Sous l'encre de la nuit
J'étais là, lové contre lui.
Absorbant la chaleur de son corps.
Mon sexe était retombé après que Raph eut aspiré ma saveur.
Mais son sexe à lui, demeurait dur, puissant, excité, prêt à délivrer la sienne.
Raph me caressait le torse délicatement.
Ses doigts, à la fois légers et possessifs, touchaient ma peau avec amour, passion et envie.
Puis, il me retourna avec une lenteur presque vénérable, m’étalant sur le ventre comme on déploie une carte secrète, un territoire connu mais à réexplorer. Il se mit sur moi, et sa verge, chaude et ferme, glissa sur le sillon de mes fesses, comme si mon corps avait été façonné pour l'accueillir à cet endroit précis.
Chaque mouvement de va-et-vient sur cette ligne de mon corps était une promesse, une caresse sourde, son bas-ventre frôlant mon corps, y déposant des frissons qui me faisaient retenir mon souffle.
Ses mains, partout à la fois, dessinaient sur mon dos, mes hanches, mes cuisses, une géographie nouvelle. J’étais à la fois le continent et l’océan, la terre et la marée, et chaque effleurement me faisait trembler, me faisait fondre. Une chaleur montait en moi, un mélange de désir et d’appréhension.
Puis, lentement, il me pénétra. Ce ne fut pas une intrusion, mais une fusion. Une lenteur infinie, une pression qui s’insinuait, qui m’ouvrait, qui me remplissait jusqu’à ce que je ne sache plus où il commençait et où je finissais.
Et chaque coup de reins fut une phrase, chaque gémissement une ponctuation : nous écrivâmes, à même la sueur et les draps froissés, un poème dont les vers se brisaient et se reformaient sous nos corps enlacés. La nuit devenait notre encre, nos souffles le rythme, et chaque étreinte un verset gravé dans la mémoire de ma peau.
Et la nuit se poursuivit, intense, brûlante, comme si le temps lui-même avait suspendu sa course pour nous laisser nous consumer l’un dans l’autre. Les heures n’existaient plus, il n’y avait que l’instant, que cette alchimie entre nos peaux, nos bouches, nos regards qui se cherchaient dans l’obscurité. Nos corps écrivaient sans fin, improvisant des chapitres que seul le désir pouvait relier, inventant un récit secret et merveilleux, ponctué de frissons et de gémissements.
Nous ne dormîmes pas. La nuit fut torride, chaque minute une nouvelle phrase que nous traçions sur la peau de l’autre.
Et quand les chiffres lumineux du réveil indiquèrent 3:59, il était inutile de nous réveiller : nous n’avions pas dormi.
Aucun réveil oublié ne nous menaçerait cette fois.
Ma chambre semblait différente, nouvelle, comme si elle avait toujours attendu ce moment. Je ne l'avais jamais vue ainsi, suspendue à cette intensité que nous avions gravée entre ses murs.
Dans quelques instants, il faudrait se lever, il faudrait que nos corps enlacés se séparent. Mais ce ne serait pas une fin, mais une virgule. La phrase continuerait, ailleurs, autrement. Tout avait été dit, et pourtant, tout restait à écrire.

Annotations
Versions