Panique matinale

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Jeudi, 4h50.

Le réveil hurla dans le noir, un cri strident qui déchira le silence.
Nos corps, encore enlacés, sursautèrent comme frappés par une décharge électrique.

La nuit avait été… indescriptible. Le plaisir pur, violent, une vague qui m’avait submergé, emporté, laissant mon souffle court, ma peau électrique. Jamais je n'avais vécu ça. Cette nuit vallait toutes les nuits que j'avais pu vivre avant. Et là, maintenant, son torse contre le mien, sa chaleur, son odeur…

Son bras se tendit, balaya l’air. Le réveil s’éteignit.
Puis ses lèvres se posèrent sur les miennes, douces, urgentes.

Et puis mon regard accrocha les chiffres lumineux : 4h50.
Mon sang se glaça.

— PUTAIN !

Le stade. Il faut y être à 5h30. Et moi, je ne peux pas prendre le bus.
Putain, être en retard, c'est une infraction de niveau 1. Merde, merde, MERDE.
Et une infraction de niveau 1, c'est la pagaie. En plus de la douche glacée. Mais la douche glacée on s'en fout. Putain, la pagaie...

Je bondis du lit, le cœur cognant contre mes côtes. Mes vêtements traînaient par terre, je les enfilai à la hâte, les doigts tremblants, maladroits. La chemise à l’envers, le pantalon coincé. Peu importe.

— Qu’est-ce qui se passe, Clément ? Raph se redressa, les yeux bouffis de sommeil, la voix pâteuse.— IL EST 4H50 ! Je hurlais presque. On doit être au stade à 5h30 ! Un retard, c’est une infraction de niveau 1, tu te rends compte ?!

Son visage se figea. Il comprit. Hier soir… on avait oublié de mettre le réveil plus tôt. Moi, je ne peux pas prendre le bus.

On enfila nos chaussures, dévalâmes les escaliers, sortîmes de l’immeuble en courant. La porte claqua. L’air froid me gifla, me réveilla d’un coup.

— Le stade est à dix kilomètres, dit Raph. Trente-cinq minutes. 3’30/km. C’est faisable. SUIS-MOI, Clément !

Raph se mit à courrir. Presque un sprint.

Mes poumons brûlaient déjà. Je partis comme un dératé, talons martelant le bitume. Un, deux, un, deux… Le rythme brutal s’imposa. Mes cuisses hurlaient, l’estomac se tordait.

— Respire, dit Raph. Respire !

Au bout de cinq minutes, mes jambes flageolèrent, une douleur aiguë me transperça le flanc. Je ralentis, mains sur les genoux, sueur dégoulinant dans mon cou.

— Raph… j’y… arrive pas…

Il fit demi-tour, visage luisant sous la lueur des réverbères, yeux larges, affolés.

— Clément…

Un grondement sourd. Un bus. Phares aveuglants, monstre jaune qui approchait.

— Le bus… haletai-je, poumons en feu. On n’a… pas le choix.
— T’es puni ! siffla-t-il, me saisissant le bras, doigts serrés comme des étaux. S’ils te chopent…
— À pied, on est en retard ! hurlais-je, la salive au bord des lèvres. Infraction de niveau 1, Raph ! NIVEAU PUTAIN DE UN ! Tu veux finir comme Adrien ?! La douche glacée c’est rien, le problème c’est la pagaie !

Il recula d’un pas, blême. Le bus freina dans un sifflement, la porte s’ouvrit.

— Si on monte… et qu’un contrôleur du CCSEG est dedans…
— On est déjà dans la merde jusqu’au cou ! Allez !

Il hésita. Une seconde, une éternité. Puis hocha la tête, mâchoires serrées.
On grimpa.

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