Une semaine, mille nuits 

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La chambre était silencieuse, à part le son de nos respirations qui revenaient peu à peu à la normale. Raph était allongé sur le dos, un bras replié sous sa tête, l’autre posé sur mon ventre, comme pour s’assurer que j’étais toujours là. Je tournai légèrement la tête vers lui, sentant la sueur sécher sur ma peau, le poids de son corps encore imprimé dans le mien.

— T’as l’air détendu, maintenant, murmura-t-il, un sourire satisfait aux lèvres.

— C’est parce que t’es un bon kiné, répondis-je en me rapprochant, posant la tête sur son torse. Même si tes méthodes sont un peu… non conventionnelles.

Il rit doucement, bas. Je sentis la vibration dans sa poitrine. Ses doigts traçaient des cercles lents sur ma hanche, comme s’il refusait de rompre le contact.

— Faut ce qu’il faut, dit-il simplement.

Puis il se pencha et effleura mes lèvres d’un baiser léger, presque timide, comme s’il avait soudain peur de briser l’équilibre fragile de l’instant. Ses lèvres étaient douces, un peu gonflées. Mon cœur se serra.

— Allez, viens, murmura-t-il contre ma bouche, avant de se lever d’un bond, énergique, comme pour chasser la mélancolie qui commençait à s’installer.

Il me tendit la main. Je la saisis sans hésiter. Ses doigts étaient encore chauds des dernières caresses, et cette chaleur me parcourut tout entier, comme un rappel. Il enfila un caleçon et un t-shirt froissé ; je fis de même. Nous nous retrouvâmes dans la cuisine, où les sacs de courses traînaient encore sur le plan de travail.

On dîna avec ce qu’on avait acheté à la supérette. Puis, au milieu du repas, Raph posa sa fourchette et me regarda, avec ce sourire étrange, presque timide.

— Tu sais… ce soir, c’est un peu notre anniversaire. Il y a une semaine, on était sous la tente. Tu te souviens ?

Comment pourrais-je oublier ? Cette nuit-là, sous la toile qui claquait au vent, nos corps emmêlés comme deux secrets, nos souffles mêlés dans le froid.

— Une semaine, murmurai-je, la gorge serrée.

Il sourit, ce sourire qui me désarmait à chaque fois, et se pencha pour m’embrasser lentement, comme s’il avait l’éternité devant lui.

— Une semaine, répéta-t-il contre mes lèvres. Et pourtant, j’ai l’impression qu’on a déjà vécu mille vies, mille nuits, mille matins.

Je fermai les yeux, savourant ses mots, son contact.

On poursuivit par un film. On s’installa sur le canapé, nos corps naturellement moulés l’un contre l’autre. Je me blottis contre lui, sentant ses muscles durs sous le coton de son t-shirt, cette force tranquille qui me rassurait toujours.

Au bout de vingt minutes, je glissai une main sous son t-shirt, effleurant sa peau chaude. Il ne dit rien, mais je sentis son souffle s’accélérer. Je retirai mon t-shirt, puis le sien. La suite du film se déroula sur nos peaux nues, collées l’une à l’autre. C’était bien mieux comme ça.

Quand le film se termina, on se brossa les dents en silence. Nos regards se croisèrent dans le miroir de la salle de bain, complices. Puis on se coucha. Nos bas atterrirent quelque part sur le sol.

Et soudain, tout fut plus simple, plus juste : nos peaux l’une contre l’autre, nos souffles synchronisés. On s’enlaça, jambes entremêlées, fronts collés, et la nuit nous engloutit, douce et profonde, comme une promesse.

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