Au rythme de l'aube

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Mardi 4h00

Le réveil sonna à 4h00, un bruit strident qui me tira de mon sommeil.

Je me redressai et sentis immédiatement la chaleur de Raph. Son torse chaud, ses bras autour de moi, me donnaient une hésitation à ouvrir les yeux.

— Mmh… murmura-t-il, encore à moitié endormi, sa voix rauque m'envoyant un frisson.

Je laissai mon visage glisser contre son cou, inspirant son odeur mêlée de savon et de sueur de la veille. Mais la réalité nous rattrapait. La séance de sport imposée nous attendait.

Mon OSD avait jugé que je n’étais pas assez sportif.
Son OSD avait jugé qu'il avait mal répondu à une question.
Alors, tous les matins, on devait subir cette séance de sport matinale.
Pour combien de temps, on ne savait pas.

— Moi, je n'ai pas le droit de prendre le bus, je suis puni, je dois y aller en courant, dis-je. Tu me rejoindras sur place. Dors encore un peu.

— Eh bien… je cours avec toi. Pas question de te laisser tout seul, dit-il, ses yeux brillants d’une lueur de défi et de complicité.

Nous nous préparâmes rapidement, mangèrent un morceau. et quittâmes l'appartement. La nuit était encore dense, les rues vides, et chaque pas nous rapprochait du stade central. Nos foulées se synchronisaient presque naturellement : Raph à mes côtés, parfois m’attendant, me frôlant. Chaque contact me brûlait la peau, chaque frôlement accélérant mon souffle.

Un bus passa à toute allure, ses phares nous éblouissant un instant. Je l’ignorai, focalisé sur Raph, mais je sentis son sourire contre mon épaule.

— Tu vois… ça aurait été plus rapide en bus, mais beaucoup moins amusant, murmura-t-il.

La course continua, nos respirations se mêlant, nos muscles chauffant. Le froid du matin contrastait avec la chaleur de sa proximité. Malgré la fatigue, la sensation d’être ensemble rendait chaque foulée plus légère. Nous étions seuls dans notre bulle, malgré la ville encore endormie et les rares passants. Je repensais à la veille, à nos ébats. Putain, ça avait été incroyable.

Finalement, le stade apparut, éclairé faiblement par les lampadaires de l’aube. Nous entrâmes sur le terrain. Les autres garçons étaient déjà là, mais pour nous, le monde se résumait à ce terrain vide, à la piste humide, et à cette tension subtile entre nos corps encore brûlants de désir et de proximité.

La séance de sport fut intense.

Après l'entraînement, nous nous dirigeâmes vers les douches. L’eau chaude nous enveloppait, rinçant la sueur. Mon regard ne pouvait s’empêcher de chercher celui de Raph. me rappelant la douche partagée la veille.

Nous nous rhabillâmes, puis quittâmes le stade. Les autres garçons se dirigèrent vers l'arrêt de bus, tandis que nous restions là, sur l'esplanade devant le stade.

Je croisai le regard de Raph, ses beaux yeux bleus qui brillaient d'une lueur espiègle. Il prit la parole, un léger sourire aux lèvres.

Raph se tourna vers moi. Ses yeux bleus brillaient d’un éclat que je commençais à connaître : doux, mais chargé de quelque chose de plus profond.

— Ce soir, j’ai entraînement de volley jusqu’à tard…, dit-il, un peu désolé.
— Et demain soir ? demandai-je, sans réussir à masquer l’espoir dans ma voix.

Son sourire se fit plus lent, plus chaud. Il posa une main sur mon épaule.

— Demain soir, je suis libre. Et… j’aimerais qu'on dîne ensemble chez moi. Un vrai dîner. Promis, cette fois, ce sera mieux que des pâtes froides réchauffées.

Je souris malgré moi.

Mais Raph ne retira pas sa main. Au contraire, son pouce glissa contre ma clavicule, presque imperceptiblement.

— Et après, murmura-t-il, on pourra… prendre notre temps.

Il ne précisa rien. Il n’en avait pas besoin.
Un frisson me remonta le dos.

— Prendre notre temps ? répétai-je, à mi-voix, en souriant.
— Oui.

Son regard descendit furtivement vers mes lèvres, puis remonta aussitôt.
— Hier… c’était…
Il s’interrompit, cherchant ses mots.
— J'ai vraiment adoré. Vraiment.

Je déglutis.
— J’ai hâte d’être à demain.
— Moi aussi, dit-il dans un souffle.


Nos doigts se frôlèrent.
Il n’y avait plus besoin de rien dire.
Demain soir… ce serait encore nous.
Encore mieux.

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