La porte entrouverte
Après le repas, nous enchaînâmes avec trois heures de cours. À la fin, Mehdi proposa d’aller prendre un verre pour souffler un peu.
Mais moi, j’avais d’autres plans... Raph.
Et c’était tout ce qui comptait.
Comme je n’avais toujours pas le droit de prendre le bus, je me mis à marcher. L’adresse, griffonnée sur un bout de papier froissé, me brûlait presque la paume. Chaque pas me rapprochait de lui ; chaque rue semblait interminable. J’avais hâte de le revoir, de le toucher, de retrouver sa chaleur contre moi. Hâte de ce que nous allions nous faire
Quand j’arrivai devant son immeuble, mon cœur tambourinait. La cage d’escalier sentait l’humidité et la peinture écaillée. Je montai les marches deux par deux. Au troisième étage, la porte était entrouverte, comme une invitation silencieuse.
Je toquai doucement.
— Entre, Clément.
Sa voix. Rien que ça, et ma poitrine se desserra.
En poussant la porte, je le vis.
Raph. Torse nu, un jean posé bas sur les hanches. Ses cheveux encore humides sentaient le citron et le savon. La lumière du soleil couchant découpait sa silhouette, soulignant chaque ligne de son corps. Un sourire lent étira ses lèvres.
Je refermai la porte derrière moi. L’appartement n’était traversé que par nos respirations. Il s’avança, glissa ses mains sous mon sweat, et me le retira avec une lenteur délibérée.
— Voilà… dit-il en reculant pour me regarder. Maintenant, on est à égalité.
Je sentis mes joues chauffer, sans détourner les yeux. Il tendit la main ; je la pris. Nos doigts s’entrelacèrent. Il m’attira jusqu’au canapé où nous nous assîmes, si proches que nos cuisses se touchaient. Ses doigts tracèrent des lignes invisibles sur ma peau.
— T’es beau, souffla-t-il d’une voix grave.
Je ne trouvai rien à répondre. Je me rapprochai, collant mon torse au sien. Ses lèvres trouvèrent les miennes dans un baiser doux, puis plus assuré. Ses mains glissèrent sur mon dos, mes flancs, comme s’il redécouvrait chaque centimètre.
Nos souffles se mélangèrent. Le monde se résuma à ce canapé, à cette chaleur entre nous.
Il se détacha un instant, ses yeux bleus plantés dans les miens.
— J’ai pensé à toi toute la journée.
— Moi aussi, murmurai-je.
Un sourire lui traversa les lèvres avant qu’il ne m’embrasse de nouveau, plus profondément. Ses mains explorèrent mon corps, me tirant encore plus près. Je me laissai aller, complètement, savourant chaque caresse.
Je glissai mes lèvres contre son oreille.
— Tu sais… j’ai vraiment adoré ce qu’on a fait sous la tente.
Son sourire devint immédiatement coquin.
— Tu veux dire quand j’ai branlé nos deux bites en même temps ? lança-t-il, sans la moindre gêne.
Je rougis jusqu’aux oreilles, un rire nerveux m’échappant malgré moi.
— Oui… ça.
Il rit aussi, un rire chaud qui fit vibrer ma poitrine contre la sienne. Puis il posa ses lèvres contre ma mâchoire.
— Moi aussi, j’ai adoré… murmura-t-il.
Sa main descendit lentement jusqu’à mon ventre, s’arrêtant juste au-dessus de ma ceinture.
— Et si on recommençait ?
Je n’eus même pas à répondre. Je me jetai contre sa bouche, l’embrassant avec toute l’urgence accumulée depuis le matin. Ses doigts s’insinuèrent sous mon jean ; je soupirai contre ses lèvres, déjà en train de me perdre en lui, avec lui, comme si rien d’autre n’existait.
Sans rompre le baiser, il déboutonna mon jean d’un geste lent, précis.
Je glissai mes mains sur ses hanches, attrapai la ceinture de son jean et déboutonnai le sien à mon tour. Nos respirations se mêlaient, rapides, heurtées.
Nous fîmes glisser nos jeans ensemble, d’un même mouvement impatient, comme s’il fallait balayer tout ce qui séparait encore nos corps. Ils tombèrent au sol dans un froissement de tissu.
Nos caleçons suivirent, arrachés plus qu’enlevés, tirés avec une fièvre trop longtemps contenue.
Et soudain, nous fûmes nus.
Peau contre peau.
Chaleur contre chaleur.
Ses cuisses contre les miennes, son torse brûlant contre mon ventre.
Nos verges se frôlèrent, et un frisson violent me coupa le souffle.
Ses lèvres quittèrent les miennes pour tracer une ligne de feu le long de ma mâchoire, puis sur mon cou. Je renversai la tête, offrant ma gorge, mes doigts agrippant ses épaules.
— On serait mieux… là-bas, murmura-t-il contre ma peau, la voix rauque.
Je suivis son regard vers le lit défait, les draps en désordre, l’espace immense qu’ils promettaient. Il se leva en m’attirant par la main, nos corps nus se frôlant à chaque pas. Le parquet était frais sous mes pieds, mais je ne sentais que sa chaleur, sa paume, la promesse.
Le matelas nous accueillit dans un soupir. Nos corps s’étalèrent enfin, sans plus rien entre eux. Ses mains glissèrent sur mon torse, mes hanches, redécouvrant chaque centimètre. Je me laissai tomber en arrière, l’attirant avec moi, nos souffles se mêlant dans les draps froissés. Il n’y avait plus de précipitation : juste le temps, maintenant, de tout explorer.
Raph me regarda, les lèvres entrouvertes, la poitrine haletante.
Puis il se colla à moi, m’attira contre son bassin, et nos sexes se pressèrent l’un contre l’autre, durs, chauds, parfaitement alignés. Sa main descendit entre nous, sûre d’elle, affamée. Il enveloppa nos deux verges dans sa paume, serrant juste assez, et commença un mouvement de va-et-vient lent, profond, calculé pour me faire perdre pied.
Je gémis dans son cou.
— Là… oui…
Il accéléra légèrement, ses hanches suivant le rythme. Nos souffles devenaient rauques, nos corps glissaient l’un contre l’autre. Tout se brouillait, tout brûlait.
La chaleur monta d’un coup, irrépressible.
Je sentis son corps se tendre.
Le mien répondit.
On bascula ensemble, dans un même élan, dans un plaisir trop fort pour être retenu.
Et l’instant d’après, nos abdomens étaient marqués de nos éclats mêlés, nos fronts collés, nos respirations encore tremblantes.

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