Un dîner à deux

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Je me retirai lentement de lui, une dernière vague de plaisir me traversant avant de m’éloigner doucement. L’air sur ma peau encore brûlante me ramena à la réalité. Je restai quelques secondes immobile, les yeux perdus, avant de les poser sur lui.

Il était là, allongé, le souffle court, les joues rouges, les yeux mi-clos, comme s’il avait du mal à revenir à la surface. Ses mains étaient posées sur son ventre, son corps frémissant encore de ce que nous venions de vivre.

Je pris une profonde inspiration, les mots me brûlant les lèvres. Il fallait que je lui dise, que je lui fasse comprendre ce que j'avais ressenti en lui. Je m’agenouillai près de lui, le regardai dans les yeux et murmurai :

— C'était… incroyable. J’ai senti chaque partie de toi, comme si nous étions vraiment un, ensemble. C’était à la fois familier et nouveau, puissant. J'ai ressenti ton corps en moi, et j’ai compris combien je te désire, combien tu es… tout pour moi.

Raph resta silencieux un instant, absorbant mes mots. Puis, il tourna lentement la tête vers moi, ses yeux s’ouvrant pleinement, une tendresse infinie dans le regard.

— Tu… tu m'as fait sentir vivant, Clément, dit-il, sa voix basse et intime. À chaque instant, c'était une évidence. Comme une vérité, quelque chose que je cherchais sans le savoir. Quand tu étais en moi, je me suis senti entier. Avec toi. C’était… comme si tu m’offrais un peu de toi à chaque seconde. Et je voulais tout de toi.

Il marqua une pause, ses yeux pleins de sincérité en disaient plus que les mots. Puis, il se tourna légèrement, s'approcha et murmura :

— Je t’aime, Clément. Depuis le début. Ce que je ressens pour toi, c’est bien plus que ce qu’on vient de vivre. C’est… tout. Et je veux tout partager avec toi.

Un sourire timide se dessina sur mon visage. Ses paroles me touchaient profondément. Sans réfléchir, je me penchai vers lui, et nos lèvres se rencontrèrent dans un baiser doux, presque timide au début, puis de plus en plus profond, comme pour répondre à son amour.

Lorsque nous nous séparâmes enfin, nos souffles s’entrelacèrent dans une harmonie apaisée. Il posa une main sur mon visage, effleurant doucement mes lèvres du pouce.

Après ce moment de calme, il se leva doucement et tendit la main vers moi. Son sourire était tendre, sincère.

— On se douche ensemble ? murmura-t-il.

Je hochai la tête, un sourire naissant sur mes lèvres. Nous nous levâmes tous deux, main dans la main, et nous nous dirigeâmes vers la salle de bain.

Je marchais derrière lui, encore nu, encore un peu tremblant, et pourtant étrangement léger. Sous la lumière blanche du couloir, le dos de Raph brillait légèrement de sueur. La ligne de sa colonne, la forme de ses épaules… je me surpris à sourire tout seul.

Dans la salle de bain, il ouvrit le robinet de la douche. L’eau chaude se mit à couler dans un grondement doux.

Il entra le premier, puis me fit signe de venir.

Quand je posai un pied dans la douche, la chaleur de l’eau me couvrit d’un frisson. Raph se rapprocha derrière moi, posa ses mains sur mes hanches, et colla son torse à mon dos.

— Là… souffla-t-il. Reste contre moi.

Je me laissai aller complètement, ma tête venant se poser contre son épaule. L’eau glissait sur nos peaux, effaçant la sueur, la tension. Ses mains parcouraient mon ventre, mes flancs, avec une lenteur presque cérémonieuse.

— Je crois que j’aime bien… te laver, murmura-t-il.
— C’est plus du lavage, là…

Il rit contre ma nuque.

— Ouais, bon… j’avoue. Je profite un peu.

Il m’attira encore plus près, comme s’il ne supportait pas l’idée qu’un filet d’eau puisse passer entre nous.

Nous restâmes ainsi longtemps, sans parler, juste à sentir la chaleur de l’eau et celle de nos corps mélangées.

Il me sourit, me regarda dans les yeux et murmura :

— Je suis tellement heureux, Clément.

Je lui répondis par un regard silencieux, mais le cœur empli d’une certitude nouvelle. Rien de ce que nous venions de vivre ne serait oublié, tout ça faisait désormais partie de nous.

Nous sortîmes de la douche encore un peu étourdis, la peau chaude, le souffle lent. La salle de bain était pleine de buée ; Raph essuya le miroir du bout de la main, mais n’y regarda même pas son reflet. Moi non plus. Nous étions trop fatigués pour ça, trop… vidés, mais dans le bon sens.

Il enfila un boxer propre. Rien de plus. Puis, il me tendit un de ses boxers, comme une offrande discrète. Je l’enfilai à mon tour, un sourire léger sur les lèvres, heureux de porter un vêtement qui venait de lui.

Nos corps avaient encore ce calme flottant de l’après. Nous avions parlé doucement, presque en chuchotant, sous l’eau chaude qui nous caressait. Là, il n’y avait plus de place pour les mots. Juste le silence, fait de gestes simples, de gestes partagés.

