Le travail du lundi matin
Après un long moment, nous finîmes par entrer dans la bibliothèque. L’air y était lourd, chargé de silence et de l’odeur du papier vieilli.
Léa, Emma et Manon étaient déjà installées à une table, penchées sur leurs cahiers, stylos en main. Le lundi matin libre, c’était ça : les fêtards récupèrent du week-end, les bosseurs en profitent pour avancer. Moi, je n’étais ni l’un ni l’autre : pas un acharné, mais travailler avec Sam, Lucas et Mehdi était devenu une sorte de rituel. Sauf la semaine dernière, évidemment, puisque nous étions tous les quatre convoqués par nos OSD respectifs.
Notre week-end avait été dur. Le mien dur… et merveilleux.
Elles, de leur côté, avaient sans doute passé un week-end normal, simple, doux. Du repos, peut-être une soirée qui finit tard sans laisser de traces.
Nous nous assîmes à côté d’elles. Un signe de tête, un « salut » murmuré. Emma offrit à Mehdi un de ses sourires les plus éclatants. Mehdi, grand dadais un peu naïf, lui répondit par un hochement de tête distrait.
Nous tentâmes de décrypter le cours de méthodo de la semaine précédente. Putain, mais c’était quoi ce charabia ? Les slides étaient floues, les explications encore plus. Après une bonne demi-heure à se gratter la tête, nous passâmes aux textes de philosophie sociale : plusieurs extraits de John Rawls à ingurgiter pour le cours du lendemain. La théorie de la justice, les principes d’équité… Autant de concepts qui, à midi moins le quart, nous semblaient aussi accessibles que la face cachée de la lune.
Vers treize heures, Léa, Emma et Manon commencèrent à ranger leurs affaires pour aller déjeuner.

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