Recette pour deux

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— Putain, Raphaël… J'avais vraiment besoin de ça après un jour et demi sans toi.
— Moi aussi, murmura-t-il, comme un aveu. T’attendre ce matin m’a rendu fou.

Je posai mes lèvres sur les siennes, tendrement, avant de reculer juste assez pour observer son visage. Une mèche de cheveux lui tombait sur le front, rebelle. Je la repoussai du bout des doigts, frôlant sa peau douce. Il sourit, angélique.

Il se leva, nu, et se dirigea vers le frigo. Je le suivis du regard, mes yeux glissant sur ses muscles qui se dessinaient sous la lumière. Chaque mouvement de son corps était une danse hypnotique.

Il sortit deux verres et les posa sur la table basse.

— Ton cocktail au gingembre, grenadine et Schweppes, dit-il en me tendant le mien. Celui que tu aimes.

Je le regardai disparaître un instant dans la chambre, puis revenir avec le caleçon que je lui avais prêté l’avant-veille lorsqu’il avait dormi chez moi. Il me tendit l’un des siens.

— Tiens. J’échange un de tes caleçons contre un des miens. Ça me plaît, l’idée de porter quelque chose de toi… Il sourit, malicieux. Surtout à cet endroit-là.

J'enfilai son calçon, amusé, tandis qu’il passait le mien, nos corps se frôlant. Puis nous prîmes nos cocktails et trinquâmes, nos regards accrochés l’un à l’autre.

— T'as déjeuné ? demanda-t-il en reposant son verre sur la table.
— Non. Je suis venu directement après mes séances de recrutement. Je ne voulais pas te faire trop attendre, répondis-je en riant.
— T'as faim ?
— Affamé. J’ai brûlé pas mal de calories tout à l’heure, dis-je, faussement innocent.
Son regard glissa sur moi, lentement.
— Parfait. On a tout ce qu’il faut pour une quiche. Tu m’aides ?
— Une quiche ? Je levai un sourcil. T’es sûr que t’as pas juste envie de me voir éplucher des oignons en pleurnichant ?
— Si, avoua-t-il sans hésiter. Mais j’ai faim aussi.

Il éclata de rire et ouvrit le frigo, en sortant les ingrédients les uns après les autres : œufs, crème, lardons, fromage râpé, oignons.

— Quiche, alors, conclut-il en me tendant le paquet de farine.

Je le saisis, sentant son regard me caresser. Je tirai. La mention « ouverture facile » me narguait alors que le sachet résistait obstinément. Mes doigts crispés y mettaient toute ma frustration.

— Laisse-moi essayer, dit Raph en se collant contre mon dos, ses bras enveloppant les miens pour attraper le sachet. Sa peau était chaude contre la mienne, son souffle dans mon cou.

Il tira plus fort. Et...Pouf
Le paquet explosa dans un nuage blanc, nous enveloppant tous les deux.

Un silence. Puis Raph éclata de rire, sa voix étouffée par la farine qui lui collait aux lèvres. Je sentis le rire me gagner, même si j’avais les cils pleins de poudre et que mes cheveux devaient ressembler à un champ de neige.

— T’es magnifique comme ça, dit-il, les yeux plissés, avant de m’attraper par la taille et de m’embrasser, un baiser farineux, doux et absurde.
— N'importe quoi, grognai-je en essuyant mon visage, mais cela n'eut que l’effet de répandre encore plus de farine.

Il me vola un autre baiser, plus profond, cette fois.

Je lui mis une poignée de farine dans les cheveux, en représailles. Il recula, feignant l’indignation, mais ses yeux brillaient de malice.

— Oh, c’est la guerre, alors ?
— Oui. Et je gagne toujours.

Il attrapa une poignée de farine et me la lança au visage. J’esquivai en riant. On finit par terre, entre éclats de rire et baisers volés, nos corps enchevêtrés, la cuisine transformée en champ de bataille.

— Bon, haleta finalement Raph en se relevant, me tendant une main pour m’aider, on fait cette quiche avant de tout casser ? Ou alors on continue comme ça…
— La quiche, répondis-je en me collant à lui, les mains sur ses hanches. Mais après, on reprend là où on s’est arrêtés.

Il m’embrassa encore, lentement cette fois, avant de se détourner pour préparer la pâte, enfin, ce qu’il en restait. Nos doigts se frôlèrent en battant les œufs, nos épaules se touchèrent en éminçant les lardons.

— T’es sûr que t’as mis assez de fromage ? demandai-je en jetant un coup d’œil au plat.
— Avec toi, j’en mets toujours trop, répondit-il avec un clin d’œil.

Je ris, et on glissa la quiche au four, nos mains jointes sur la porte un instant de trop.

Une fois la quiche au four, je m’approchai, mes lèvres frôlant les siennes.

Nous nous embrassâmes.

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