La douceur après la fièvre

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Pendant quelques secondes, je restai immobile comme si mon corps avait oublié comment bouger. Ma joue s’enfonçait dans le creux de son épaule, chaude et rassurante. Sa respiration, encore saccadée, m’effleurait la tempe. Nos peaux restaient soudées là où le plaisir nous avait marqués ; nos souffles s’entremêlaient, désordonnés et complices.

Raph inclina légèrement la tête vers moi, déposa un baiser furtif sur ma bouche.
— Tu trembles, dit-il en souriant légèrement.
— J’y peux rien… répondis-je. C’était… intense.
— Ouais, coupa-t-il, le souffle encore court. Moi aussi, putain.

Ses doigts glissèrent sur ma joue, du bout de l’ongle, comme s’il voulait en mémoriser chaque courbe. Je fermai les yeux. Ce simple effleurement, plus que tout le reste, me fit chavirer : la douceur après la fièvre.

Il ramassa un t-shirt abandonné par terre, essuya nos ventres avec une tendresse presque sacrée, puis le laissa tomber sans me lâcher. Je me retrouvai blotti contre lui, le front niché dans l’angle de sa clavicule.
— Reste, souffla-t-il.

Je m’abandonnai.

Nos jambes s’entrelacèrent sans qu’on y pense. Sa paume se posa sur ma nuque, chaude et lourde, comme un point d’ancrage. Nos respirations se calèrent, l’une contre l’autre. L’adrénaline s’évanouissait, remplacée par quelque chose de plus profond ; une paix étrange, trop vaste pour être contenue.
— J’aime quand t’es comme ça…, murmura-t-il, la voix basse et veloutée.
— Comme quoi ?

Il répondit sans réfléchir, comme si les mots s’imposaient à lui :
— Contre moi.

Je relevai la tête. Nos nez se frôlèrent. Il souriait différemment, plus le sourire enjôleur de tout à l’heure, plus le rictus moqueur quand il me taquinait. Un sourire à lui. Un sourire vrai.

Mon cœur se serra. Puis se détendit.
Je posai mes lèvres sur les siennes ; un baiser lent, sans hâte, sans rien à prouver.
— Je pourrais rester comme ça… des heures, murmurai-je.
Il pressa son front contre le mien.
— Alors reste.

Le silence retomba, doux et épais, saturé de la chaleur de nos corps encore enlacés. Raph caressa mon dos, ses doigts glissant le long de ma colonne, tandis que je posais ma tête sur son torse, l’oreille bercée par les battements de son cœur.
— Tu sais…, murmura-t-il, le souffle chaud contre mon oreille, ce que j'adorre ?

Je relevai la tête, surpris, les joues encore roses.
— Quoi ?

Il hésita, comme s’il cherchait les mots justes. Puis son front se pressa contre le mien :
— La façon dont tu me regardes. Comme si j’étais… comme si j’étais le seul à compter. Et puis, un peu ta timidité, aussi. Celle qui te rend vrai, fragile. La façon dont tu t’abandonnes contre moi, comme si t’avais enfin trouvé ta place. Et puis…
il sourit, un peu gêné...
— Tes silences. Ceux où je devine que t’observes tout, que tu réfléchis avant de parler. Ça me donne envie de tout savoir de toi.

Je rougis, incapable de détourner les yeux. Chaque mot qu’il prononçait résonnait en moi, comme une mélodie.
— Vraiment ?
— Ouais. Il approcha encore son front, jusqu’à ce que nos souffles se mêlent. Je ne veux pas d’un mec parfait. Je veux juste toi. Avec tes hésitations, tes mots mâchés, tes regards qui en disent trop. Tout ça me rend dingue.

Je laissai échapper un rire, nerveux et léger, et me blottis encore plus fort contre lui, savourant sa chaleur, sa tendresse.

Il m’enroula dans ses bras, m’attirant plus près encore, et je sus que je pouvais simplement être moi. Clément. Rien d’autre.

Nous restâmes ainsi, longtemps, immobiles, comme si le monde avait cessé d’exister. La chaleur de son corps, son souffle dans mes cheveux, suffisaient à apaiser tout ce qui bouillonnait encore en moi. Chaque battement de son cœur semblait murmurer : « Reste. Tu es à ta place. »

Raph continua de caresser mes bras, ses doigts traçant des motifs imaginaires sur ma peau, juste assez pour me faire frissonner. Je soupirai, me lovant un peu plus contre lui.
— Et moi, soufflai-je, presque un chuchotement, j’aime quand tu me touches comme ça… lentement, sans précipitation. Quand tu me laisses le temps de te rejoindre.

Il hocha la tête, un sourire tendre aux lèvres. Ses mains glissèrent sur mon corps, effleurant mon dos, mon torse, comme s’il redécouvrait chaque parcelle de ma peau. Je serrai légèrement ses bras, savourant la chaleur de son contact, la douceur de ses doigts.
— Raph…, murmurai-je, le cœur gonflé.
— On a tout notre temps, répondit-il en me serrant plus fort. Pas de pression. Pas de règles.

Je laissai échapper un rire, à la fois nerveux et heureux. Ses mots étaient un baume, une promesse. Je me sentais vulnérable, mais incroyablement en sécurité contre lui.

Nos corps se pressèrent doucement l’un contre l’autre, nos fronts se touchant, nos souffles mêlés. Je fermai les yeux, m’imprégnant du rythme lent de nos respirations, du frisson de ses doigts sur ma peau, de la douceur de ses lèvres contre ma joue.

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