Sous la lumière des réverbères

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— Bon, il est temps de manger de la quiche, non ? dit-il en riant.

Nous nous rhabillâmes à la va-vite, puis prîmes des assiettes. Nous servîmes la quiche et nous nous assîmes

— Alors, on se prend la tête avec les couverts, ou on plonge direct ?

Je lui jetai un regard en coin, amusé, et pinçai un morceau de quiche entre mes doigts avant de le lui tendre.

— Les fourchettes, c’est pour les timides.

Il rit, ses yeux s’allumant d’une étincelle malicieuse. Il ouvrit la bouche, ses dents frôlant mes doigts dans un instant suspendu, presque irréel. Je frissonnai, sa bouche me laissant une sensation de chaleur qui s’infiltrait jusque dans mes os.

Nos genoux se touchaient subtilement, nos épaules se frôlaient à chaque mouvement, comme une danse silencieuse et intime. La tension entre nous, douce mais palpable, restait suspendue, indomptable. Je lui volai un morceau de quiche, et il tenta de le récupérer, riant. Nos doigts s’entrelacèrent dans un jeu taquin, une complicité naturelle.

— Hé, c’est la mienne !

— T’as qu’à en faire une autre, murmurai-je en me penchant pour effleurer sa lèvre du bout de mon doigt, comme pour récupérer une miette imaginaire.

Le frôlement de sa peau sur la mienne provoqua un frisson électrique. Il avait ce regard-là, un regard qui disait tout, qui brûlait plus que n’importe quel mot.

Nous dégustâmes la quiche lentement, nos doigts glissant sur la croûte dorée, nos regards accrochés l’un à l’autre. Une fois terminée, Raph s'étira, son torse se cambrant juste assez pour que mon regard suive chaque mouvement.

— Allez, dit-il en se levant, tendant la main. On a besoin d’air. Avant que je ne t’écrase encore contre ce comptoir.

Il prit ma main, la serrant, et ensemble, nous quittâmes l’appartement.

Le bruit de nos pas se perdit dans le calme du hall avant que la porte de l’immeuble ne se referme doucement derrière nous. L’air frais nous enveloppa aussitôt, une caresse délicate qui contrastait avec la chaleur encore présente sur notre peau.

Dehors, la nuit commençait à poser son voile. Nous nous dirigeâmes vers le canal, mais sur notre chemin, un éclat de lumière attira mon attention. La fête foraine était installée non loin. Les néons dansaient dans l’air, les rires des gens s’élevaient en une vague joyeuse. Les manèges tournaient lentement, et l’odeur sucrée de la barbe à papa et des pommes d’amour s’infiltra dans l’air.

— On fait un tour ? proposa Raph, son sourire malicieux se dessinaient sur ses lèvres.

Je souris. Il me prit la main, et nous nous dirigeâmes vers les manèges. Le bruit des attractions était partout, et chaque éclat de rire semblait remplir l’espace. Les couleurs vives, les lumières, l’odeur sucrée de la fête, tout semblait être là pour nous immerger dans une bulle d’insouciance.

Nous montâmes dans une grande roue, nos corps pressés l’un contre l’autre, et la vue s’étendait devant nous, une mer de lumières et d’ombres. Nous nous accrochions aux barres métalliques, mais nos mains se cherchaient à chaque instant, se retrouvant comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Le vent soufflait doucement sur nos visages, emportant avec lui nos préoccupations, nos pensées, tout. Le monde autour de nous semblait si lointain, si étranger.

Nous escendîmes de la grande roue et Raph me tira vers les autres attractions, son rire résonnant dans la bruit de la fête. Nous nous installâmes dans des petits wagons métalliques, nos genoux se frôlant à chaque virage, nos mains serrées l’une contre l’autre. Le manège s’élança, nous projetant dans les airs, et je sentis mon estomac se nouer avant de laisser place à une euphorie pure. Raph hurla de joie, son visage illuminé par les néons, et je ne pus m’empêcher de l’imiter, nos cris se mêlant dans le vent.

Après plusieurs tours, nous descendîmes, un peu étourdis, nos corps encore imprégnés de l’adrénaline. Raph me regarda, les joues roses, les yeux pétillants.

— Tu veux une pomme d’amour ? demanda-t-il, désignant un stand où des fruits rouges luisaient sous une couche de sucre brillant.

— Avec toi, je veux tout, répondis-je, sincère.

Raph s'avança vers le stand et acheta une pomme rouge, brillante, au caramel étincelant. Elle semblait presque trop belle pour être mangée.

— À deux, ça a plus de saveur, non ? dit-il, ses yeux brillant.

