandé si c'était juste un regard, puis j’ai vu comment tu me regardais pendant les exercices… et sous la douche.
Je rougis et passai ma main sur son visage, dans ses cheveux.
— Je n'avais jamais ressenti ça avant… Dis-je. Je ne savais même pas où je me situais. Encore la veille, je n’étais pas clair avec moi-même.
— Moi, c'est la première fois que je ressens ça pour un garçon, dit Raph.
Je sentais la puissance de son torse se gonfler à chaque respiration, qui relevait légèrement ma tête posée sur lui. Le silence de la nuit était troublé seulement par nos halètements.
Je me relevai légèrement, désireux de l’embrasser. Je le pouvais : j’étais à lui et il était à moi. Je pouvais embrasser ses lèvres, parcourir son corps, explorer chaque parcelle, passer mes mains où je voulais, le caresser, l’adorer. Alors je l’embrassai, lentement, profondément, sentant son corps se tendre contre le mien. Nos langues se rencontrèrent, et soudain il me poussa doucement sur le dos, se plaçant au-dessus de moi, ses cuisses encadrant les miennes.
— Attends, murmura-t-il, rompant le baiser juste assez pour me regarder. « On peut… tout faire. Si tu veux. »
Je sentis mon cœur s’emballer.
— Tout ?
— Tout.
Ses doigts effleurèrent mon visage, comme pour s’assurer que j’étais bien là, bien réel. « Mais seulement si t’es sûr. »
Je hochai la tête, la gorge serrée.
Il m’embrassa à nouveau, plus fort cette fois, nos hanches pressées l’une contre l’autre, nos sexes se frôlant.
— Putain… grogna-t-il contre mes lèvres. « J’ai envie de te sentir. Pour de vrai. »
Raph me regarda, les yeux brillants, les lèvres entrouvertes.
— T’as déjà… ? demanda-t-il, hésitant, presque timide malgré tout ce qu’on venait de partager.
Je secouai la tête, le cœur battant.
— Non. Et toi ?
Il fit non, puis ses doigts glissèrent le long de ma cuisse, s’arrêtant près de mon entrejambe.
— On peut essayer…
Je déglutis, sentant mon pouls s’emballer.
— J’ai envie.
Il m’attira contre lui, ses lèvres effleurant les miennes.
— On fait ça ensemble.
Je hochai la tête, incapable de parler. Il m’embrassa, lentement, profondément, comme pour chasser mes dernières hésitations. Puis, sans un mot, il se plaça derrière moi, son torse collé à mon dos, une main glissant sur mon ventre pour me maintenir contre lui.
— Détends-toi, murmura-t-il, sa voix chaude contre mon oreille.
Je sentis ses doigts effleurer mon entrée. Je me raidis, mais sa main libre remonta sur ma poitrine, son pouce frottant doucement mon mamelon, me distrayant, me faisant gémir.
— C’est bon, chuchota-t-il. « Laisse-toi faire. »
Je fermai les yeux, me concentrant sur sa respiration, sur la chaleur de son corps contre le mien. Quand il commença à me préparer, c’était étrange, presque inconfortable, mais la façon dont il me touchait, dont il m’embrassait la nuque, fit peu à peu disparaître la tension.
— Comme ça ? Sa voix était rauque, chargée de désir.
— Oui… Je me cambrai contre lui, sentant son érection pressée contre ma fesse. « Continue. »
Ses doigts allèrent plus loin, plus profondément.
— T’es sûr ? demanda-t-il, à nouveau, comme s’il avait peur de me faire mal.
— Oui. Je me retournai, le regardai droit dans les yeux. « J’ai envie de toi. Maintenant. »
Il n’eut pas besoin d’autre encouragement. Il se plaça entre mes jambes, et je sentis la pression de son sexe contre moi.
— Doucement, murmura-t-il, plus pour lui-même que pour moi.
Quand il commença à entrer, ce fut une sensation étrange, intense, mélange de douleur et de plaisir qui me fit haleter.
— Ça va ? Ses yeux cherchaient les miens, inquiets.
— Oui… Je m’accrochai à ses épaules, mes ongles s’enfonçant dans sa peau. « Vas-y. »
Il obéit, centimètre par centimètre, s’arrêtant chaque fois que je me tendais, me laissant le temps de m’habituer.
— Putain, Clément… sa voix tremblait.
Quand il fut enfin en moi, complètement, il s’immobilisa, son front contre le mien.
— Ça va ?
— Oui. Je souris, malgré l’inconfort. « Bouge. »
Et il obéit. D’abord lentement, avec précaution, puis plus vite, plus fort, nos corps trouvant un rythme, une danse. Chaque mouvement me faisait gémir, chaque coup de reins me rapprochait un peu plus du bord.
— Raphaël… Je m’agrippai à lui, sentant mon propre désir grandir, insupportable.
— Je te sens, haleta-t-il, ses hanches frappant contre les miennes. « Putain, je te sens partout… »
Je ne pus que gémir en réponse, mes doigts crispés dans son dos, mes jambes enroulées autour de sa taille.
— Plus fort.
Il obéit, et bientôt, nos corps ne firent plus qu’un, nos souffles se mêlant, nos peaux collées, nos cœurs battant à l’unisson.
Quand il jouit, ce fut avec un cri étouffé, son corps tout entier tremblant au-dessus de moi. Le sentir se laisser aller me poussa par-dessus le bord, et je jouis à mon tour, nos cris s’entremêlant dans l’étreinte, nos corps enfin unis.
Après, il resta en moi un long moment, nos souffles peu à peu redevenant réguliers.
— T’es là, murmura-t-il, comme s’il avait peur que je disparaisse.
— Ouais, répondis-je, un sourire dans la voix. « Je suis là. »
Il m’embrassa encore, doucement cette fois, comme une promesse.
Il resta contre moi, son torse chaud collé au mien, ses bras m’enveloppant comme pour me protéger du monde. Je fermai les yeux, laissant la fatigue et le désir s’évanouir dans cette chaleur. Nos regards se croisèrent une dernière fois dans le silence, et un sourire léger passa sur nos lèvres. Tout était dit sans mot : nous étions là, ensemble, et cela suffisait.
Pour la première fois, je me sentis entièrement à ma place, pleinement moi, pleinement avec lui.

Annotations
Versions