Mon petit copain

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Nous marchions en direction du centre du stade, là où il fallait se tenir presque au garde-à-vous en attendant tous les autres.

— Cette histoire de bus, ça t’a stressé, j’ai vu, dit Raph.
— Putain, oui ! Merci de m’avoir soutenu. J’ai cru que j’allais mourir à chaque arrêt. Et j’ai cru que j’allais m’écrouler sur l’esplanade.
— Hé… ce soir après les cours, tu veux qu’on aille à la piscine ? Faire quelques longueurs. Ça te détendrait.
— Des longueurs à la piscine ? dis-je, un peu surpris.
— Ouais, ça détend. Et t’avais dit que la natation, c’était un peu ton truc, non ?
— Oui, j’y allais de temps en temps, c’est vrai. Je n’avais pas vu la natation comme un moyen de me détendre…
— Bah voilà, ton petit copain est en STAPS alors il voit du sport partout, dit-il en souriant.

« Ton petit copain est en STAPS. » La phrase résonna dans ma tête. Et elle était… merveilleuse.
C'est vrai... Raph. Il était mon petit copain. Putain. Lui. Mon petit copain à moi.
C’était dingue. Juste dingue.

— Oui, c’est une super idée, dis-je, un sourire accroché à mes lèvres.
— La piscine en face de ta fac ? Après, on bouffe un truc et on va chez ton pote Adam pour… discuter.
— Oui, le rendez-vous est à 22 heures.
— Je repasserai par chez moi avant d’aller à la piscine. Je peux te prendre un maillot si t’as pas le temps de passer chez toi.
— Oui, super. Donc 17h30 à la piscine ?
— Va pour 17h30 dit-il.

Nous arrivâmes au centre du stade.
Adrien était déjà là. Deux autres garçons aussi.
Puis les cinq autres arrivèrent.

Le coach nous fit mettre en t-shirt et short. Ça caillait, mais on avait fini par prendre l’habitude.
La séance de sport commença.

Deux heures plus tard, nous nous dirigeâmes vers les douches, tous ensemble, et l’eau chaude nous tomba sur la peau glacée. Comme toujours, mes yeux glissèrent sur le corps de Raph. Ce corps que j’avais caressé, exploré, pénétré.

Puis nous nous rhabillâmes et quittâmes le stade.

Je murmurai, presque pour lui seul :
— À tout à l’heure à la piscine, alors.

Raph me sourit avant de se diriger vers l’arrêt de bus avec les autres.
Je fis quelques pas… puis aperçus Adrien qui traînait un peu derrière le groupe.

Je l’interpellai :
— Adrien !

Il se retourna, les épaules lourdes.

— Le coach t’a pas raté hier, dis-je en arrivant à sa hauteur.
— Ouais, putain… J’ai pas encore reçu ma convoc pour la sanction, mais on m’a dit que pour une infraction de niveau 1, ils te battaient avec une planche en bois.
— Ouais. C’est ça. Une pagaie. J’y ai eu droit la semaine dernière.
— Merde… T’as fait quoi ?
— Rien. Un malentendu dans un bus. Une connerie.
— Putain… Et ça fait mal ?
— Je vais pas te mentir, Adrien. Ouais, ça fait super mal.

Il pâlit d’un coup. Je repris, un peu hésitant :

— Comment tu le vis, toi, tout ce truc du CCSEG ?
— Mal. Franchement mal. On est traités comme des chiens. J’ai rien fait, moi.
— Tu penses qu’on devrait… réagir ?
— Réagir comment ? dit Adrien, méfiant.
— Je sais pas… Résister, se rebeller.

Il secoua la tête, nerveux.

— Mec… c’est le meilleur moyen de s’attirer des emmerdes.
— Ouais… sans doute.
— Moi, je ferme ma gueule et j’attends que ça passe. Les mecs du CCSEG, c’est des tarés. Ils rigolent zéro.
— Ouais… t’as raison. C’était juste une idée comme ça. Faut tenir. C’est pas… enfin… c’est pas la mort non plus.

On se serra vaguement l’épaule, puis on se sépara.
Je me mis à courir en direction de la fac. J'avais cours dans une heure.

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