Je m’approchai, lui volant un morceau du caramel. Nos lèvres se frôlèrent, sucrées et chaudes, Tout semblait s’être arrêté, comme si le monde se taisait pour nous observer.

— Ou peut-être que c’est juste toi qui rends tout meilleur, murmurai-je contre ses lèvres.

Il rit, un rire léger, et me tendit encore la pomme. Je croquai dans la douceur du caramel, et nous partîmes main dans la main vers le canal, la fête foraine derrière nous.

Le canal était là, calme et scintillant. Il reflétait les réverbères comme des étoiles suspendues. Nos pas résonnaient sur les pavés humides, chaque écho rendant ce moment encore plus précieux, comme si chaque battement de cœur était un souvenir en devenir. Raph marchait près de moi, nos bras se frôlant à chaque mouvement. Le silence entre nous n'était pas lourd, mais apaisant, comme une respiration commune. Nos souffles se mêlaient, formant de petits nuages éphémères qui s’évaporaient dans la fraîcheur de la nuit.

Je sentis sa main chercher la mienne, et je la pris sans hésiter. La douceur de sa peau contre la mienne intensifiait ce moment d’intimité partagée, cette complicité secrète. Nos pas se faisaient plus lents, presque comme si nous voulions prolonger ce lien,.

Le calme du canal, les lumières dansant sur l’eau, tout semblait se fondre autour de nous, comme un tableau parfait que le temps refusait de toucher. Nos ombres se dessinaient sur le sol mouillé, grandes et fluides, comme deux silhouettes liées dans la nuit.

Raph serra un peu plus ma main, et je sentis en lui la même intensité, la même envie de savourer chaque instant. Il s’arrêta soudain, me prenant dans son regard comme une vague qui engloutit tout. Il se pencha vers moi, ses yeux intenses, jamais détournés des miens, et d’une voix qui vibrait de sincérité, il dit :

— Une semaine seulement, et pourtant, j’ai l’impression de t’avoir toujours connu. Tu m’as regardé comme si j’étais précieux, comme si j’étais à toi sans même avoir besoin de me posséder. Avant, je ne savais pas qu’on pouvait s’aimer aussi doucement, aussi profondément. Maintenant, chaque fois que tu me touches, c’est comme si tu me rappelais que je suis chez moi, enfin. Tu m’as transformé, Clément, d’une manière que je ne comprends même pas moi-même. Avant toi, je n’avais jamais imaginé ressentir ça… Tu es arrivé dans ma vie comme une lumière qui éclaire tout, qui fait fondre tout ce que j’étais avant.

Il se rapprocha encore, ses mains frôlant mes bras, effleurant ma peau comme pour s’assurer que j’étais bien là, à cet instant précis, entre ses bras. Je le regardai, le souffle court, totalement pris dans la force de ses mots. Je m’avançai, posant doucement une main sur son torse, je sentais ses muscles parfaits sous les vêtements. Mon cœur battait si fort que j’avais l’impression qu’il allait sortir de ma poitrine. Je n’avais pas de mots à la hauteur de ce qu’il venait de me dire. Alors je dis simplement :

— Je t’aime, Raph. Je t’aime plus que je ne saurais le dire. Tu sais, quand j’ai posé les yeux sur toi pour la première fois, je ne pensais pas que ça finirait comme ça. Putain, que je suis heureux avec toi. Tu es tout ce dont j’avais besoin, tout ce que je n’avais jamais osé espérer. Et je te promets que, quoi qu’il arrive, je serai là, avec toi. Toujours.

Le monde autour de nous s'effaça dans un silence saturé d'émotion. Il n'y avait plus rien à dire, juste ce silence complice. Puis il se pencha, et ce n’était pas simplement un baiser, c’était une promesse. Nos lèvres se rencontrèrent avec la force de tout ce qui avait été dit, tout ce qui n'avait pas encore été dit. C’était un baiser d’unité, d’âme et de corps, une confirmation silencieuse que tout ce qu’il venait de dire n’était pas un rêve, mais une vérité partagée.

Je m’accrochai à lui, mes bras autour de sa taille, ne voulant plus jamais le lâcher. Ses bras m’enserrèrent, aussi forts que tendres, comme pour me prouver qu’il ne voulait plus vivre sans ce lien qui venait de se créer.

— Et je vais te le montrer chaque jour, ajouta-t-il, sa voix basse, mais fermement ancrée dans la certitude. Parce que t’es tout, Clément. T’es tout pour moi.

]e pris sa main, et ensemble, nous marchâmes encore, poursuivant notre chemin le long du canal, où l’eau continuait de glisser sous les réverbères, comme une mélodie silencieuse que seuls nous pouvions entendre.

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