Trente heures avant

2 minutes de lecture

Troisième semaine
Lundi, 4h00
30 heures avant la révolte

Je me réveillai dans le hall de la résidence universitaire.
La vibration sèche de l’alarme de ma montre me traversa le poignet avant même que j’aie complètement repris conscience.

Il faisait encore nuit.

Il fallait aller au sport.
Le sport imposé par le CCSEG.

Lucas était toujours affalé sur le canapé, enroulé dans son blouson comme dans une couverture de fortune. Il dormait mal, par à-coups. Son visage était tiré, même dans le sommeil.

Sam n’était pas rentré.

Ou alors il était rentré sans nous voir.
Mais c’était peu probable. Presque impossible.

Je montai quand même jusqu’à sa chambre. Le couloir était silencieux, éclairé par des néons blafards. Sa porte était fermée. J’hésitai une seconde, puis frappai doucement. Rien.

Il n’était pas là.

Une inquiétude sourde se logea en moi, plus lourde que la fatigue.
Où pouvait-il bien être ?

Je redescendis, jetai un dernier regard à Lucas endormi, puis sortis. L’air froid me saisit immédiatement.
Direction le stade central.

Au passage, j’attrapai quelque chose au distributeur : une barre trop sucrée, un café tiède. Ce n’était pas vraiment un petit déjeuner, mais ça éviterait de courir complètement à jeun.
Une heure de course jusqu’au stade.
Deux heures de sport.
Puis encore une heure jusqu’au CCSEG où je devrai expliquer le retard de vendredi.
Et une nouvelle heure de course vers le fac...

À jeun, ça aurait été violent.

C’était le début de la troisième semaine. Déjà deux semaines à subir le CCSEG. Deux semaines de règles absurdes, de contrôles constants, de fatigue accumulée. Et peut-être… la dernière.

Demain, si tout tenait, si rien ne dérapait, on s’en débarrasserait.
Enfin... on espérait.

J’arrivai au stade.
Bip.

À l’intérieur, Raph était là. Il leva les yeux, me repéra aussitôt. Je lui souris. Un sourire simple. Évident. Le sourire d’un garçon qui dit je t’aime. Il me rendit exactement le même.

Les deux heures passèrent comme toujours : effort, souffle court, corps poussé trop loin.

Je profitai d'un moment où Raph et moi étions côte à côte pour lui demander s'il avait reçu une convocation du CCSEG pour une sanction de niveau 1. Il n’avait rien reçu. Mon estomac se dénoua d’un coup. Pas de convocation pour lui. Donc la mienne… c’était bien pour le retard de vendredi. Je ne serai pas sanctionné ce matin.

Après la séance de sport vint la douche. L’eau chaude. Un moment presque réparateur.

On se sépara ensuite, chacun reprenant sa trajectoire.

— À ce soir, chez Adam, me dit Raph.
— À ce soir, Thor, ajoutai-je avec un clin d’œil.

Il sourit.

Et je me mis en route vers le CCSEG.

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