— Tu veux manger un truc avant de dormir ? demanda Raph en passant une serviette sur ses cheveux, qui refusaient de tenir en place.

— Un petit truc, ouais… sinon je vais tomber dans les pommes.

Nous nous installâmes sur le canapé, en boxer, les cheveux humides, la peau encore tiède de la douche. Le repas n’était pas un festin, mais ça sentait bon, ça faisait du bien. Quelques pâtes froides, du fromage, du pain encore assez tendre, et le jus de carotte de Raph, qui trônait comme un trophée sportif.

— Franchement, c’est pas de la grande gastronomie, dit Raph en s’asseyant tout près de moi, les épaules presque collées.

— Oui, répondis-je en souriant.

Il sourit à son tour, piqua une fourchette de pâtes et la leva vers ma bouche.

— Ouvre..

Je haussai un sourcil, rouge déjà, mais j’ouvris. Il me donna la bouchée, attentif comme si c’était la chose la plus sérieuse du monde. Ses doigts effleurèrent ma lèvre du bout de la fourchette. Il me regardait pendant que je mâchais, et ça me rendait dingue.

— À toi, dis-je pour cacher mon trouble.

Je pris un morceau de pain et le portai à sa bouche. Il mordit dedans sans détourner les yeux. On aurait dit un jeu, un jeu qu’il gagnait d’avance parce qu’il savait exactement ce que ça me faisait quand il me regardait comme ça.

Le repas avança lentement, parce qu’on faisait durer. Parce qu’on se nourrissait autant l’un de l’autre que du peu de nourriture qu’on avait.

— Tu sais… commença Raph, en tant normal, je ne suis pas attiré par les garçons. Je ne l'ai jamais été. Mais, je suis attiré par toi. Je suis fou de toi.

Ma gorge se serra. Je ne savais pas quoi répondre alors il continua, plus doux :

— Y a un truc chez toi… J’sais pas. Ça me… ça me touche. Ça me plaît beaucoup.

Je sentis mes oreilles brûler. Je baissai la tête, mais il passa sa main sous mon menton pour me forcer à relever les yeux.

— Moi… je suis impressionné par toi, avouai-je à voix basse. Par ton corps. Ta beauté. Ta… ta puissance. Tu dégages un truc. On dirait que rien ne peut t’atteindre.

Raph eut un sourire tendre.

— Si tu savais comme c’est faux, murmura-t-il. T’as aucune idée.

Il reposa l’assiette sur la table basse. Puis il se rapprocha encore, son genou contre ma cuisse, sa main chaude sur ma hanche.

— Je suis fort, ouais. Musclé, tout ça. Mais toi… toi, t’as un courage que j’ai pas. Quand je te vois, c’est pas ton corps qui m’impressionne. C’est toi qui m’impressionne.

Je restai muet. Les mots ne venaient pas. Alors je fis la seule chose possible : je pris un petit morceau de fromage et je le posai moi-même sur ses lèvres.

Il le mangea sans me lâcher du regard.

Puis, très doucement, il murmura :

— Tu me rends fou, Clément.

Et cette fois, ce n’était pas une boutade. Pas une provoc. C’était une confession.

Après avoir fini de manger, nous restâmes un moment assis, les assiettes vides devant nous. Raph passa doucement une bouchée de pain grillé dans ma bouche, et je fis de même avec lui, nos rires étouffés se mêlant au silence confortable du studio.

Un sourire passa sur ses lèvres, tendre, rassurant. Il se pencha vers moi, nos fronts se touchant, et je frissonnai sous ce contact simple mais chargé de désir.

— Allez, on va se préparer pour dormir ? dit-il doucement.

Nous nous levâmes et, côte à côte dans le petit espace du studio, nous brossâmes nos dents. Je me sentais étrange et pourtant parfaitement à ma place, debout à côté de lui. Nos épaules se frôlaient, nos mains se croisaient parfois en riant silencieusement. Chaque geste banal devenait intime : Raph passait sa main dans mes cheveux en me tendant le dentifrice, je lui frottais le dos d’une brosse de dents imaginaire en éclatant d’un petit rire.

— T’es vraiment… irrésistible même quand tu fais ça, murmura-t-il, un sourire malicieux dans la voix
— Toi aussi… soufflai-je, la gorge nouée.

Le brossage terminé, nous nous dirigêames vers le lit. Ce lieu de plaisir.

— Je veux dormir nu, enlacé à toi, dit-il.

J'acquiesçai. Nous retirâmes nos boxers. Nous nous couchâmes, en nous enlaçant.

— Bonne nuit, Clément… murmura-t-il, sa main caressant doucement mes cheveux.
— Bonne nuit, Raph, répondis-je, mes doigts s’accrochant à son bras, sentant la force et la tendresse en même temps.

Nous restâmes ainsi, immobiles, nos respirations s’accordant, nos cœurs battant à l’unisson. Peu à peu, le monde extérieur s’évanouit. Le studio, les draps froissés, tout disparut sauf cette chaleur, ce souffle partagé, cette proximité qui nous enveloppait entièrement.

Et doucement, nous nous abandonnâmes à la nuit, à la chaleur et à l’autre, chaque battement de cœur scellant notre intimité.

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